‹ La Serbie et le MonténégroChapitre 10 sur 68 · ETIENNE DOUCHAN KT KOSSOVO · texte numérisé non relu

ETIENNE DOUCHAN KT KOSSOVO

» Ainsi fut fait : les tchaoncUs parlireot pour la blanche maison de Uarlio, et quand ils eurent parlé, Marko rentra dans la demeure el appela sa mère : • Euphrosine, ma châre mère, une grave qoerelle a éclaté entre nos princes & Kossovo, dans la vaste plaine ; ils se disputent l'empire et veulent l'un à l'autre s'ûler la vie, en se perçant de leurs poignards d'or, et ne sachant à qui est la couronne, ils me mandent à Kossovo pour que je déclare à qui elle appartient. » Autant Marko avait le cœur à la vérité, autant sa mère l'eihorte à j rester fidèle. * Harko, dit-elle, mon seul fils, que maudit soit le lait dont je t'ai nourri si tu témoignais faussement, fût-ce pour ton père on pour tes oncles; mais parle conformément à la vérité divine : . ne va pas, mon flls, perdre ton âme ; mieux vaudrait perdre la tète que de charger ton &me d'un pèche. >

» Harkb s'équipa, lui et son cheval, puis il se jeta sur le dos de Charatz et tous partirent vers Kossovo. Et le lendemain quand l'aurore parut et que la cloche eut sonné devant l'église, les princes se rendirent aux matines et assistèrent au service, puis sortant du temple ils prirent place devant les portes. Alors Marko consulta les anciens livres et dit : » Mon père, ô roi Voukascbine ! est-ce trop peu pour toi de ton royaume î est-ce trop peu ? Puisset-il rester sans maître ! car c'est la couronne d'autrui qoe vous vous disputez. — Et toi, mon oncle, despote Ougliécha 1 est-ce trop peu pour toi de ta despotie ? est-ce trop peu ? Puisse-t-elle rester sans maître ! car c'est la couronne d'autrui que vous vous disputez. — El toi, mon

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oDcle, voiTode Guiko I est-ce trup peu pour toi de ta YOlvodieî est-ce trop peuîPuiâse-t-elleresler sans maître 1 c'est la couroQDe d'autnii que vous vous disputez, car ïoyez (sinon que Dieu ne vous Toie point!) ce que dit cette lelire : i L'empire est à Ourosch, de son père il lui est descendu ; à cetenCant le trône appartient par héritage. Le czar ea expirant le lui a remis, t

n Quand le roi Voukaseliine eut entendu ce discours, il s'élança de terre sur ses pieds et tira son poignard d'or pour eo percer son fil* Marko. Marko se mît à fuir devant sou père, car il ne lui convenait pas de se battre avec celui qui l'avait engendré; il se mit à fuir autour de l'église, et déjà il en avait fait trois fois le leur, sou père le poursuivant et sur le point de l'atteindre, quand une voix sortit du sauctuaire : a Réfugie-toi dans le temple, dit-elle, ne vois-tu pas que lu vas périr, périr de Umain de ton père, et cela pour la vérité du vrai Dieu ? s Les portes s'oavrirent, Marko se précipita dans le temple, et sur lui elles se refermèrent; tandis que furieux le roi Voukaschine se mit à maudire son fils avec rage : «Marko, mon fils, que Dieu t'extermine I Puisses-tu n'avoir ni tombeau ni postérité, et puisse ta vie ne pas te quitter que tu n'aies servi le czar des Turcs ! »

■ Ainsi le roi le maudit, mais le czar le bénit : n Marko, mon parrain, Dieu t'assiste I Que ton visage brille dans le conseil ! que ton épée tranche dans le combat ! qu'il ne se trouve point de preux qui l'emporte sur toi, et que ton nom partout soit célébré, tant qu'il 7 aura un soleil et tant qa'il 7 aura une lune 1 •

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