Huiler Gasch. der Nsuren Zeit
Le hatti-chérif de 1S30 est le grand triomphe de Uilosch. Et cependact avec plus d'énergie, avec pins de francliise et de loyauté, il eût pu obtenir plus eocorel Malheureusement à la souveraineté de l'empire turc avait été substituée la suzeraineté morale de la Itassie ; et le czar, jaloux des Serbes, désireux de les retenir dans sa dépendance, ne voulait pas leur accorder dans un seul jour toutes les satisfactions, toutes les réformes qu'ils désiraient : M. de Kotzebue dit tout haut que son maître traitait les Serbes comme des enfants, et qae c'était là la meilleure politique à suivre à leur égard. Hilosch dévora l'affront; la protection du czar lui étant nécessaire encore pour obtemr une satisfaction personnelle qu'il poursuivait depuis trois ans, la confirmation parle sultan de son titre de prince. Hais Ittihinoud refnsa longtemps à signer le bérat d'investiture ; il fallut, pour l'y décider, 500,000 piastres en ur, plus des sommes considérables nécessaires h. soadoyer les ministres, conseillers, pachas, uhlévas, et autres fonctionnaires ou voleurs de l'empire turc. Enfin le 30 novembre 1830, jour anniversaire delà prise de Belgrade par Sara-Georgesen 1806, et jour de Saint-André, protecteur de la Serbie sous les anciens rais, lecture fut donnée au peuple de Belgrade du hatti-chérif et du bérat impérial. Ce fut une fête nationale, un des plus beaux jours de la Serbie. Le hatti-chérif était motivé sur la ûdé* lité du peuple serbe et était réputé irrévocable ; le bérat d'investiture reconnaissait Miloscb comme le prince actuel de la Serbie, vrai modèle des nobles chrétiens, dont la
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LiL RÉVOLUTION SERBE ET HILOSCH. 119 sagesse, la probité et le dévouement à la Sublime -Porte sont connus dn monde entier.
La Serbie crut son indépendanceassurée à jamais. Et cependant, quelles étaient en réalité lesmodi&cations apportéesàsa situationpolitiqoepar les conférences d'Ackermann par le traité d'Andrinople, par le hatti-chérif de 18307... Cette situation ne reposait-elle pas toujours sur une combinaison de l'autonomie serbe et de la suzeraineté turque? N'y avait-il pas une source de complications perpétuelles dans la constante immixtion de la Russie dans les attires de la principauté ? Le Cïar jalousait Hitoach, lui reprochait son ingratitude ; it en vint bientôt à lui susciter des embarras, tantôt au sujet de l'exil des compagnons de Kara-Georges, tantôt au sujet des fortifications de Belgrade. Hilosch perdit patience, s'efforça de repousser le joug que l'empereur Nicolas voulait lui imposer. C'eût été le moment alors de commencer une véritable politique nationale, de parler à la Russie et à l'Europe en véritable prince indépendant, en chef suprême ^es Slaves du sud ; c'eût été le moment de jeter hardiment les bases d'im nouvel empire de Douchan, de proclamer & la face du monde l'nnion de tous les peuples slaves, de préparer par tous les moyens possibles la réalisation da cette généreuse entreprise. Alors la Serbie eût oublié tout l'ancien despotisme de Milosch pour lui prêter un entier concours j le Monténégro eût B%né avec lui un traité d'alliance ; les peuples slaves se seraient soulevés à la voii du libérateur. ■ Le champ était labouré, il suffisait de répandre la semence dans les sillons. •
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Ce qae nous venons d'avancer n'est pas un rêve, un plan chimérique facile à faire après coup. En 1831 , les esprits les plus sages et les plus modérés, tous ceux qui, «n Europe, commcaçaient à s'occuper de la Serbie, HM. de Lamartine, Lêopold Ranke, Mûller, Adolphe Blanqui, espéraient que Hiloscb entrerait dans cette nouvelle voie. Loin de là, le prince serbe devint l'allié du sultan. le soutînt contre les révoltes dt; la Bosnie et de l'Albanie, concentra tousles pouvoirs publics entre ses mains. Alors ce ne furent pas seulemeat les nobles, mais le peuple tout entier à qui son autocratie deviat iusupportable ; et, par malheur, s'obstinant dans ses errements, ■ourd à tout conseil, Hiloscb repoussa avec colère le programme libéral des notables, rejeta le projet de code rédigé par Lazare Théodorovitch, et auquel le code Na- ' poléon avait servi de modèle, augmenta le mécontentement par des, attentats répétés contre la propriété publique qu'il méprisa, qu'il foula aux pieds. «Je voudrais biCn voir qu'on os&t me résister, disait-il ; je suis le maître, j'agirai selon mon bon plaisir ; • et il incendiait toQt un quartier de Belgrade pour le reconstruire sur un nouveau plan. Eu même temps, la skouptchina était humiliée, les fouctiouaaires abreuvés d'insultes, traités en esclaves, bétonnés. Des lors, ses ministres, ses amis, sa femme même, l'abandonaèreut, firent autour de lui une solilude complète jQu'arriva-t-il ? N'ayant plus autour de lui que des hommes médiocres et currompns, des aveutnriers ou' des traîtres, Hilosch n'en persista qu'avec plus
Dinliii-invGoOt^le
LA RÉVOLUTION SERBE ET HILOSCH. 121 d'entètemeot dans son funeste système; de la Serbie que le héros de (808 avait voulu libre et indépeadanle, il fit tin pachalik; 11 eierca sans ménagement le droit auguste de vie et de mort, il écarta des affaires tous ceux qui le gênaient, les poursuivit d'une jalousie inquiète, a Hilusch nous barre le chemin à tous ! » s'écridt Stoian Simitch. Deui années sufiirent pour rendre le vainqneur de Duplia plus odieux au peuple serbe que le sultan lui-mâme. Lui aussi il avait ses janissaires, les momkesqui régnaient ' en maîtres dans les villages et dans les campagnes *.
BienlAt s'organisa dans tout le pays une vaste et permanente conspiration des grands des knèzes, des juges, des ministres eux-mêmes. On voyait à leur tête Voutchitcb, Uiléta, Abraham Hilosav, Hiloutine, Stoian Simitch. Le mécontentement était à son comble : t Je prends sur moi d'assassiner Hilosch I • s'écria un des conjurés. Hiléta Radolèvitch s'opposa vivement à cette sauvage proposition : • Organisons, disait-il, une grande manifestation pour la prochatoe skouptchiua ; peut-être pourrons-nous contraindre Milosch à abdiquer sa couronne. D — a La Serbie, reprend impatiemment le ministre Pétroniévitch, la Serbie n'a fait que changer de tyran; Hilosch s'est substitué au pacha de Belgrade! s On se sépara sans avoir rien décidé ; Hiloutine, la soir même, confia à Lionbitza le secret de la conjuration et l'imminence d'une révolte. Effrayée par la violence des l.RankB,Joo. oit. pag. 352. 8. René Taillandier, pag. 293. D .Cunibert.
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avis de que)qae»-uDs des mécoateats, la piincesse rËvëla à Milosoh le complot tramé coatre sa coaronae et sa rie ; elle le supplia de renvoyer les momkes, de réonir une skonptchina, d'appeler au ministère les hommes libérani de l'opposition, de renoucer & une politique fatale.
Hilosch songea d'abord à suivre l'exemple donné nagnères par Kara-Georges, à prendre la fnite ; puis brusquement, retrouvant son ènei^e ordinaire sur les conseils du kmète Kotza, il se décida à rester, fit venir Hiloatine : o Voilà donc, lui dit-il, la façon dont tu rccotmais mes bienfaits I » n Tes bienfaits ! dit Hiloatine, eh bien ! reçois ce conseil: ce n'est pas moi qui suis l'auteur de la conspiration contre toi, mais sache qu'il n'est plus personne parmi les Serbes qui oe désire ta chute. » — ■ Personne! s'écria Hilosch. » — « Oui, reprit Hiloutine avec calme, tout le monde te hait, en commençant par l'homme qui te parle, a Qnand le hardi volvode'se fut retiré, le prince s'adressa à un vieux momke qui ne te quittait jamais. • Estce vrai, demanda-t-il, ce que Miloutine a dit? ■ 11 hésitait, il tremblait en parlant ainsi. «Seigneur, répondit le momke, le peaple crie partout que son eibtence est devenne insupportable ■. >
A chaque instant la position du prince devenait pins grave. Avertis par Hilontine, les conjurés s'étaient réunis : a Mes frères, dit Simitchi permettez-moi d'immoler le tTranI • Hilëta fit entendre encore une fois lavoir