‹ La Serbie et le MonténégroChapitre 38 sur 68 · Harmier. Yoyagetm ffonténégro, II, p · texte numérisé non relu

Harmier. Yoyagetm ffonténégro, II, p

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m LA SERBIE ET LE MONTÉNÉGRO,

un traité dont il convieot de citer l'article 5 : • Il y aura paix perpétuelle entre le (louvemement inâépertdant du Monténégro d'un côté, et entre les paschalits de Bosnie et d'HerzrigoTine de l'autre... »

Daniel, soa neveu, lui succéda. Élevé en Russie, il avait couçQ d'ambitieux projets qae sa persistance et sa hardiesse réussirent à réaliser, u Sous l'empire de l'ancienne constitution, quand un souverain mourait, l'installation de son successeur était pour le pays la cause des plus sérieux embarras. D'abord, l'héritier du pouvoir n'était couna que par le testament da défunt, qui, étant évêque et par conséquent condamné au célibat, dont les simples prêtres grecs sont affranchis, ne pouvait pas avoir de descendant direct. De là, à chaque avènement, des rivalités, des intrigues, des dissensions périlleuses pour un si petit pays, toujours en butte aux attaques des Turcs. Cette coutume avait encore un autre inconvénient, non moins grave : l'héritier désigné était un simple moine, ou même un jeune homme entièrement étranger à l'état ecclésiastique. Dans les deux cas, il devait être consacré, et, cette consécration, il ne poiÂ^^j'obtenir que d'nn métropolitain, qu'il fallait ail erchejrdWT à Carlovitz ou à Pétersbourg '. »

C'est dans ces circonstances que Daniel, peu de temps après son avènement, partit pour la Russie, accompagné de deui sénateurs (février I8S&}. Hais à peine arrivé à

1..4niiu(iJre des Devx-Mondei, 185S-1853 — Races Tvreo- Stavet.

Dinliii-invGoOt^le

LE HONTË?IËGHO. 17S

Vienne, il adressa au sénat une lettre missive, annonçant qu'il renonçait au pouToir spirituel, pour ne conserver qne le pouvoir civil et militaire, que le peuple devait âtre d'ailleurs consnltËsur cette réforme importante, qui avait reçu l'approbation entière de l'empereur Nicolas. Aussitôt une assemblée générale fut réunie à Cétinié, et, dès le 21 mars, les sénateurs approuvèrent le message de Daniel, vu les idées dv siècle et les besoins de la civUisatUm. Elle décida encore que la couronne serait béréditaire de m&le en mâle et par ordre de progéniture, que dans le cas de l'extinction de la descendance du prince, la couronne reviendrait au plus proche parent du défunt ef au plus âgé des parents de même degré ; que le souverain serait inviolable, jouissant du droit de grâce et commandant en chef des armées.

Daniel était à pSine revenu à Cétinié au milieu d'un immense enthousiasme, que le sultan protesta avec énergie contre cette nouvelle usurpation de droits. Certes, le Monténégro n'était ni une possession, ni unecolonie russe; mais il était difScUe de ne pas reconnaître dans son attitude une jassAhté tacite. Aussi l'alarme fut vive h Constantinople. fiwiel répondit aux menaces d'Omer- Pacha en demandant l'intervention de la France et de l'Angleterre. Hais le uiltan ne voulut rien entendre, et Omer-Pacha se mit en marche. Alors le prince adressa an peuple une proclamation et, prenant l'initiative, mit le siège devant la citadelle de Jabliak qui ouvrit ses portes. La guerre fut poursuivie avec vigueur : secondée

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nS LA SERBIE ET LB MONTÉNÉGRO-

par la Iruhison de deux prëleU, Orner fut au moment de réussir. Hais Daniel le prévint encore, et les victoires de ' Hordscha et de Podgoritza rejetèrent les Tares en Herzégovine.

Cependant la cour de Vienne avait conçu contre la Porte une vive irritation. Le ministre des affaires étrangères envoya & Coostantiaople le comte de Linange demander une explication catégorique sar les événements du Monténégro. « Les mouvements mal adoptés par le sultan contre le prince Daniel, disait le comte de Linange, auraient même, en des circonstances habituelles, exigé □n avis préalable du gonTcmement voisin, et cet avis n'avait pas été donné. Pourquoi Omer-Pascha avait-il reçu dans son année des réfugiés hongrois ? Pourquoi les districtsde Kleck et de Sottorinoétaient-ilsencore occupés par laPorteau mépris des traités? » L'envoyé autrichiea fixa on délai de cinq jonrs pour la réponse du grand vizir; la réponse fut faite le 10 février. La Porte Ottomane s'étonnait des reprochesfaits à son gouvernement : c'était le Monténégro qui avait commencé |;^Jiastilités ; on avait ordonné à Omer-Pacha de respecter. Je^lerritoire autrichien,etlaguerreentreprisen'étaitniilIem«BtunegDerrede religion entre musulmans et clirétiei)a.t Ugouvemement, ajoutait Fuad-EfTendi, le gouventement repousse cette accusation avec la plus profonde horreui;^ U est, facile d'ailleurs d'en constater l'inanité par des preuves irrécusables. L'armée d'Orner est composée en moitié de volontaires chrétiens, sujets du sultan. Quant à l'affaire

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des dbtricts, les minisires tares se bornent & rappeler une note antërieare clu baron d'Offenfels. » M. dit Linange communiqDa & l'empereur la riponse dn gODvernement ottoman, et le 14, il présenta h Fuad-EfTendi une note qui fut acceptée en principe, et approuvée par le sultan, après d'insignifiantes modifications. Cette note était ainsi conçue :

« La Sublims-Porte sans porter atteinte en aucune façon à seï droits souTerains qu'elle réserve tout entiers, déclare qu'elle n'est nullement dans l'intention de modifier l'état existant avant les derniers mouvements du Monténégro, soit dans l'administration, soit cIbqs te territoire du Honténégro. En conséquence, le gouvernement ottoman, d'Ici à peu de temps donnera à ses tronpes l'ordre d'évacuer les districts de la montagne qu'elles occupent encore. »

C'est cette note d'une grande habileté, qui fat opposée quelques mois plus tard aux insolentes prétentions dn prince HentschikofT, ambassadeur extraordinaire du czar à Constantinople^ - . ' .

La guerre contre la Turquie terminée, Daniel continua l'œuvre civilisatrice commencée par son oncle. Soutenu par le consul français Hecquard, le prince ne recule pas devant l'opposition de l'aristocratie. « Si le sénat est dbposé k ratifier ses réformes, dit Neigebaur, il le convoque; sinon il sait admirablement s'en passer. • C'est Daniel qui, en 18SS, publia le nouveau code monténégrin; l'eiorde en est remarquable.

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H Daniel, le prince et seigneur du libre Monténégro et Berda, d'accord avec les chefs et vieillards, institue le coda général d'après lequel, à partir d'anjourdliui et pour toujours, seront jugés tous Uonténégrins et Berdianès, petits ou grands, pauvres ou riches, chacun ayant des droits égaux à ce qu'il lui soit rendu justice! Le prince et seigneur, pour le bien de ses valeureux frères, qui, pendant tant de siècles, ont répandu leur sang pour conserver une liberté qui leur est si précieuse, et dont ils se vantent chaque jour, désire que son cher peuple, ses chers frères aient la liberté k l'intérienr comraa au dehors, et qu'ils paissent s'en vanter devant le monde entier. A chaque bon frère du Monténégro, cette loi sera le plus cher gage, le plus cher trésor; car, en elle, il trouvera des garanties pour sa tranquillité, un booclieP pour son honneuretsa dignité, enfin la sécurité pour son avenir et sa prospérité. »

Sii mois' après la journée de Podgoritza, les Russes franchissaient le Pcuth et donnaient le signal de la guerre sanglante qui ne devait se terminer qu'à la prise de Se bastopol. Cette nouvelle causa chez tonales peuples chrétien de l'empire ottoman une'profpn^ émotion. La France et la Grande-Bretagne hésitaient, gardaient encore le chimérique espoir de maintenir la paii. • Prenez garde ', disait l'Angleterre à l'Autriche, le c? a r s'est mis dans une position fôcheuse; nous a^ns intérêt à l'en tirer, vous, surtout, car s'il continue à surexciter les po-

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