Leaormsjid, p. 73. Andritj, p
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constance et l'ottstinatian héroïque des Monténégrina, si fidèles à lear foi et à lears princes, que ni les trahisons, ni les défaites ne purent ébranler ce déTouement. Confiante dans l'avenir, la nation n'eut pas un instant de biblesse : eUe aimait ces princes de Haramont, héroïques et frivoles à la fois, vrais fib de la Provence, où s'éleva longtemps le château de leurs ancêtres ; mais la patrie elle-même lui était plus chère encore, et c'est dans cet amoor de la patrie qu'elle trouva la force de supporter toales les épreuves, de résister aux infidèles qui avaient forcé les défilés de ses montagnes. Lorsque le dernier des Haramont, le cinquième successeur d'Yvane le Noir, Georges "Tsernolévitj, se réfugia & Venise, les vaillants soldats du Monténégro continnèrent contre les Osmanlis une guerre déjà séculaire. Réunis en skouptcbina, ils choisirent pour chef Vayol, prince-évéque deTzernogora; et, pendant près de denx cents ans, ce furent les prêtres du Christ qui conduisirent au combat les haydouks de la Montagne Noire (IS16-1692). i Quand le troupeau est attaqué, disaient les belliqueux èvéques, c'est au pasteur qu'il appartient de le défendre. »
Bientôt les Monténégrins, vainqneurs devant la Tzernogora, passèrent leurs âpres rochers pour aller chercher sur son propre territoire l'ennemi de leur foi : sous le gouvernement dn second vladika, Germasi, le régent Jean Voukotilj envahit la Bosnie ; et, pendant quarante ans, les intrépides montagnards renouvelèrent ces courses sur la contrée environnante. Les évèques Paul, Nikoudin
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ta LA SERBIE ET LE HONTÉNÉGRO.
et Uakarios profilèreat de cbs succès pour introduire U civilisation de l'Europe chez les pAlrei et les chasseurs du Moutëaégro ; l'art de Guttemberg pènËtra daos leurs sombres montagnes et la littérature serbe y lintcbe relier un refage contre la tyrannie des Ottomans. Hais, en même temps, par d'inexplicables circonstances, la foi religieuse s'affaiblissait, bon nombre de Monténégrins se converlisaaient à l'islamisme, et les efforts des évèques étaient impuissants àcombaltre les progrèsdu Coran.
Il y avait ainsi, au sein même de la Tzernogora, un véritable parti turc, hostile aux chrétiens et aax vladikas. Des troubles en résultèrent et les sultans purent recommencer arec succès la guerre contre le Monténégro. En vain Pachomios et Rouan se mirent à la tète dcshay douks; en vain ils remportèrent sur les spahis quelque^ sanglants snccés; en vain, unis aui Chimariotes, ils entrèrent dans un vaste complot pour rétablir l'empire d'Orient et poser la couronne de Constantin sur la tête d'un prince français, le duc de Nevers • : la victoire définitive retita aux Turcs. C'était sous le vladika Roufînll. Le féroce pacha de Scoutaii, Soliman, força le col de la
■1 iT i,j détaila de oa curieui épisode, le tome XV
Je l'Académie des tnscriplions et belles lettres: , Berger de Xivrey sur une teatative d'iasurrecdana le Mague de 1612 ï 1619, au nom da , comme héritier des droits des Paleologu^s.d'ascrlts de la bibllotliéque nationale de Béthuue, i, 9546 et 9547 ; leUres en grec A l'évesque de araol auprès du prealre Jan, au Ko; et i
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Ri£ka, le couvent d'Yvane le Noir fut détrait, les campagnes ravagëes, les villages livrés aux ilammes, et le croissant fut planté devant les portes mêmes de Cétinié. Du haut de leurs montagnes, les KtontéDégrias assistèrentïla raine de leurs campagnes, à l'incendie de leurs demeures : il fallut traiter. Le fier vladika sliamilia, et le pacha leva sur tout le pays l'impôt douloureux du kharatch. < Honte,' honte étemelle, disent les pesmas, nous avons payé l'impôt, nous les soldats d'Yvane, pour que le sultan achète des chaussures aux femmes do sérail I » A partir de ce jour, l'indépendance du Monténégro cessa de fait : les habitants de la Montagne Noire devinrent les sQJets de la Porte.
Hais ce qui caractérise bien lepeupledelaTiernogora, c'est qu'il se refusa longtemps à reconnaître la suzeraineté trés-réelle de la Turquie ; il la subissait ; il payait l'impôt ;maisqnand il remontaitdans ses forêts profondes, quand il tenait les assemblées oùles vladikas étaient élus, il se sentait libre, il croyait à son indépendance. Du reste, l'autorité du pacha de Scoutari ne s'appesantit que plus tard sur co vaillant peuple, de tout le poids du despotisme et de l'oppression : il n'était guère possible d'asservir en un jour ces enfants belliqueux des montagnes, rendus maintenant à toute leur foi religieuse, à toute leur ardeur patriotique.
C'est ainsi qu'on arriva à l'année 1687, si tristement célèbre dans les pesmas. Sohiesky venait de délivrer Vienne assiégée pur le graud vizir; à la voix éloquente
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du héros polonais, l'Europe sembla un instant préparer une nouvelle croisade. A ces nouvelles, le Monténégro tressaillit : le dixième vladika, Vessarion, et le gouverneur Voutcheta signent avec Venise un traité d'alliance; l'élendard de la révolte est levé; le peuple court aux armes ; dii mille guerriers se rendent à l'appel de l'évêqne, le pacha Topal-Ora a n'est battu à Mokrina, le vizir de Scoutari est repoussé, Castel-Novo ouvre ses portes aux armées alliées de Saint-Harc et de la Montagne Noire. Le snltan, furieux, envoya de nouvelles troupes contre ces insolents haydouks qui défendaient avec tant de succès leur indépendance et leur foi. Lâchement trahis par U république de Venise, les Monténégrins soutinrent héroïquement le choc terrible de l'armée turque : les prêtres et les moines se battirent comme les soldats eux-mêmes, décidés à succomber plutôt qu'à s'humilier devant le Coran. Tant d'héroïsme fit sortir l'Europe de son indifférence : l'empereur Léopold envoya des secours au vladika. Ce fut en vain : Cétinié fut prise ; les plus déterminés des haydouks allèrent chercher dans leurs montagnes une retraite et un abri, mais les habitants descampagnes se soumirent au joug ottoman. Alors l'empereur Léopold oublia ses alliés : la Tzemogora n'était plus, comme la Serbie, sa sœur, qu'ime province turque, payant le kharatch et gouvernée par un pacha (1699).
La suzeraineté ottomane dura douze années à peine. Nous avons dit plus haut quelles étaient dans les pays conquis la rigueur du joug musulman, la tyrannie des
pachas, l'insolence des spahis et des janissaires, les eiactions des dahls. Mais en Serbie ce qui rendit si durable la domination du sultan, ce fut sa tolérance religieuse : ce qui, dans le Monténégro, la tendit si coarte, ce fut précisément le manque de tolérance, la Porte ayant jugé bon de suivre une politique différente à l'est et à l'ouest du Kara-Dagh. Dans le Monténégro, l'islamisme devint persécuteur : le pacha de Scoutari voulut faire régner dans toute la province le Coran qui s'était introduit dans quelques villages. Toute la puissance turque se brisa contre l'Évangile, et le Monténégro reconquit à la fois sa liberté religieuse et sa liberté politique,
A la mort du vladika Sava, le peuple avait proclamé évêque, le prêtre Daniel. C'était un homme entreprenant et plein de foi : sa naissance était illustre ; il avait passé sa jeunesse dans levillagedeNiégonsch, situé au pied de la sombre forêt de Lootchen, qui s'élève au-dessus du Cattaro. Puis il était entré dans les ordres, et avait apporté à sa mission sainte toute l'ardeur des anciens apAtres. A peine élu vladika, il repoussa comme impie la consécration du patriarche d'Ipek : à travers mille dangers, il alla 1 sur le territoire autrichien demander au patriarche proscrit la seule consécration qu'il pût croire légitime. De retour dans la Tzemogora, il forma le projet de délivrer sa patrie asservie et de chasser les infidèles (1700). Une occasion favorable ne tarda pas à se présenter an vaillant évoque.