V. le vojage du baron de Herder en Serbie
Dinliii-invGoOt^le
m LA SERBIE ET LE MONTÉNÉGRO.
d'avance des tables de proscription. La révolte éclata en 1826. MUosch la réprima avec la demiÈr» sévérité ; des supplices nambreax plongèrent le pa;s dans l'épouvante. En dépit des intrigues qui l'en vironn aient, en dépit du mécontentement qu'excitaient les vices de son administration, Hilosch n'en poursuivait pas moins avec énergie la grande tAche qu'il s'était proposée, l'application complète dn traité de Bucharest. A ce moment (1826) la situation de la Sublime-Porte était grave ; les Grecs venaient de se gonlever, et cette insurrection héroïque donnait une extension immense au principe de l'émancipation des nations chrétiennes soumises au divan. Hilosch ne joignit pas ses forces & celles du prince Ypsilanti, mais, appuyé par le czar Nicolas, il sut en profiter dans l'intérêt de la Serbie. « Je demande, dit'il au sultan, l'exécution de tontes les promesses de l'article 8 et du firman de 1820. b La malheureux Mahmoud n'était maintenant entouré que d'ennemis. La Grèce soulevée avait provoqué une coalition delà France, de l'Angleterre et de la Russie; les Serbes, et avec eux toutes les populations chrétiennes de l'empire le menaçaient de défection ; les janissaires devenaient plus redoutables et plus insolents que jamais. Il fotlut accorder à Milosch toat ce qu'il demandait; les commissaires turcs et serbes se réunirent à Âckermao au mois de septembre, et deux envoyés dn czar, MM. de Ribaupierre et de Voronzoff assistèrent aux délibérations. Enfin le 7 octobre fat signée la convention explicative en exécution du traité de Bucharest, connue sous le nom de
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LA RÉVOLUTION SERBE ET HILOSCH. U5 conTentioD d'Ackermann.Pour ce qui regardait la Serbie, le sultan s'engageait à pnblier, dans l'espace de dii-hnit mois, nn hatti-chérif, confirmant l'article 8, et accordant à Hilosch les demandes adressées par lui à la Portai et qn'une note officielle da divan, en date du 13 mai, résumait ainsi : « la liberté du culte, le choix de ses chefs, l'indépendance de son administration intérieure, la réunion des districts détachés de la Serbie, la rèinion des différents impAts en un seul, l'abandon ani Serbes des biens appartenant à des Musulmans, à charge d'en payer le revenu ensemble avec le tribut, la liberté de commerce, la permission ani négociants serbes de voyager dans les États ottomans arec leurs propres passe-ports.l'établissement d'h6pitatu, écoles et imprimeries, et enfin la défense aux Musulmans, autres que ceux appartenant anx garnisons de s'établir en Serbie. »
Grande fut la joie des Serbes ; l'empire da Douchan se reconstituât peu à peu, et cela sans guerre, sans combat, par la simple force dâs choses, par la sagesse d'un gouiemement habile. Milosch convoqua la skouptchina à Kragou jevatz : il lui annonça la convention d'Ackarmaan, il rappela les luttes de la Serbie pour la liberté, l'appui généreux de la Russie, les réformes dont il avait pris l'initiative, les révoltes qu'il avait comprimées : • Ma conscience, dit-il en finissant, après avoir exhorté le penple à la concorde, ma conscience et le témoignage de mes actions connues du monde entier, voilà le prix de mes labeurs et de mes peines! » D'unanimes applaudissements
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H6 LA SERBIE ET LE MOVTËnËGRO.
Bccueillireiit ce^ belles paroles. Le lendemain, la skouptchina demanda au sultan la confirmation du titre de prioceMlus Ib sénat avait votÉ à Hiloscb, et le tribunal suprême rédigea une nouvelle formule de serment de &délité.
Ce fut l'apogée de la puissance de Uilosch. La France, la Russie, l'Angleterre et l'Autriche 'envoyèrent des ropréfcntants à Belgrade. Bienlût la capitale vit se former fti.;our du prince une véritable cour, élégante, amie de la civilisation et du liiie. Milosch n'en garda pas moins toute sa simplicité. Un oHicierprassien, lecomtaUttodePirscb, qui visita alors la Serbie, en revint plein d'an naïf enthousiasme '; toal l'avait frappé , la bienveillance de Milosch, l'intelligence sapérienre de sa femme, la belle Lioubitza, la grftce et l'affabilité de la princesse Jelisavéta, le repas patriarcal, précédé d'une simple et modeste prière, l'intérêt porté par le prince ii toutes les institutions financières et agricoles de l'Allemagne, ses questions sur Napoléon elle maréchal Blûcber. — Blanqui, qui le vit quelques années plus tard, le dépeint comme «un bomme d'une stature courte et ramassée, mais d'une complexion énergique et robuste, au delà de toute expression ; la têle d'une grosseur énorme et couverte d'une forêt de cheveux gris conpês courts, semble comme enfoncée dans de larges épaules, loi donne l'apparence d'un taureau indompté. Sa bouche est grande, ornée de dents très-blan-