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L'OPPOSITION DE L'ÉPISCOPAT SERBE AUX RÉFORMES

Gerasim, qui faisait preuve d’un dévouement aussi méritoire, de ses revenus diocésains. La difficulté provenait de ce qu’il ne pouvait plus conserver son ancien diocèse, puisqu'il ne iui serait plus possible d’y résider. On avait done imaginé une combinaison habile: Niéifor cédait le district de PoZega relevant de son ressort diocésain, et le Métropolite abandonnerait le district de Kruÿevac appartenant à son archidiocèse. De ces deux fragments, on créerait un nouveau d'ocèse que l’on pensait confier en dédommagement à Gerasim. Niéifor ne perdait rien à l’affaire, car non seulement il conservait ce qui restait de son ancien diocèse, mais il recevait en compensation le diocèse de Sabac et aurait ainsi la faculté de siéger soit à Sabac, soit à Valjevo.

Le vieux prélat conservateur qu'était Niéifor éprouvait un serrement de cœur à consentir à un semblable « bouleversement ». Au pis aller, il n’aurait pas trop protesté si l’on s’était borné à détacher de son diocèse tout au plus la capitainerie du district de PoZega 1, Mais «... (céder) toute la région de PoZega et puis changer de siège », véritablement cela lui était « dur et insupportable à imaginer », Aussi préférait-il se retirer et ne pas « en gêner un autre », si le Knèze lui en donnait la permission. Il terminait d’ailleurs sur une pointe perfide en faisant observer qu’à sa connaissance, c’était la première fois qu’on osait changer de diocèse un évêque ou permettre à un évêque de résider dans un monastère, tout en continuant à administrer un diocèse ?. Le pauvre prélat, qui avait la mémoire courte, avait oublié le temps des Phanariotes.

Petar, qui se piquait d’être un administrateur modèle, fut particulièrement blessé par cette réflexion finale. On l’accusait de jeter le désordre dans le sein de l’Église qu’il prétendait réformer. Le refus que l’irascible évêque d’Uzice opposait, un mois après cet incident, à son invitation, porta à son comble sa colère ; on comprend mieux comment, malgré sa tolérance et sa patience bien connues, ilse laissait cette fois-ci emporter et envoyait à Caëak la brève et cinglante missive du 28 avril 1837...

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