‹ La Serbie et le MonténégroChapitre 53 sur 68 · Seconda partie, livre II, ohap. vu · texte numérisé non relu

Seconda partie, livre II, ohap. vu

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LA NATION SERBE. — LA POÉSIB SERBE. 275 Platon, Socrate, recommandeut le culte de ces hommes, iiu'ils appellent des héros : honore lea héros pleins de bonté et de lumière, dit le premier dans ses vers dorés... Les Muses aiment à rêver dans les monastères remplis des ombres des saints. Ces premiers apôtres prêchant l'Évangile aux premiers fidèles dans les catacombes ou sous le dattier de Bethanie, n'ont pas paru à Michel-Ange et à Raphaël des sujets si peu faTorables au génie. « A côté des saints et des anges, apparaissent les Tilas, mystiques créatures, qui président aux vœux des populations, qui planent silencieusement sur l'eiistcnce des hommes. Elles sont légères et belles ; leurs longs cheveux sont le jooet des vents, elles habitent sur les collines et près des ruisseaux, sar le Lotchendontla cime est couverte d'une neige éternelle et où l'orage mugit incessamment; on encore sur une montagne de nuages qu'éclairent les rayons du soleil, que la lune protège de sa blanche lueur, que couronnent les étoiles, n C'est là que la vila élève trois portes : le première en or, la seconde en perles, la trobièrae avec la pourpre. A la porte d'or,elle marie son fils; à la porte de perles, elle marie sa iille; à la porte de pourpre, elle se tient assbe et regarde au-dessous d'elle comment l'éclair joue avec la foudre, la sœur avec ses frères, la fiancée avec ses beanx-frères, comment la sœur domine ses frères et la fiancée ses beaux-frères. • On ignore si les vila sont immortelles, mais elles aimeut et chéiisseut tes vaillants guerriers. Écoutez le pesma célèbre de Harko Kraliëvitcli.

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■ Harko, fils du roi, fuit l'ennemi vers les montagnes d'Uroma; tout & coup son bon cheval Scbaraz se met k broncher et à verser des larmes. Alors la vila crie à Harko du haut des montagnes : • Frère d'adoption, sais-tu, ami, pourquoi ton cheval a hronché? Sache donc que Scharaz s'aniige pour son maître, car il faudra bientôt tous séparer [ a — a Que le cou te fasse mal, blanche vila ! répond Marko. Comment pourrais-je me séparer de Scharaz qui m'a porté parlescampagnes et les villes, et au loin, du levant au couchant? Il n'y a pas de meilleur chaval sur la terre, comme il n'y a pas de meilleur héros que moi. Non, aussi longtemps que ma tële sera sur mes épaales, je ne veux pas me séparer de Scharaz. » Et la blanche vila reprend : • Frère d'adoption, Marko, fils de roi, ce n'est point la force qui t'arrachera Scharaz ; nul n'a pouvoir, arai Harko, de le tuer; ni le hras d'un héros, ni le tranchant d'un sabre, ni la massue, ni la tance de bataille; tu ne crains rien sur la terre! mais lu mourras, pauvre Marko, par la main de Dieu qui verse le sang. Si tu n'en crois pas mes paroles, galope jusqu'au sommet de la montagne, regarde de droite à gauche ; là, tu verras deux sapins élancés, qui dépassent de leurs cimes tous les arbres de la forêt; ils sont parés d'un vert feuillage. Hais entre ces arbres est une fontaine ; conduis jusque-là ton Scharaz à reculous, descends et attache-le au sapin, penche-toi sur les eaux de la fontaine, de manière à voir ton visage dans le miroir de l'onde, et là tu verras s'il te faut mourir? »

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LA NATION SERBE. - LA POSSIS SERBE, m Les vilas eiistenl encore : lorsque Kara-Georges aLandoniia sa putria vaincae, la vila du Rudnik poussa un cri de douleur ' et lança contre lui une superbe malédiction, l'éternel remords du héros devenu déserteur. Hais s'il ; a des vilas dans les montagnes sombres et les vallées profondes, s'il j a des génies bienfaisants et amis des hommes, qui planent dans la rosée humide ou habitent l'étoile du matin, sœur des vierges, Uy a aussi toute une armée d'esprits des ténèbres, d'êtres somaturels, machinant sans cesse la perte du genre hnmain. Dit là, la croyance à la magie, source d'effets dramatiques, dont les pesmas abusent ; car la ma^e, comme le remarque encore Chateaubriand *, manque évidemment de grandeur; • en empruntant quelque chose de son poovoir aux hommes, ceux-ci lui communiquent leur petitesse. > Voici les viétchizéa, impudiques sorcières, qui savent dépouiller leur corps, comme un vêtement, et qui volent dans les airs, suivies d'une traînée de feu; elles approchent silencieusement des pitres endormis, leur entr'ouvrent la poitrine avec un bâton magique, fixent dans l'avenir le jour marqué pour leur mort, leur mangent le cœur, referment la poitrine et disparaissent de nouveau ; alors le pâtre se réveille, il peut vivre encore quelque temps; mais peo & peu ta respiration foihiit, il expire sans que ses amb devinent la cause de sa mort.

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