L OPPOSITION DE L ÉPISCOPAT SEMNBE AUX RÉFORMES
Karanovac, parce que Catak est au centre du diocèse, et puis. le lieu est plus agréable et plus sain que cet endroit aride (suvoparnt) peuplé d’Albanais »... (31 juillet 1836) 1.
Le Knèze, visiblement agacé de toute cette correspondance (i od ovakih pisama unapredak postedite nas.) ?, informait Nicifor par un message assez sec qu'il pouvait définitivement rester à Caëak
(20 août 1836).
, , , L OPPOSITION DE L'ÉPISCOPAT SERBE AUX REFORMES. LE SECOND CONFLIT AVEC Niérror.
Le 3 avril 1837, le Métropolite Petar se décidait à convoquer ses trois évêques au premier Sabor épiscopal de la Principauté de Serbie. Il envoyait à chacun d’eux le même message :
« C’est le devoir des évêques de chaque pays de se réunir et de discuter des besoins de l’Église qui leur est confiée. Le bénéfice d’une telle réunion épiscopale est confirmé chez nous par l’article 8 du. « Projet sur les Autorités ecclésiastiques dans notre pays ». En fixant, conformément à ce dernier, notre session annuelle au 4e dimanche après Pâques, nous invitons Vos Éminences à se rendre le samedi 8 mai à Belgrade, auprès de nous, afin que le dimanche suivant l’assemblée susdite puisse se tenir, sans retard... » (Belgrade, 3 avril 1837) 5.
Deux évêques sur trois, l’évêque de Sabac, Gerasim, et l’évêque du Timok, Dosite], acceptèrent l'invitation qui leur était faite et répondirent aussitôt à leur Supérieur. Quant à l’évêque d’Uzice, le « terrible » Nicifor, le Métropolite de Belgrade n’avait pas encore, à la fin d'avril 1837, reçu sa réponse. Le 17 il se voyait dans Pobligation de renouveler plus impérativement son invitation :
« … Messieurs les évêques Gerasim et Dositej nous ont répondu avoir reçu notre lettre et annoncé qu'ils seraient ici le jour fixé, mais nous n'avons pas reçu la réponse de Votre Éminence... Connaissant votre exactitude dans les affaires de ce genre, nous avons commencé à penser que notre lettre ne vous était pas parvenue. C’est pourquoi nous saisissons aujourd’hui une occasion de vous informer que le jour susdit nous vous avons invité, avec les autres évêques, à vous rendre auprès de nous...» 4,
Trois jours plus tard, Petar recevait la réponse de Niéifor qui
1 Jlié (A.), op. cit., p. 109.
2 Ilié (A.), op. cit., p. 109.
8 Ilié (A.), op. cit., p. 114-115.
Ilié (A.), op. cit., p. 115.
mérite, pour son insolence et sa grossièreté, d’être intégralement citée :
« Je vous informe que j’ai reçu là lettre de Votre Éminence en date du 17 courant, par laquelle Votre Éminence m'invitait à Belgrade, le 4€ dimanche après Pâques, afin que nous diseutions sur les besoins de nos diocèses, en présence de Votre Éminence. J’avertis Votre Éminence que je ne peux pas venir au moment désigné par Votre Éminence, pour la raison que je me suis entendu à cette époque avec les maîtres-maçons. J’ai déjà commencé à travailler, et il n’y a personne d’autre que moi pour surveiller la fourniture du matériel, et se plaindre s’il en manque. Mais, si Votre Éminence remet notre réunion à un autre moment, je propose qu'elle se tienne à Kragujevac, auprès de S. A. le Knjaz, et sous la direction du Conseil du Knjaz. Qu'est-ce que nous pouvons nous-mêmes décider à Belgrade sur ce que nous avons à faire ? Enfin, je n’ai pas de quoi subvenir à la dépense du voyage de Belgrade, car la moitié de mon traitement m'a été retenue avec les amendes, et l’on ne m'a envoyé que 100 thalers pour une demi-année comme à un commis... » À,
Les arguments de Niéifor trouvèrent sans doute auprès du Métropolite un crédit assez minime, car celui-ci expédiait aussitôt au prélat récalcitrant un message irrité, déclarant que les prétextes imaginés par l’évêque d’UZice étaient non seulement déplacés, mais encore vexants.. Il réitérait sa convocation, concluant, sur un ton comminatoire :
« Dans le cas contraire (c’est-à-dire si vous refusiez de nous obéir), notre conscience sera pure, car nous n’aurons rien négligé pour éviter différents désagréments, et pour maintenir une entente amicale. Je suis le frère dans le Christ de Votre Éminence...» (28 avril 1837)2.
Quelles pouvaient être les raisons qui avaient poussé Nicifor à un
tel refus d’obéissance ? Il apparaît bien, quand onlit attentivement la correspondance échangée entre les deux prélats, que c’est encore une affaire de transfert du siège diocésain qui les avait opposés l’un à l’autre. Peu de temps avant le refus brutal de Nicifor (mars 1837), le Métropolite s'était adressé à lui pour une négociation délicate. Il s'agissait du transfert du Prvoventani dans le Monastère de Studenica ; l’évêque de Sabac, Gerasim, ancien archimandrite de Studenica, avait aussi exprimé le désir de relever cette fondation illustre du Roi Serbe et de se consacrer désormais à son d‘veloppement matériel et spirituel. Seulement le Knèze — partageant en cela l'opinion de Petar — estimait qu’il ne serait pas juste de priver
2° [lié (A:), op. cit, p. 146-117.
ÉRIC AT) op. cp dl7-
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