Iraa^ et Chassiii, Bist. pol. de la Réeolution lU Bon
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2(Hi LA SERBIE ET LE HOMÊMËGRO.
suth une véritable déclaration de guerre, et la lutte commencG, au plus grand profit du czar et de l'empereur d'Autriche. Il fallut à Garaschanine toute son énergie pour empêclier le prince de céder à la pression populaire et de prêtei' aux Croates un concours actif. Il comprit que cette hùne des Serbes contre les Magyars était une chose absurde, nuisible aui intérêts du peuple; au lieu de l'exciter, il fallait s'efforcer de la calmer, pour substituer pen à peu à cette animosité une uniou iatime, nécessaire pour sauvegarder un jour et les droits de la Hongrie contre l'empereur d'Autriche, et l'indépendance de la Serbie contre le sultan ou le czar.
La guerre de Hongrie était à peine terminée que la guerre de Crimée éclata. La situation de la Serbie était grave : s'unir à la Bassie, c'était s'aliéner les sympathies des puissances coalisées, c'était pour un avantage incertain compromettre l'œuvre d'un demi'Siêcle, c'était peutêtre contribuer à la réalisation de cet événement si ardemment désiré par le czar, si justement redouté par les Slaves du sud : la prise de Constant] nople par les Russes. Et, d'autre part, repousser l'alliance moscovite, c'était, pour ainsi dire, faire cause cummaue avec la Turquie, méconnaître le généreux appui prêté de tout temps par les successeurs de Pierre le Grand aux sujets chrétiens de la Porte. Longtemps Garaschanine hésita ; mais lorsque le roi de Prusse eut repoussé les avances du comte de Budberg, lorsqaeH. de Bérol eut, au nom de l'empereur François Joseph, refusé de signer le traité d'alliance proposé par
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GOUVERNEMENT PAKLEMENTAISE EN SERBIE. 307 le comte OrlofT; alora tont doute dut cesser et le ministre serbe coraprit qu'il fallait dans ce terrible conflit observer la plus stricte neutralité. Ce n'était point là le compte du czar : avec sa violence habituelle, Nicolas éclata en menaces, déclara que cette ligue de neutres rendait la guerre impossible, qu'autant valait la déclarer franchement. Bientôt aux menaces succédèrent les ordres, les injonctions les plus impératives. De Constantinople, où il venaitde faire destituer Tread-Effendi, le prince MeoschikolT ordonna h Âleiandi-e de renvoyer Elle Garaschanine; le minisire des affaires étrangères fiit aussitôt .ippelé au palais, le prince lui demanda sa démission, Garaschanine refusa avec indignation; le prince lui montra la dépèche qui enjoignait dans ce cas au consul russe Tourmansky, d'amener.son pavillon; Garaschanine persista. L'éloquent eiposé des vues du chancelier avait convaincu le sénat de la nécessité de la neutralité; le prince, effrayé par les menaces de Meuschikoff, ne put ou ne voalut rien comprendre ; il eut la Iflcbeté de destituer le ministre, dont !a sage politique inspirait an pays et à l'Europe la plus entière contiance.
Lorsque la destitution d'Elie Garaschanine fut connue, l'indignation fut profonde. De tous les cMés de la Serbie, des adresses furent euvoyées au coorageux ministre, le sénat lui vota une pension égale à son traitement, et rédigea une .protestation énergique. Alors seulement Menschikoif reconnut la faute qu'il avait commise et remplaça Tourmansky par Moukine, homme calme et modéré.
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Hais'la destitution de Garasch-inine avait déjà porté ses fruits ; le prince Michel Obrênovitch avait publié un manifeste ; l'Autrictie avait envoyé à Belgrade le général Hayerhofer; H. de Fonton accounit : < S. U. I. le ciar m'a envoyé prés de vous pour vous donner l'assurance de sa constante bienveillance et affection pour la Serbie ', le désir de S. H. est que les Serbea soient unis entre eux dans l'amour et la concorda. » Ces paroles n'avaient d'autre but que d'affermir la position du nouveau consul à Belgrade. Uais celte présence, même quand les escadres alliées jetaient l'ancre dans le Bosphore, c'était une déclaration formelle d'indépendance de la part de la Serbie. Telle était l'excitation du peuple, tel était le mécontentement des cabinets de Vienne et de Constantinople, que le prince après avoir commis la làcbelé de renvoyer Garaschanine, dut reprendre la politique de son mioistre. H. Honkine dut quitter la Serbie et la neutralité du pays fut soloDnellemeDt proclamée. Toutefois ce ne fut pas toujours cbose aisée que de la faire respecter par les puissances voisines ; en 1853, l'Autriche voulut occuper militairement la principauté et recula seulement devant la ferme altitude prise par les cours de Londres et de Paris ; pois la Bussie réclama une deruiére fois l'alliance de Kara.Georgevitcb, le menaçant du retour de Hilosch. Le prince, soutenu par le sénat, ne se laissa pas intimider, et adressa au czar une catégorique réponse, qui fut communiquée également au sultau : c Le gouverne-! ment serbe ne saurait prendre part à ta lutte qui a éclaté
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GOUVERNEMENT PARLEMENTAIRE EN SERBIE. 309 entre les deux puissances protectrices de la Serbie; il observera la plus stricte neutralité, et dans aucune occasion, il ne permettra qu'un corps d'armée, à quelque parti qu'il appartienne, viole la frontière de son territoire. »
Cette habile politique fut conronaée âe succès : dès le mois de mai 1854 l'Autriche et la Prusse rédigèrent ensemble le célèbre programme des quatre garanties, dont l'article premier était ainsi conçu ;
« Le protectorat exercé jusqu'à présent par la cour impériale de Russie sur les principautés de Moldavie, de Valachie et 'de Serbie, cessera à l'avenir ; les privilèges accordés par le sultan à ces provinces dépendantes de son empire seront placés sous la garantie des puissances, en vertu d'un arrangement à conclure avec la Sublime- Porte, et dont les dispositions régleront en même temps toutes les questions de détail. »
La conséquence de cette déclaration fut un firman impérial, abolissant ofQciellement le protectorat de la Russie sur la Serbie et les principautés danubiennes ; Etérim-Pacba porta le firman à Belgrade, et le prince toi répondit en présence du sénat :
a La confirmation des privilèges de la Serbie est acceptée avec reconnaissance; toutefois la Serbie désire le maintien des traités lurco-russes de Bucliarest, d'Akermann et d'Andiinople, et elle est bien décidée à conserver la position que ces traités lui assurent vis-à-vis la Russie et la Porte. »
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Eniin Sëbastopol tomba ! Le congrès, réuni à Paris S0U5 la prësiclence de M. Waleski, signa, le 30 mars 1896, la paix qui devait d'une manière défiaitive, dans la pensés de ses auteurs, régler la question d'Orient. Plusieurs articles du traité étaient consar.rés k la Serbie. L'art. 28 diîait : « La Serbie conservera son administration indépendante et nationale, ainsi que la pleine liberté de culte, de légbiation, de commerce et de navigation. « L'art. 29 confirmait le droit que le traité de Bucharest reconnaissait k la Porte d'entretenir des garnisons ilans les principales forteresses, droit fôcheui dont les inconvénients se faisaient déjà sentir depuis longtemps-, le congrès n'usa pas trancher cette question importante ; il se contenta de la déclaration suivante du protocole XIII :
a S. H. le sultan s'engage i. rechercher de concert avec les hautes puissances contractantes les améliorations que comporte l'organisation actuelle de la principauté. »
Ainsi l'Europe entière reconnaissait la principauté serbe. On était loin du temps où Napoléon soahaitait ta restitation de la Serbie à la Sublime-Porte!
Rara-Georgevilch eùï pu profiter de ce traité pour consolider à jamais sa dynastie. Mais, depuis le renvoi de Garaschanine, sa politique était devenue aussi impopulaire que l'était jadis celle de Mtlosch. Au grand chancelier avaient succédé d'insolents favoris, les Nénadovitch. Milosch avait le colonel Hodges; Alexandre eut le consul général d'Autriche, Radosawhévitch, qui le trompait
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GOUVERNEMENT PARLEMENTAIRE EN SERBIE. 2H par le mirage de l'hérédité : aussi, places, dignités, charges lucratives, tont Était réservé aux Nénadovitch et aux amis du coDsul général, insulte perpétuelle à la nationi On avait murmuré pendant longtemps, on se mit à «ouspirer. Des sénateurs, des hauts fonctionnaires, des knézes, StépbanoTitcb, président du sénat, Kreko Ralovitck, président de la cour de cassation, entrèrent dans ce complot : il s'agissait de renverser Kara-Georgevitch et de rappeler Hîlosch. Le complot fut découvert, l'instruction qui suivit cette découverte fut secrète, le bruit se répandit que des tortures avaient été infligées ; puis tout à coup on apprit la condamnation à mort delà plupart des conjurés. L'émotion fut grande, non-seulement en Serbie, mais dans toute l'Europe (ISST). Le sultan, se faisant l'organe des réclamations présentées par les ambassadeurs de France et d'Angleterre, défendit au prince de faire procéder à l'ejécution des condamnés. Alexandre, furieuï, changea leur peine en celle des travaux forcés à perpétuité ; l'agitation continua ; à la vue de ces hommes traités comme de vils malfaiteurs, de violentes rumeurs s'élevèrent, on se découvrait sur le passage des condamnés La Porte, justement inquiète, envoya deux commissaires pour recommencer l'inslruction du procès; le peuple les accueillit avec transport; Etbem-Pacha et Kahouli-EQendi adressèrent un rapport au sultan, et la peine des travaux forcés fol changée en celle du bannissement. L'affront fait au prince était cruel, mais le peuple refnsa de s'en contenter. Il fallut que le prince ren-
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vojàt ses ministres, et appelât, pour former un noiiveaa cabinet, les chefs dn parti national. Elie Garaschanine fut nommé ministre de l'intérieur, et le vieni Voutchitch président du sénat.
Il était temps que des hommes capables fussent appelés à présider aux destioèes de la Serbie. Les abus que le congrès de Paris avait eus en vue, en rédigeant le fameui protocole XIIl, n'avaient été corrigés en rien : les Turcs qui babitaient les villes, dont les garnisons ottomanes occupaient les forteresses, continuaient à être soumis à une juridiction particulière, source perpétuelle de difficultés pour la police serbe; le hatti-chérif de 1830 et le flrman de 1833, qui interdisaient le séjour de la Serbie à tous les Musulmans, sauf à ceux qui composaient les garnisons, contionaient également & n'être pas observés. H. Saint-Uarc-Girardin s'étonne quelque part que le caractère simple et généreux des Turcs ne fût pas plus sympathique aux Serbes ; mais il j avait autre chose que Turcs et Serbes, il y avait Musulmans et Chrétiens. De là des rixes et des disputes sans cesse renouvelées. Bient&t.un grave événement exclu l'attention de l'Europe. Le 7 juin 1858, M. de Fontbianque, consul-général d'Angleterre à Belgrade, fut assailli par un soldat tnrc qui l'aurait assassiné, sans l'intervention de plusieurs bourgeois serbes ; le consul se retira dans son b&tel ; un détachement tare essaya d'abattre le drapeau anglais qui flottait à la porte du consulat. Garaschanine indigné avait averti lu commandant turc de ces odieux excès : les mi-
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GOUVERNEMENT PARLBHEFiTAIRE EN SERBIE. Si3
serablesquiavaientaUaqueM.de Fontbianque, étaient soainis à la juridiction ottomane, ils ne furent pas poursuivie. Un pareil scandale ne pouvait être toléié plus longtemps. Un rapport fut envoyé à lord Halmesbury qui demanda la mise en jugement des soldats turcs, qui s'étaient rendus coupables de cette odieuse violation du droit des gens. En même temps Garascbanine et Voutcbttch insistèrent auprès de Eara-Georgevitch pour la prompte convocation d'une skouptchina (1858). C'était la première skouptchina qui se réunissait, de- . puis que l'élection du prince avait été confirmée sur la demande du gouvernement russe. Une nouvelle loi électorale était devenue nécessaire; une commission spéciale fut nommée, et la loi fut votée par le sénat au mois de novembre. Elle établissait en principe que tout Serb^ est électeur à l'âge de viogt-cinq ans, et éligible à trente ; les ecclésiastiques et les fonctionnaires publics ne sont ni électeurs, ni éljgibles; l'élection est directe dans les campagnes et à dfui degrés dans les villes; les procureurs aux Coors de cassation et d'appel, les archiprétres des cercles, sont de droit membres de la skouptchina; les députés sont inviolables pendant la session, et ne peuvent dans la suite être poursuivis pour leurs votes; le vote est poblic; l'assemblée délibère sur les propositions du gouvernement; ses décisions doivent être sanctionnées pur le sénat et parle prince; la skouptchina nomme elle-même son président et son bureau '.