‹ La sérénade de Don JuanChapitre 47 sur 54 · CHANT XIII · texte numérisé non relu

CHANT XIII

At pater ^Eoeas non encor remplaçaverat Didonem : veuf, sponsavit in noce secunda Jeunam Laviniam, mais non heureusior il fut : Errarunt tous deux, separati tempore Ion Et se retrouvaverunt Bordosus in urbe Là, Lavinia grosse, de Millau.de, futuro

Banquiere, accouchât, qui portât d'ore lunettas : Celui-ci, si non fondavit R,omamque nec Albam Fondavit Lutinum cum Lireux atque theatrum. Parisiem venit, et se mit pourchassare l'argent : C.imaradi le connaissent sub nomine Moses, Mais concurrentes "sppellant hune Polydorum, Qui veut dicere : Beaucoup d'or; et justificavit Un tel surnomen cum Mires, fulus Acalhes. Quartierum instituit, pour faciliter locatairos, Mais profitavit solus. Construxit hotellum, Esbrouffans Asi<e luxus ou plutôt etrusqui, Plaça sancti Georgi; meublavit que richessis Qu'il portivit d'Italie : alors litteratura Invitata fuit pour dîner. Sic ego Méry Chantavi : « 0 Millaut dicis : que l'actionarus » Sit, factus fuit actionarus : puis, que Girardus » Pour toi brisât plumam, brisavitque Girardus » Et que Pacificus coulât in Allanticum, » Et déjà Pacificus s'embrasse avec Atlantieo. » Car ainsi voluit Millaud.... »

On ne voulut pas entendre plus long. Ces vingt-six alexandrins d'une facture tout à fait virgilienne grisaient tous les assistants de surprise et d'enthousiasme. Pour témoigner de la grandeur de l'événement, Adolphe Gaiffe, qui était au nombre des convives, brisa son verre mousseline, imitant en cela une des pratiques du tzar. Tous les autres applaudissaient avec I furie.

— Eh bien, s'écria Méry en se rasseyant, puisque [ mes vers latins ont si bien réussi, je terminerai ce : grand poème au prochain dîner, en disant, selon la formule : La suite au prochain dessert. Autre guitare.

En 1854, Méry passait la journée à Monte-Cristo, avec lexandre Dumas.

Dès onze heures du matin, l'auteur ÏÏHéva, qui était cependant l'homme le moins matinal de Paris, était installé à Saint-Germain.

On déjeuna gaîment ; Méry fut étincelant dans une causerie où il soutint que les seuls gens heureux de la terre étaient les voyageurs et les gens sans position, et que plus un homme était né dans ce qu'on appelle « une famille honorable », plus il était à plaindre.

On se serait récrié contre tout autre moraliste qui aurait osé avancer de telles théories, mais on laissait le brillant convive jouer son paradoxe. On savait que le premier qui en rirait, après le feu d'artifice de la conversation, serait Méry lui-même.

Après s'être levé de table, le causeur humoristique chercha dans sa poche une comédie dont il venait lire les principales scènes à son hôte, mais il lui fut im possible de la trouver. Aussi distrait que spirituel, il avait oublié son manuscrit au logis.

Alexandre Dumas proposa alors à Victor Coehinal d'aller chercher la pièce à Paris. Cela allait fort peu au pauvre mulâtre ; mais, néanmoins il consentit à faire cette corvée, — à une condition cependant, c'est que Méry mettrait en vers, pour lui seul, la thèse qu'il avait soutenue à table, et qu'il lui donnerait en toute propriété l'autographe de ce paradoxe. Le poète consentit. Victor Gochinat partit pour Paris, et, à son retour, qui eut lieu vers trois heures, il trouva sur la grande table en sapin, où Alexandre Dumas a écrit tant de drames ingénieux, les vers suivants que Méry avait moulés de sa grande et largo écriture :

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