LA RÉFORME DU SÉMINAIRE
Le rêve du Métropolite Petar ne s’était jamais réalisé : le Séminaire de Belgrade n’était point devenu cette « pépinière » d’un clergé plus éclairé et plus conscient de ses devoirs. Si l’ignorance complète du temps de Miloë avait du moins disparu, la culture générale de l’ensemble des popes restait très rudimentaire. En réalité, le grand mérite du Séminaire de Belgrade n’avait pas tant été de contribuer au relèvement du niveau intellectuel ecclésiastique que’de constituer, même aux époques de tracasseries administratives et policières, un îlot de pensée libre. Le Séminaire serbe, comme beaucoup de séminaires russes, était largement ouvert à l’esprit du siècle et souvent plus propice aux querelles politiques qu'aux débats théologiques. Dans la grosse bourgade qu’était Belgrade en 1880, 1l représentait l'institution la plus indépendante. Sinon intellectuellement, du moins administrativement, il jouit de plus de franchises que la Velika Skola en dépit des réformes accomplies par Novakovié en faveur de cette dernière .
1 Miloevié (Raëa), Timoëka Buna, p. 284.
? Miloëevié (Michel B.), Le suffrage politique dans les Constitutions de Serbie, p. 120.
3 Miloëevié (Raëa), op. cit., p. 284.
‘ Le Séminaire, qui ne comptait en 1845 que 4 maîtres et 103 élèves, compte, en 1875,19 maîtres et 250 élèves. Pourtant les dépenses inscrites au budget sous le ütre de l’Église n’ont pas sensiblement augmenté. Même en ce qui concerne l’administration ecclésiastique proprement dite, elles ont diminué : en 1867 on y consacra une somme de 132.476 dinars. En 1875, on n’y affecte plus que 27.662 dinars, en 1877, 95.020 dinars. Il est vrai que dans les années qui suivent les crédits sont notablement relevés (Cf. Glasnik Srpskog uëenog drustva, t. 52, p. 85).