LE PATRIOTISME SERBE ET LA POÉSIE
[Revue Bleue du i^''-2o février igiS.] Epuis bientôt trois ans, le peuple Serbe étonne ses
meilleurs amis par les qualités qu'on lui soupçonnait,
— ^ mais que l'on ne connaissait pas suffisamment. Quoiqu'il ait été toujours le meilleur soldat dans les Balkans, la disproportion où il s'était trouvé en 1876 dans la guerre contre la Turquie, et l'impopularité de la guerre de 1885 contre la Bulgarie l'avaient déprécié aux yeux de l'Europe, et peu nombreux furent, en 191 2, les officiers étrangers qui eurent confiance dans l'armée serbe. Je suis heureux de déclarer aujourd'hui que l'attaché militaire français de l'époque, le commandant Desprès, n'eut aucun doute sur ce point (*). D'où viennent chez mes compatriotes ces qualités militaires et guerrières ?
Certes, nous avons cherché, dès les premiers moments de notre résurrection nationale, à faire profiter nos jeunes officiers des connaissances techniques dans les écoles militaires en Allemagne, en Russie, et surtout en France. Nous avons fondé de ces écoles chez nous. Nous avons tâché de doter notre armée des meilleures armes et munitions. Comme
(*) J'apprends son héroïque blessure, et je l'en félicite. Sa belle conduite ne surprendra point ses frères d'arme'=; serbes.