‹ La Serbie et le MonténégroChapitre 49 sur 68 · I. lankcrltch, loc. cit · texte numérisé non relu

I. lankcrltch, loc. cit

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pomme ao yisage et lui dit : • Je ne reiu ni de toi ni de

ta pomme. Mais parfois les parents redierchent les ncbes

nnioDS, n'attendent même pas que la jeune ûlle soit

nubile. Les pesmas prolestent contre cet usage : une

jeuae fille marche pieds nns sur le sol glacé et frissonne;

son frère lui dit : « N'as-tu pas froid aux pieds, petite

soeur? JB — n Non pas aux pieds, b mon frère, mais je sens

un froid glacial à mon pauvre cœur. Toutefois ce n'est

pas la neige qui m'a refroidie, c'est ma mère qui m'a

glacée, en me donnant à celui que je hais. • Et dans une

autre chanson, douce et parfumée comme les roses qu'elle

décrit : i Une fille était au pied de la montagne, et de

son visage toute la montagne était illuminée : « mon

visage, dit la jeune fille, 6 mon unique souci, si je savais,

mon blanc visage, qu'un vieux mari dût te baiser, ohl

i'iraia dans la montagne verte, j'en cueillerais toute l'ab-

de l'absinlLe j'exprimerais le suc, pour t'en

n TÏsage, afin, quand le vieillard te baiserait,

lenUt l'amertume. — Hais si je savais, mon

ge, qu'un jenne mari dût te baiser, ohl alors

lie vert jardin, j'en cueillerais toutesles roiea,

es j'exprimerais le suc, pour t'en laver, mon

n, quand le jeune homme te baiserait, de l'em

mouie du mariage est simple et a conservé rimitifs symboles. Les frères et les amis de la conduisent dans la maison qu'elle doit habiter val, au bruit de la musique, des chants et des

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LA NATION SERBE. — LA POÉSIE SERBE. 257 coups de pistolet. Les sœurs et les belles- saurs viennent alors à sa rencootre : la fiancée avance, on lui présente QD entant qu'elle doit habiller, elle toache les murailles avec des fuseaux, elle offre aux convives du psia, du vin et de l'eau. Pendant toute une année, la jeune fille porte le nom de fiancée; mais dès qu'elle est devenue mère, elle cesse d'être considérée comme une étrangère, elle fait véritablement partie de la famille. La fiancée reçoit nne dot, que les Serbes appellent percia ; lorsque le pore est mort, c'est le frère qui doit se charger de marier sa sœur et de payer «ne dot, toujours fixe, et dont l'époux n'a pas le droit de faire usage. Bien rarement la sainteté du mariage est violée; les lois punissent de mort l'adultère et l'inceste. Hais, cLose qui peut sembler étrange à notre législation occidentale, l'union libre est parfaitement reconnue; l'article 70 du code monténégrin est ainsi conçu : v Lorsqu'une jeune fille suit librement un homme non marié sans l'autorisation de ses parents, leur union est légale, puisqu'elle repose sur l'amour, s Talvi rapporte à ce sujet une curieuse chanson:

a je voudrais demander la main, mais ton père ne veut pas de moi pour son gendre, à moi seul je ne puis t'enleverl Écoute mes prières, viens & moi, je t'en supplie. — Bel ami ! il est inutile de demander ma main à mon père; mon père te la refusera. Ne t&che pas non pins de m'enlever, car tu périrais, mon bien-aimè. J'ai neuf frères et de nombreux cousins; quand ils montent sur leurs chevaux noirs, leurs tranchantes épées à la

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SSg Lk SERBIE ET LE HONTËNËGRO.

main, ils sont terrible» à voir. Je ne veui pas que tu meures en les combattant, et si tu prenais la fuite, jamais je ne t'écouterais plus. Je t'aime I appelle-moi, je Tiendrai de moi-même me jeter entre tes bras *. *

D'autres fois, nous gommes en présence de véritables rapts. Vonk rapporte dans son Dictionnaire que la coutume d'enlever les filles était générale parmi les Serbes sous la domination turque, qu'elle règoe encore chez ceui qui relèvent directement de la Porte Ottomane, tt Le rapt a lieu à main armée et souvent il entraîne l'ef fusion du sang: s'il arrive quelaâlle résiste et nevenille point suivre les ravisseurs, ceui-ci l'entr^nent en la tirant par les cheveni, la frappent b coups de b&ton, comme des hœuta dans unchamp de choux. C'est dans on bois : on la marie dans quelque cabane âe pâtre : le pope est contraint, bon gré mal gré, de célébrer le mariage, t

Les coutumes des funérailles ne sont pas moins poétiques que celles du mariage. Lorsqu'un habitant de la Koatcha meurt, la clameur des parents est grande ' : les hommes sortent peDdant quelques jours découverts, les femmes et les filles labsent flotter leurs cheveux et retournent leurs habits. Les hommes pleurent silencieusement, mais les femmes, depuis la mort jusqu'à l'enterrement du parent, ne cessent de naritsati, c'est-à-dire de

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