EN MANIÈRE D'ÉPILOGUE
En France, tout passe. Les révolutions s'enroulent sur les révolutions. En vingt années, cent choses ont disparu et dix de nos grands hommes ont été emportés. Seul, le distique, sous forme de madrigal, est resté debout comme si nous étions encore au temps où florissait YAlmanach des Muses. Or, à cette mirifique soirée de l'Eden, le quatrain-madrigal devait reparaître et il a reparu. Parmi les lilas blancs et les œillets de poète qu'on jetait à profusion sous ses pieds, madame Adeline Patti a trouvé sur papier pelure d'oignon, ces quatre vers, un peu semblables à un écho du règne de Louis XV.
En votre absence, hélas! bien longtemps mon oreille,
Adeline, a pàti.
Vous paraissez enfin, et mon cœur se réveille,
Adelina Patti!
On se demande quel est cet X***, signe de l'inconnu en mathémathique? Sous l'ancien régime, à l'époque
de la Pompadour, celui qui a parfilé ce petit poème aurait pu être un abbé de cour ou, pour le moins, quelque chose comme un mestre de camp. Le vent des orages politiques a emporté dans le royaume des ombres ces deux espèces. Qu'est-ce que ça peut bien être en 1886? Un Poisseux? Un Vlan ? Cn Pschutt? Non, ces messieurs déclarent ne savoir écrire ni cn prose ni en vers, vu leur qualité de gentilshommes. Il y a quelque chance pour que ce soit quelque fidèle des anciens Italiens, un Nestor de l'orchestre, aujourd'hui rangé par les rigueurs du grand âge dans l'humble catégorie des joueurs de dominos, ou de ceux qui font des mots carrés. — N'importe. Petit quatrain-madrigal, je vous salue !