Georges le Noir
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LA RÉVOLUTION SERBE ET KARA-GEORGES. 63 dans les raags des révoltés, sous les ordres du colonel Hihaljâvitch. On sait l'issue de cette gaurre, et la triste paix de Sistowa. Redoutant la vengeance des Ottomans, . Geoi^es et son père prirent la fuite ; ils arrivèrent à la frontière allemande, aux rives de la Sava. Alors le vieux Pierre dit à son fils : « Georges, écoute ton père : il est mauvais de quitter sa patrior reste, ne va pas en Allemagne ; nous Dons soumettrons, nous serons pardonnes. — On ne nous pardonnera pas, reprit Georges. — Eli bien alors, pars seul, moi, je reste. — Et romme Georges s'écriait : Tu veux donc que je te livre à tes bourreaux, mieux vaut ta donner la mort tout de suit^I » Le vieillard le bénit et teniit la gorge au poignard de son ûls.
L'histoire ne saurait juger ce parricide, sur lequel la Grèce antique eût cru voir planer le spectre sombre' de la fatalité. Geoi^es Pétrovitcb se réfugia eu Autriche, puis, lorsque les haines furent apaisées, il revint en Serbie et se Ut. p&lre -dans les vallées boisées de la Schou-
Georges le Noir était le béros qu'il fallait à la Serbie. Le bon géant était d'une bravoure sans borne; le sang ne lui coûtait pas à répandre, quand il croyait la justice compromise; portant toujours à sa ceinture son pistolet, terrible instrument de punition et de vengeance, il aimait le juste, le disait naïvement et grandement : » Quand l'iniquité m'irrilç, je frappe, je tue. > Plus tard, quand il fut le chef des Serbes, son frère Harinko viola une pauvre jeune lllle ; Kara-Georges dit au peuple : • Que
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l LA SERBIE ET LE MONTÉNÉGRO,
rite celui qui se read coupable d'ua rapt ut d'uu viol? mort ! dit le peuple. » El KaraCeurgea fit trancher été de soD frère, ajoutant avec calme : «Noos n'avons fait une guerre à mort aux gens qui outragent le» imes pour les outrager k notre lonr. s Comme tous I qui nourrissent de grands desseins, il était silen- IX. « Lorsqu'il n'était animé ni par la boisson, ni par coups de fusils, ai par la contradiction dans le con- , dit Adolphe de Caraman, on le voyait souvent rester : journée entière sans proférer une seule parole. » Lèopold Itanke ajoute : • Il demeurait alors enfoncé :s ses pensées, et rongeait le bout de ses ongles. • Il lait les femmes el le vin, et alors, dans des accès de ; sauvage, il dansait le koto. An fait, ce ne fut toute sa qu'un paysan, inculte, grossier, méprisant le luie, 1 toujours de la même pelisse usée et des mêmes talons bleus : seal l'or le fascinait, l'attirait. Sa simitë fut sa grandeur. Plus tard quand il sera knèze et [mandant des Serbes, quand tous les pesmis chantet ses exploits, il continuera à iabourer !a terre, et, ime les autres villageoises, sa fille ira puiser de l'eau . fontaine. Uais sur les champs de bataille le héros éveillait.
orsque les janissaires, ivres de sang et de carnage, étrèrent dans la Schoumadia, Kara-Geoi^es était en D de rassembler un troupeau de porcs pour le vendre Autriche. A la vue de l'ennemi, il abandonne son ipeau, il fuit dans la montagne avec deui amis, deux
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LA BÉVOLCTION SERBE ET KARA-GEORGES. 65 pitres du bourg de Sîloilza, le sage et éloquent YankO' Katitich al Vasso-Tschaparapitch, frère du knèze égorgé par les dahis. Aussitôt, les haydouks, Glarasch, Véliko, vienaeQt à sa reDContre ; Kara-Georges donne le signal de la guerre : a Que tout homme capable de manier un fusil se joigne à nous ! Cachez dans les m&quis les vieillards, les femmes et les enfants ! a
A la Toii de Kara-Georges s'èlevant du haut des sommets de la Schoumadia, les provinces de la Morava et de Koloubra se soulevèrent. Dans la Koloubra, le chef de la révolte est le knèîe Jacob Nénadovitch; et à ses côtés combattent le pope Lucas et le terrible haydouk Kjnrtschia. Milenco, knêze de Klitchevatz, soulève la Morava, et Pierre Théodorovilch d'Obrinjats le soutient.
Partout la révolte triomphe : hs Turcs abandonneni les villages, et les dahis occupent les pbces fortes. Il s'agissait maintenant pour les Serbes de cboisîr un chef, ils disaient : a Chaque Koutcba a son Staréchina', la patrie elle aussi doit avoir le sien. ■ La haute dignité est offerte au haydouk Glorasch. e te suis bon pour combattre, ditil, non pour commander. « Théodore, -knèze d'Orascl^é, refiise également. Mais Kara-Georges accepte. Il avait hésité longtemps, mai^ les knèzes lui avaient dit : « Nous t« soutiendrons de nos conseils. Qu'importe que tu sois sévère et violent 7 Aujourd'hui c'est la sévérité qu'il noua. faut. ■ Alors seulement il accepta et prit le litre de commandant des Serbes.