‹ La Serbie et le MonténégroChapitre 22 sur 68 · Correspondance inédile et C0Dfl<l«ntiene, VU. p · texte numérisé non relu

Correspondance inédile et C0Dfl<l«ntiene, VU. p

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LA RÉVOLUTION SERBE ET KARA-GEORGES. 87 diQaire : s Mettant de côté toute finesse diplomatiqDe, on s'exprima alors comme deui chefs de bandits sur le partage du butin. Toute l'année se passa à disputer sut- le lieu où se tiendraient les négociations : la Rossie les Tonlait en Moldavie, Napoléon à Paris'. >

Napoléon rompit la paix de Tilsitt. Je ne veux ni justifier la pierre de Russie, ni me laisser entraîner par mon sujet. Mais n'est-il pas évident que si l'empereur avait jeté sur le Danube un regard impartial, il eût pu faire véritablement de cette guerre, suivant la belle expression Aa poêle : • un duel gigantesque de la civilisation européenne contre la barbarie moscovite? » Alors au lieu de solliciter l'alliance du sultan, il eût appelé à lui et Kara-Georges qui dètestMt le czar et les provinces danubiennes qui détestaient lenrs bospodars; il eût ainsi affaibli à jamais l'Allemagne et la Russie par la création d'un empire slave. Napoléon ne l'osa pas; an illustre historien l'a dit avant nous * : ■ Pour exécuter cette téméraire entreprise (la guerre de Russie), l'empereur manqua d'audace depuis le passage de la Vistule jusqu'au passage de la Bérézina; jamais l'empereur ne fut si timide. *

L'eïpédition de Napoléon en Russie a en sur les destinées de la Serbie uae influence capitale. L'empereur attaqna le czar, tète baissée, comptant aveuglément sor

Bernadulte, malgré les sincères avis an roi de Prusse ; comptant sur le ânltan, malgré les conseils du doc de Rovigo, qui disait : « Nous avons abandonné les Turcs à Tilsitt, aprèsqn'ils ne s'élaient mis en campagne que pour " nons abaudonneront à leur toar '. » Napoléon it au sultan son alliance ; le czar Atsandre ne lui it que sa oeulralité. Ce fut Bernadotte qui mit irt à Bucharest l'ambassadeur turc, Oémélrins : l'ambassadeur russe, général Kutusof. Les ués furent poussées avec vigueur ; le czar avait I toutes ses forces pour la grande guerre qui lit au cœur de son empire, et ne voulait pas ur le Danube des troupes désormais inutiles.

Tchitchakof vint activer les négociations. Pen- Lce temps l'ambassadeur français à Constantigénéral Andréossi, restait inactif à Leybach. Le e traité fut signé, le czer reconnaissait le Prulh frontière des deni empires ; le lendemain lea russes quittaient Belgrade et les principautés mes. Quant à Napoléon, il ne connut le traité cou ; le 39 juillet, il écrivit au duc de Bassano î où il lui exprimait son profondmécontentement. al heureusement trop tard, rant ses troupes de Belgrade, Alexandre n'avait lonné les Serbes à la vengeance des Turcs. PIu- ;ide$ du traité de Belgrade étaient relatifs â ce

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LA RÉVOLUTION SERBB ET KARA-GEORGES. 89 peuple qui avait demanda sa protection à la Hus^ie. A la vérité, les Serbes étaient toujours considéré:) comme des sajets du sultan; mais une amnistie complète était accordée pour tous les évéuements de 1804 à I81i ; la Porte s'engageait à accorder à ses sujets de la Serbie les mêmes garanties qu'aux Grecs de l'arcliipel ; elle leur accordait le droit de s'administrer eux-mêmes, de réunir des skouptchina, d'avoir an sénat; elle reconnaissait Kara-Georges, mais ell^ exigeait le payement d'un tribot anr.nel, et le droit d'entretenir des garnison^ dans toutes les places fortes, droit fâic.h eux et injuste qui occasionna des (roubles perpétuels, et auquel la Porte a dû renoncer dans la suite.

Telles étaient les principales dispositions de l'article 8 du traité do Bucharest A première vue, elles semblent une confirmation de ia célèbre paiï d'Iscliko, et une réalisation de toutes les aspirations de la Serbie au commencement dn XIX* siècle. Hais, au fond, ce n'était que pore phraséologie et mensonge, et Georges ne tarda pas à en avoir la preuve.

A peine le sultan eut-il signé la paix de Bucharest qu'il commença à s'en repentir; le général Andrèossi accourut à Constantin ople, vit Mahmoud et lui adressa les plus vifs reproches. Le sultan se laissa persuader; effrayé des récriminations du représentant de Napoléon, il voulut se disculper en rejetant tont le torl sur son malheureux plénipotentiaire, Démétrius Morusi. Son illustre allié avait plus d'une fois en recours à cet odieux

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système. Horusi fut accusé de trahison et condamné à mort.

C'est sur ces entrefaites que les députés serbes arrivèrent à Constantinople ; ils se déclarèrent prêts à payer tribut, à recevoir à Belgrade un pacha turc avec un nombre déterminé de soldats, à livrer leurs citadelles aux garnisons ottomanes en temps de gnerre, à accepter en principe les dispositions de l'article 8. Le grand vizir Kiirchid-Pascha déclara ces offres inacceptables : les députésconsternés retournèrent à Belgrade (décembre 1813). An mois de janvier de l'année suivante, une conférence se réunit à Nisch. Là, le commissaire turc, Tschélébi- Effendi, exposa ses prétentions. Il demanda que les Sorbes abandonnassent aux Turcs non-seulement leurs forteresses, mais leurs armes et leurs munitions, qu'ils rendissent aui Musulmans chassés en 1804 leurs propriétés et leurs biens. Kara-Georges repoussa avec indignation ces propositions. Mais la situation était grave; la Russie était tont entière & sa Intte contre Napoléon, l'Antriclie de son cété semblait n'attendre que le moment de recommencer la guerre en Allemagne et en Italie. La Serbie était seule, isolée, exposée à toute la fureur du sultan. Kara-Georges envoya une seconde dèputation & Constantinople avec de nouvelles offres. C'était le moment où Napoléon, laissant ensevelies dans les neiges de la Russie ses légions vaincues par le froid, était rentré à Paris comme un fugitif. La défaite de la France fut cousidérée à Constantinople comme une défaite pour la Tur-

LA RÉVOLUTION SERBE ET KARA-GEORGES. !it quie; Hahmoud se moatra cnaciliant. Déjà on semblait prêt à s'eatendre quand arriva la nouvelle des batailles de Lutzen et de Baatzen. Aussitôt le sultan rompt les négociations et ordonne au grand-vizir de marcheF luimême contre les Serbes. And réossi encouragea Mahmond, Napoléon espéra contenir son beaa-père par la campagne commencée aox frontières mêmes de son empire par l'armée ottomane. ladigne politique qui ne devait profiter en rien à l'empereur, et qui eût suffi k rendre à jamais impopulaire sur les bords du Dannbe le nom de la France, si les peuples slaves n'avaient compris que ta politique suivie par Napoléon n'était point celle de la France ; que Napoléon pouvait être l'allié des despotes et des tyrans, que la France était la sœur de toutes les nations opprimées!

Lorsque Kara-Georges apprit la rupture des négociations, il ne dissimula point les périls de la guerre qui allait s'engager entre les Serbes et leurs anciens oppresseurs. Des prières publiques sont ordonnées dans toutes les églises; partout, dans les temples, sur les places publiques, dans les forêts, les popes cnQamment le courage du peuple et donnent lecture d'une proclamation du prince, a Ce n'est pas pour noiis seulement, disait Eara- Georges, ce n'est pas pour nous seulement, pour notre liberté, pour notre foi, que nous allons combattre ; mais encore pour les têtes de nos enfants. Le czar de Stamboul veut faire peser sur la Serbie le joug que nous avons secoué en 1804; il a juré d'exterminer tous les Serbes,

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d'emmener ea esclavage nos femmes et nos eafaots. Mais Diea soutiendra notre bonne cause; et d'ailleurs, qn'a- Tons-Qous à craindre? Ne sont-ce pas les mêmes hommes que nous avons vaincus, alors que nous ne pouvions lenr opposer que notre résolution et notre courage? Aujoard'hui, nous avons cent cinquante pièces de canon, sept forteresses, quarante redoutes. Aux armes! aux armes 1 Dieu, mets la force et le courage au cœar de tous les enfants de la Serbie I Dieu, brise la puissance de nos ennemis qui viennent anéantir la vraie foi! »

Eara-Georges avait conçu un plan grandiose ; il eut voulu raser toutes les forteresses établies sur la frontière» et concentrer toutes les forces de la nation au cceur même du paya, au centre de l'âpre Schoumadia. Hladeu s'opposa à ce projet; Georges céda; au nord, sur le Danube, il I envoya le haydouck Véliko; il envoya Sima sur la Drina, Mladen à Déligradi, et lai-mème se posta à Jagodina avec le gros de l'armée. Cette division des forces fut la perte de Eara-Georges, la perte de la Serbie.

C'est Véliko que Eurchid-Pascha commença par attaquer. Véliko était haydonck et très-fler de ce titre ; hardi, parfois téméraire, il aimait la guerre pour elle-même, « Je demande au ciel, disait-il, que la Serbie soit en gaerre avec les infidèles tant que je vivrai. Elle aura bien le temps de faire la paii après ma mort, o Kara-Georges lui avait conflé la défense de Négotin et de la contrée enTironnante; il avait quelques milliers de momkes et de haydoucks, les Turcs étaient au nombre

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