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Telle était la situation, lorsque tout à coup une nouvelle sinistre se répand : en pleine paix, au mépris du droit des gens, le commandant de la garnison ottomane a bombardé la ville de Belgrade, une guerre épouvanta* ble est sar le point d'âclater en Serbie. Quelque incroyable que fit une pareille violence, elle n'en avait pas moins éïé commise, et de sinistres rumeurs en rejetaient la responsabilité première sur le gouvernement britannique.. Voici ce qui s'était passé. La commission mixte, dont le sultan avait proposé la convocation dans la lettre impériale du 3 août, venait de se réunir à Belgrade, et Ali-Pacha avait désigné Sald-Pacba comme plénipotentiaire turc. Déjà, pendant les premières séances de la commission, des rixes s'étaient élevées dans la ville entre les citoyens et des soldats de la garnison; les coupables ne furent pas poursuivis, les rixes redoublèrent de violence, et le 16 juin, au soir, un jeune Serbe qui puisait de l'eau à une fontaine fut tué par un sergent turc. Cette fois le gouvernement était décidé à sévir, et le président Uarinovitch envoya sur les lieux un drogman accompagné de plusieurs gendarmes ; la police turque accourt et fait feu sor te détachement serbe. Aussitôt la ville se soulève; deux corps de garde extérieurs sont occupés
1. Chambre des communes; eeiaion lS63-lgS3. Thtdebate 1 Turteg., p. 96.
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GOUVERNEMENT PARLEMENTAIRE EN SERBIE. 227 par la garnison ottomane ; des coups de fusil sont échangés de tous côtés. Au bruit de la lutte M. Garaschanine se précipite hors du palais, se jette an milieu des combattants et parvient à calmer les Serbes. Lâchement, les Turcs tirent à bout portant sur l'escorte du vaillant ministre et tuent un officier à ses côtés. Le tumulte redouble. Alors le consul de France intervient avec ube remarquable vigueur : le commandant de la forteresse s'engage à retirer ses troupes des deui corps de garde, pourvu que Garaachanine couvre lear retraite dans la citadelle, et assure dans la ville même le respect des personnes et des propriétés turques. Aussitôt le calme renaît, les deux partis semblent décidés à respecter la trêve ; les boutiques rouvrent, le mouvement reprend. Hais tout fi coup les canons de la forteresse commencent à tonner, pendant cinq heures les bombes incendiaires pleuvent sur la malheureuse ville ; les édiiices publics, le palais de l'arctievêque, les maisons particulières' sont criblés de boulets. L'intervention des consuls étrangers parvient seule à mettre fin à ce sinistre bombardement d'une ville ouverte,
A peine le consul français à Belgrade , l'intrépide Eugène Tastu, eut confirmé au ministre des affaires étrangères, que M. Drouyn de Lhuys proposa aux puissances signataires du traité de Paris, la réunion d'une conférence à Constantinople, pour aviser au moyen de prévenir de pareils attentats. Déjà la Porte avait envoyé k Belgrade deux commissaires, AH-Bey et Abmet-Vepyk-
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Pacha, chargés d'onvrir une enquête et d'adresser de lear c6té un mémorandum aui principales cours de l'Earope. La confëreDce se rëonit le 6 août, et dès la première séance, tous les plénipotentiaires, sauf MM. Lmgwapt et Vassitck, condamnèrent formellement la conduite de laTurquie. Le lendemain, l'ambassadeur anglais, sir Henry Bulwer, déposa nn projet ea douze articles, absolument favorable à la Porte et dont le oj-nisme politique eicita les plus vives protestations ; on peut s'en faire une idée, par le teite de l'article 6 :
■ La Porte prend l'engagement vis-à-vis des grandes puissances de ne recourir à la mesure du bombardement de la ville, que dans le cas oii la citadelle ferait attaquée, et alors un signai déterminé donnera l'avertissement nécessaire aui consuls douze heures à l'avance. »
L'ambassadeur de France, M. de Mouslier, protesta avec toute son énergie, et déposa nn contre-projet qui blâmait en tendes expliciles le bombardement de la ville, demandant l'évacuation de la citadelle par la garnison turque, ou poilr le moins, des garanties consistant dans une déclaration officielle des intentions de la Porte, dans la destruction des ouvrages avancés et la diminution de l'effectif de la garnison. Les pléaipoteutiaires russe et italien appujérént M. de Moustier; les plénipotentiaires autrichien et turc votèrent avec sir Henri Bulwer; le ministre de Prusse ne dit pas une seule parole, pendant toute la durée de la conférence *. Enfin, après dis jours