‹ La Serbie et Son ÉgliseChapitre 10 sur 197 · DU HATTI-CHÉRIF DE 1830 À LA CONVENTION PHANARIOTE DE · texte numérisé non relu

DU HATTI-CHÉRIF DE 1830 À LA CONVENTION PHANARIOTE DE

NécocraTions DE MiLoë AVEC LE PHANAR EN VUE D'UN HATTI-CHÉRIF.

Le premier évêque de nationalité serbe, Melentije Nikëié, commit la faute de trop s’enorgueillir de son élévation. En dépit de son autorité restreinte, il affectait de porter un titre pompeux : Milostiju Boïijeju Pravoslasni Arhiepiskop 1 Metropolit Uäëki, Valjevski 1 Visoëar$t Egzarh Vseja Iliriyi…. 1.

Miloë, qui n’aimait point la morgue chez les autres, sut le faire disparaître à point en 1816. Ce meurtre ne profita guère cependant à la cause de l’Église nationale, car Melentije fut remplacé, sur le siège de Sabac, par un Grec, Gerasim. Miloë ne tarda pas à comprendre, de son côté, l’erreur qu'il avait commise en supprimant l’unique prélat national de la Serbie. Il envisageait alors de profondes réformes ecclésiastiques et se heurtait invariablement à l’incompréhension ou à l'hostilité du haut clergé phanariote. En 1816, précisément, 1l s’efforçait, en accord avec les « Chefs du Peuple », d’apporter une solution provisoire à la question épineuse du salaire des prêtres. Les négociations avec le Phanar s’avéraient particulièrement laborieuses et, pour hâter leur conclusion, Miloë se voyait dans l’obligation d'envoyer à Constantinople députation sur députation ?, Le point litigieux était celui de l'impôt ecclésiastique, la dimnica, qui était surtout odieuse par la façon dont elle était perçue. Les évêques confiaient le soin de la prélever à des parents ou des amis, toujours grecs, qui allaient de village en village, logeant chez le paysan et se nourrissant à ses frais. Tels étaient les dimnicarti abhorrés des Serbes et de Miloë 5.

? Gavrilovié (Dr. Mih.), Milo$ Obrenovié, Belgrade, 1909, t. II, p. 642.

? Duëié (N.), Istorija Srpske Crkve, p. 208.

* («La dimnitza et le miri, écrit Cunibert, étaient perçus par le haut clergé : la première, à raison d’une piastre turque par foyer, servait à l’entretien de la mense

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