Vouck, Diet. serbe-aUemaTtd-lalin. Vienne, 1S
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les Serbes et les Croates. Le go uvero entent la reconnaît ; parfuia il lui apporte des m odili calions ', mais qui n'altèrent en rien [e principe fondamental.
A c6tË du grand sentiment de la patemilé, celui de la fraternité est le plus développé chez les Serbes; il est si vif, remarque très-Justement M, Labonlaye, qu'il jette. dans l'ombre une passion qui cbez nous étouffe tont autre sentiment. Le frère est lier de sa sœur, la sœur jure par le nom de son frère. On se soavient sans doute de cette scène toucbante du pesma de Eossoto, quand Mililza dit au czar Lazare ; • Ta emmènes déjà avec toi neuf frères chéris, mes frères, les neuf lugowitz, laissemoi un senl de mes frères, un seul frère par lequel an moins puisse jurer sa sœur. » On voit la fiancée quitter ses frères, laissant tomber de ses yeux les larmes comme les grains qui s'Échappent d'une grappe trop miire. Ce n'est pas l'épouse qui pleure et qui gémit sur le cercneil de l'époux enlevé par la mort ; c'est à ta mère et aux soeurs du défunt que revient le soin de ces derniers devoirs.
Écoutez la charmante chanson ,du malheureux Ioto *.
Il Le jeune lowo va dans le haut de la maison et voilà que le plancher se brise, et lowo se casse le bras droit.
1. V. l'ardonuance impériale et royale de l'empereur d'Autriche du 7 mai 1850, et les décisions du Landtag d'Agrara en 1812.
2. Madame Voîart : Chants populaires des Strelens : Le malktureux lowo, reproduit par M. Laboulaje : Les Serbes p. 135.
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LA NATION SERBE. — LA POÉSIE SERBE. 253 B Qui le guérira? C'est la yila de la mont^sne qui con-
ndt si bien les plantes ; mais la vila demande beaucoup. B Elle demande, à la mare, sa blanclie maiu droite; à
ta sœur, les tresses de ses clteveux; à la femme, son
collier de perles.
B La mère donne volontiers sa blanche main droite, la
sœur donne les tresses de ses cheveux, mais la femme
refase son collier de perles
• Alors s'irrite la vila qui vit sur la montagne; elle jette du poison daoÀ les aliments d'Iovro. lowo meurt, au grand chagrin de sa mère.
• On entend alors gémir trois coucous : l'un se ptaiut et ne cesse jamais de se plaindre, l'autre se plaint le matin et le soir, et le troisième seulement quand il lui plaît.
D Qui se plaint et ne cesse jamais de se plaindre? C'est la malheureuse mère d'Io^o. Qui se plaint le matin et le soir? C'est la sœur d'Iowo, profondément aflligée. Qui se plaint seulement quand il lui platt? C'est la jeune veuve du malheureux lowo. >
« Pas de jeune Serbe sans frère » dit une vieille loi. Telle est l'origine de la sainte institution des pobratim ou frères d'adoption. C'est au nom de Dieu et de saint Jean que se scellent ces alliances, où l'on se doit affection et protection mutuelles. Lèopold Banke rapporte qoe daD3 le district de Négotin les jeunes gens du village se rendent en masse au cimetière, le second lundi après Pftquesj l'herbe des tombeaus a été renouvelée, les IS
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234 LA SKRBia ET LE MONTÉNÉGRO.
jeunes gens tressent des couronnes vertes. Puis les jeunes garfons entre eui, les jeunes ûlles entre elles, s'unissent en échangeant des baisera à travers les couronnes, on échange ces couronnes elles-mêmes, et l'union est faite. Ailleurs, c'est à l'église que se rendent cenx qui ont ré- ■ solu de former cette mystique alliance, saivis de leurs parents et de leurs amis ; le prêtre dit ta messe et b6nit les jennes hommes qui, devant Dieu, jurent de rester éternellement Bdéles, d'avoir désormais toute chose en commun, de combattre l'un à cAté de l'autre dans les guerres pour la douce Serbie, et de veuger celui qui tombera le premier. Rien n'est plus sacré que celte union. Chose singnliére, un homme peut se choisir une sœur d'adoption, une fiosestrima, et dès lors il lui doit le respect et la protection d'un iïère, sans que jamais un autre sentiment puisse se mêler à ce dèTOuement fraternel, o Tels autrefois les Scythes, qni formaient entre eux de pareilles alliances et les consacraient par le sang qn'ils faisaient couler de leurs veines dans nn même vase, où ils trempaient à la fois leurs glaives. * « Aujourd'hui encore le cboii d'un pobratim est propre à presque tous les Slaves du Sud : on le retrouve dans tous les chants nationaux qui serviront à l'entretenir à jamais.
La koutcha en s'étendant a formé le skoupè. Chaque mois, le staréchina du village convoque' les chefs des maisons ; la réunion se tient en plein air, et pendant plusieurs heures, t Les chefs germains, disait Tacite ■,