‹ La Séquestration Kystique PulmonaireChapitre 24 sur 29 · POIL 19 ANS · texte numérisé non relu

POIL 19 ANS

HISTOIRE CLINIQUE

Début par épanchement pleural en 1948, ponctionné à plusieurs reprises, s’accompagnant d’expectoration purulente. Guérison en quelques semaines.

Depuis 1950, poussées « grippales » hivernales avec expectoration purulente : celle-ci, à prédominance matinale, persiste avec des rémissions.

Les radiographies montrent une cavité hydro-aérique de la base droite avec contours polycycliques, remontant jusqu'au sommet de Fowler. Sur le profil, son siège est postérieur.

Bronchoscopie : pas de sténose ; lésions inflammatoires. Le diagnostic de kyste congénital est porté avec possibilité de vaisseau anormal, élant donné le siège de la lésion.

INTERVENTION le 21 novembre 1951 (Pr. BÉRARD, Dr MARET).

Thoracotomie par résection de la 6° côte. IT existe une symphyse très partielle, en regard du lobe inférieur. Le lobe est le siège d’un énorme kyste congénital dont les dimensions ne permettent certainement pas d'envisager une résection segmentaire, On se porte immédiatement sur le ligament triangulaire à la recherche de quelque vaisseau anormal associé à l'existence de ce volumineux kyste congénital. Il est ben là.

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C’est une artère anormale, dont le calibre est celui d’une belle humérale, qui sort de la partie inférieure du médiastin postérieur pour gagner directement le lobe inférieur. Il s’agit, sans aucun doute, d’un vaisseau d'origine aortique. Il a un court trajet avant de pénétrer dans le lobe. Il semble malgré tout possible de pratiquer sa ligature en toute sécurité. On poursuit alors la lobectomie qui est facile. On ne rencontre aucune autre anomalie vasculaire. Fermeture habituelle.

Suites : simples.

ÉTUDE ANATOMIQUE

La pièce est préparée (Pr. Agr. M. LATARJET) par injection de substances plastiques colorées.

Cor... Alexandre, 8 ans.

HISTOIRE CLINIQUE

Malade envoyé par le Dr Joa-Dras Gaspar, de Porto (Portugal).

Depuis la petite enfance, tousse en donnant l'impression d’une secrétion bronchique abondante. Fait périodiquement des poussées fébriles à 39°-40°, cédant au bout de quelques jours aux antibiotiques. A fait de nombreuses cures sans résultat.

Bon développement physique, pas d’hippocratisme digital.

De nombreux examens radiographiques ont été faits. ils montrent l'existence à la partie dorso-basale du lobe inférieur droit d’une zone triangulaire à sommet supérieur occupée par une série de cavités, de forme arrondie, les unes de diamètre d’une pièce de 1 franc, les autres plus petites sans ligne de niveau.

Les tomographies sagittales faites par le Dr Naupix à l’arrivée à Lyon sont des plus démonstratives.

Un lipiodol fait au Portugal n’est pas instructif, le lipiodol n’a pas pénétré dans les cavités.

INTERVENTION le 5 avril 1954 (Pr. SANTY).

Incision sur la 7° côte. Ouverture du 7° espace. Plèvre libre. Dès l’ouverture du thorax, on aperçoit la région malade qui occupe le 1/3 inférieur du segment dorso-basal du lobe inférieur droit et au niveau de cette région malade, une grosse artère anormale comme une humérale émerge de la musculature œsophagienne et se porte dans le lobe malade. Cette grosse artère est sectionnée entre 2 ligatures et on libère le lobe.

A noter que la surface du lobe malade est sillonnée par un grand nombre de petits vaisseaux. On termine sans peine la lobectomie. A noter le très gros volume de la veine pulmonaire inférieure. A noter également le volume des ganglions pédiculaires gros comme des noisettes sans caractère. On les respecte. La bronche est fermée.

Pas de biopsie.

Suites ‘aLe lendemain matin, 6 avril, l'enfant rejette par la bouche une quantité de Sang importante (la moitié d’un haricot de sang rouge), due à une hémorragie nasale.

L'enfant avait été envoyé chez le Dr GieNoux pour examen nasal, qui ne trouvant que la trace d'hémorragies nasales récentes, a fait une cautérisation.

Il est probable que l’hémorragie est due à la chute de l’escharre de cautérisation. Transfusion de 250 cc.

Le 9 avril : va itrès bien.

ETUDE ANATOMIQUE

La pièce a été confiée au laboratoire d'anatomie pour injection plastique.

Mont... Robert, 5 ans 1/2.

HISTOIRE CLINIQUE

Petit malade adressé par le Dr Saip, de Sidi-Bel-Abbès, au Pr. SANTY. Parents en bonne santé.

Antécédents personnels : Otite à 2 mois.

Les manifestations pulmonaires commencent en 1950.

En février 1951, pneumopathie gauche avec température à 40° durant un mois.

La radiographie révèle un aspect de lobite inférieure gauche.

Cure négative. Bacilloscopie négative.

Traitement par 500.000 unités de pénicilline. En 10 jours la température tombe en lysis et à la scopie, nettoyage partiel de l’opacité, dont le bord supérieur flou est surmonté de 2 images claires comme des pièces de 1 franc, évoquant l’idée d’une formation kystique post-pneumonique ou de kystes préexistants.

En 1953, coqueluche ayant duré 3 mois avec température, vomissements, épistaxis.

Le 1% mars 1954, épisode fébrile avec 40°, avec dyspnée, toux, point de côté abdominal gauche. La radioscopie montre une opacité de la base gauche à bord supérieur flou, intéressant le cul-de-sac costo-diaphragmatique et parésie de la coupole gauche, Image hydroaérique dans l'épaisseur de l’opacité.

Cuti-réaction négative. Casoni ‘+.

La terramycine fait céder les phénomènes infectieux.

A l'entrée, le 8 avril 1954, bon état général. Rate débordant les fausses côtes. Foie non perçu. Ganglion dur haut situé de la chaîne carotidienne droite. Cœur : bruits normaux, tachycardie à 130.

INTERVENTION le 15 avril 1954 (Pr. SANTY).

Incision sur le 7° espace intercostal gauche. Section du col de la

RE

7° et 8° côte. Ouverture du thorax. Adhérences pleurales inflammatoires. On libère le lobe inférieur de la plèvre pariétale. Ces adhérences sont œdémateuses et se laissent dissocier facilement. Le L.I. est carnifié, très dense. Il est difficile à mobiliser dans la cavité thoracique. On le libère petit à petit de ces adhérences diaphragmatiques et pleurales. Au moment de sectionner le ligament, on aperçoit une très grosse artère anormale qui vient directement de l'aorte et prend naissance profondément dans le sinus diaphragmatique. Cette artère a le volume d’une radiale d’adulte visible sur 2 cm. On la sectionne entre 2 ligatures en conservant un moignon assez long sur ‘le poumon. En explorant le sommet du lobe, on constate que le lobe de Fowler est resté aéré et que seul le segment basal est atélectasié et fortement modifié. On attaque la lobectomie par ligature première de la veine, on lie ensuite l’artère au-dessous de l'artère lingulaire et on sectionne la bronche en la fermant par le procédé de Sweet. Cette bronche renferme du pus, elle est à paroi très épaissie. On est frappé par d'énormes ganglions inflammatoires qui entourent le pédicule. Quelques-uns sont du volume d’une noisette. On en prélève pour l’examen histologique. Il en existe un au contact du moignon aortique de l’artère anormale. Le L.S. est très beau. Lorsqu'on l’insuffle, il occupe les 3/4 (de la cavité thoracique. Drain de Monod dans le 5° espace.

Fermeture habituelle.

Suites très simples.

ETUDE ANATOMIQUE

Examen de la pièce (Dr GaALx). Le lobe apparaît de volume normal, mais est condensé.

Dans la région postéro-basale, on trouve 2 formations cavitaires qui ont plus l’aspect d’abcès détergé que de kyste.

Prélèvement dans la paroi d’une cavité.

Prélèvement de l'artère anormale.

Prélèvement du sommet de Fowler.

Prélèvement des ganglions.

Les bronches sont en communication avec les kystes. Les deuv formations kystiques communiquent l’une avec l’autre.

Dans la région séquestrée, on ne trouve aucune structure pulmonaire normale.

I n’y a cependant pas de plan de clivage avec le tissu normal de Fowler.

Examen histologique : La cavité est revêtue sur une grande surface d’un épithélium cylindrique pluristratifié cilié avec très peu de cellules caliciformes. Très rares fibres musculaires lisses longitudinales sous l’épithélium. Tissu chorial très vasculaire. Le reste de la préparation est formé d’un tissu fibreux cellulaire contenant de petits ilots de tissu broncho-pulmonaire malformé.

L'artère anormale a une paroi fibreuse conjonctive très pauvre en fibres élastiques.

Les son prélevés sont un peu inflammatoires, mais de structure normale.

Hues

Geng.. René, 22 ans.

HISTOIRE CLINIQUE

Cet adulte, dont le premier épisode important date de l’âge de 18 ans, présentait cependant des antécédents pulmonaires sous forme « d’une image hilaire droite >» constatée à l’âge de 7 ans et d’une cortico-plenrite droite à 15 ans. Mais ce n’est qu’en février 1945 (18 ans) qu'il fait un tableau aigu avec température à 39°, toux et expectoration, qu’une ombre Gpaque de la base droite fait interpréter comme un abcès du poumon.

En février 1948, un nouvel épisode pulmonaire aigu de mème type le maintient au lit pendant un mois. A ce moment, un examen radiologique plus précis décrit « une image hydro-aérique du segment postéro-interne du lobe inférieur droit, à contour sphérique régulier très mince, sans réaction parenchymateuse de voisinage. Cette image correspond exactement à celle observée en 1945 » et permet de porter le diagnostic de kyste suppuré.

En avril 1949, deuxième récidive qui motive son envoi dans le service, par le Dr BAR, de Douai.

A l'examen, ce malade à l’état général parfait présente sur le film une grosse image kystique postérieure du lobe supérieur droit.

La bronchoscopie montre un refoulement de la bronche lobaire supérieure et l’absence de bronche de drainage.

INTERVENTION RADICALE le 1* juillet 1949 (Pr. SANTY).

Essai vain d’énucléation du kyste. Adhérences serrées paravertébrales et diaphragmatiques. Lobectomie inférieure droite.

La présence de l'artère anormale et du lobe aberrant n’a été constatée qu'à l'examen de la pièce. Anesthésie générale : éther, oxygène, cyclopropane, curare.

Protocole opératoire (Pr. SANTY).

« Incision de la 7 côte. Résection des 3/4 postérieure de la côte. Plèvre libre, sauf dans le sinus costo-vertébral, où le L.[ est fixé sur la plèvre paravertébrale par des adhérences en voile assez épais qu'on doit sectionner aux ciseaux. On apercoit le kyste tendu par les gaz, forlement adhérent à la convexilé du diaphragme.

On commence la libération du lobe inférieur et on a, pendant un instant, l'impression qu’il sera peut-être possible de réaliser une kystectomie. Dès qu'on essaie de poursuivre le processus un peu loin, on fait des dégâts importants dans le lobe inférieur. La lobectomie parait nécessaire : lobectomie inférieure avec conservation du lobe moyen, qui est tout à fait normal. La suture bronchique à passé au contact de l’origine

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