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LA RÉFORME DU SÉMINAIRE

Les séminaristes avaient toujours activement participé à la vie politique et il apparaissait à beaucoup que la maison de Petar servirait plus à former des députés à la Skupètina que des prêtres de paroisses. Bien que cet état de choses régnât depuis assez longtemps, l'opposition libérale en profita pour reprocher amèrement au Gouvernement progressiste la « désorganisation » de cette institution. Les radicaux ouvrirent le feu de leur côté, en décembre 1881, en attaquant la direction du Séminaire. Le Père Nikanor, recteur, était, disaient-ils, tout à fait au-dessous de sa tâche : « Avec lui c'était le Moyen-Age qui était revenu pour les malheureux séminaristes ». C'était, selon eux, un excentrique dangereux qui ne pouvait tolérer les classes de chant religieux sous le prétexte « qu’il n’aimait pas le bruit » 1, Un autre «tyran » était — à en croire les libéraux — le pope Dimitrije Pavlovié (le futur Patriarche de l’Église unifiée), professeur depuis 1878. C'était un progressiste « enragé » et la Srpska Nezavisnost l’accusait d’enseigner à ses élèves que «le Gouvernement était la source de toutes les richesses ? ». Décrivant la situation du Séminaire en 1881, l’organe libéral montrait les séminaristes blêmes, affaiblis, affamés, « ignorants comme des commis ». Quant à la maison même, elle ressemblait plus à une « auberge mal tenue » qu’à un établissement religieux à.

Ce fut Novakovié, le « nouveau Néron » comme l’appelaient les libéraux, qui se chargea de mettre de l’ordre dans cette pépinière de prêtres. Ce n’était pas la première fois d’ailleurs qu’il avait eu à s’en occuper. En 1873, alors qu’il était déjà Ministre des Cultes, il avait organisé la célèbre Deuxième section du Séminaire qui, plus connue dans le peuple sous le nom de Séminaire Milojevié, s'était assigné la mission de former des instituteurs et des prêtres nationaux pour les pays serbes sous la domination ottomane. En 1881, Novakovié se contenta de rédiger un Règlement extrêmement détaillé qui précisait les devoirs des maîtres et des élèves de cette institution. Il transforma complètement l’enseignement en lui donnant une orientation pédagogique beaucoup plus nette, afin que le Séminaire ne préparât plus seulement des prêtres, mais aussi et surtout des instituteurs 4.

Samouprava, 19 déc. 1881.

Srpska Nezavisnost, 23 mai 1882.

Ibid., 10 sept. 1882. :

Protié (Ljub. M.), Spomenica St. Novakoviéa, Belgrade, 1921, p. 147-148.

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