‹ La Séroréaction et le SérodiagnosticChapitre 16 sur 24 · CYR · texte numérisé non relu

CYR

Le 15. La température est aux environs de 97° depuis deux jours.

Le 18. 38°6 avant-hier soir, mais aujourd’hui la température est à 37°. |

Le 20. La température se maintient à 37°; le malade se déclare bien portant. Le sérodiagnostic, pratiqué à plusieurs reprises depuis le début de la maladie, par le procédé extemporané seulement, a toujours été négalif.

Le 24. L’apyrèxie complète a persisté jusqu’à hier matin ; mais dans la matinée, le malade s’est senti mal à l’aise, frissonnant ; 1l avait 38,4 à midi, 39,8 le soir. Ce matin 39,6; 1l se plaint surtout de céphalée.

Le 25. Epistaxis abondante hier soir (un demi-crachoir). Céphalée. Le ventre est tou'ours douloureux de la même façon. Pas de diarrhée.

Le 27. Epistaxis avant-hier soir et hier soir; d’ailleurs chaque fois qu'il se mouche il voit un peu de sang dans le mouchoir.

Le 28. Il n’y a plus eu d’épistaxis. Les douleurs dans le ventre persistent. La céphalée a complètement disparu ; le malade se sent mieux, la température se mainüent entre 38 et 39°. ‘

Le 4 août. Hier soir, quintes de toux et expectoration assez abondante. Le sommet gauche respire toujours aussi mal ; rales de congestion aux bases, surtout à droite.

Sur le ventre, trois ou quatre taches rosées, comme

celles que nous avons déjà dites.

Le 4. Les taches pâlissent. La fièvre ne dépasse plus 38°, Le malade se sent bien, demande à se lever et à manger, ce qui lui est refusé.

Le 7. La température est à 37°. Depuis ce dernier septenaire, elle est descendue depuis 39° en lisys régulière.

Epistaxis peu abondante hier soir.

Le malade insista tellement pour avoir à manger, qu'on lui permet un œuf et quelques pruneaux.

Le 9. Le malade mange. La température reste à 37°.

e ventre n’est plus, en aucun point, douloureux, mais la rate est toujours volumineuse et douloureuse.

Sérodiagnostic extemporané, négatif.

Le 12. On a ensemencé hier deux tubes pour faire le sérodiagnostic par le procédé lent. La réaction est aujourd’hui très nette; les grumeaux précipités ont rendu le bouillon absolument limpide.

Le 13, le malade sort sur sa demande.

Son état général est satisfaisant. La rate est restée grosse.

Le malade, sorti le 13 août, était parti pour la cam-

pagne; il s’y est reposé, RAS bien et dormant bien.

Le 9 septembre, il s’est senti fatigué, sans appétit,

avec un peu de fièvre, céphalalgie, quelques frissons. Il a saigné du nez.

Cet état persistant, il se décide à revenir à l'hôpital. Ce dont il se plaint surtout, c’est d’une insomnie abso-

rad ee

lue. Il faut l’interroger pour apprendre qu'il a, depuis le g septembre. deux selles par jour, liquides, très fétides.

Le ventre est un peu ballonné; douleur dans la fosse iliaque droite, pas de gargouillement. Une seule tache rosée, pas absolument nette. La rate est grosse.

Rien au cœur. Pouls, 112, régulier.

Poumon : congeslion pulmonaire serrée aux deux bases.

Urines : traces d’albumine.

Le 14, épistaxis.

Le 15, pas de selles hier. Céphalée et insomnie, mais toujours pas d’abattement.

Poule dicrote, 96 pulsations.

Poumon : tonjours un peu de congestion à la base droite. À gauche, la congestion s’est condensée en un foyer assez étendu) avec râles sous-crépitants fins, sans souffle ; pas d’expectoration.

Le 17, le malade ne va à la selle qu'avec des lavements.

La congestion pulmonaire diminue.

Insomnie.

Sérodiagnostic extemporané. positif mais très lent ; il n’est bien net qu’au bout de trois ou quatre heures.

Le 19, congestion pulmonaire bien diminuée.

C’est aujourd’hui seulement, que les tubes ensemencés avant-hier et mélangés de sérum, donnent une réaction bien évidente,

ET SQUES

Le 26. La défervescence a commencé le 21; aujJourd’hui, 37°.

Sérodiagnostie extemporané, positif et d’une netteté parfaite au bout de dix minutes.

Le 2 octobre, le malade, apyrétique depuis sept jours, demande à manger, ce qu’on lui accorde.

Le malade, quoique guéri, prolongeant son séjour à l'hôpital, on en profite pour faire à nouveau l’épreuve sérodiagnostique (extemporanée) aux dates suivantes :

10 octobre, soit 10 jours après l’effervescence. 20 — 20 — 1 novembre, 31 —

L'épreuve du ro octobre fut faite avec de la sérosité de vésicatoire ; les deux antres avec le sang de ventouses scarifiées.

Toujours l'épreuve se montre positive, dans le plus bref délai, et avec des caractères d’une netteté indiscutable.

Et voici maintenant les réflexions dont MM.

Thomot et Cavasse font suivre leur cas et que nous ne saurions mieux faire que de reproduire «Résumons à grands traits notre observation: il s'est agi d'une fièvre typhoïde abortive classique (à forme très légère) suivie de deux rechutes légères, fait également classique : soit une fièvre sh en trois phases toutes légères.

« Le diagnostic n’a pu être un es dou-

ne teux. L'agglutination a manqué absolument pendant la première phase; elle s’est dessinée pendant la seconde, mais n’a atteint toute sa netteté, qu'à la 3° ou mieux vers la fin de la 3° et pendant la convalescence où elle a persisté, Imdiscutable, tout le temps que nous avons pu suivrele malade.

« Sid'un fait isolé on peut tirer quelque déduction générale, il nous semble que celui-ei comporte les enseignements suivants :

« La réaction de Widal peut dans certains cas légers être extrêmement lente à se produire, il faut une prolongation d'infection, une atteinte double et triple — qui compense par la longueur, la légèreté de l'infection — pour -permettre au phénomène de l’agglutination de se dégager nettement.

« Si on n’envisage que la première phase de l'histoire de notre malade, celle où la clinique disait typhoïdette certaine et setrouvaiten désaccord avec l'épreuve d’agglutination, — désaccord qui à disparu par la suite, nous l'avons dit — on est porté à dire que peut être a-t-on parfois été audelà de ce qui était permis, en refusant l'étiquette fièvre typhoïde à certaines modalités très légères (du type de l'embarras gastrique) où le sérodiagnostic était négatif. Dans notre observation

il y avait plus qu'embarras gastrique : il v avait

99e typhoïdette àappareil léger, mais complet; et l’agglutination était absente. Le cas n'eût pas manqué, avec la tendance actuelle, d’être embarrassant, il eut été peut-être même contesté si le malade nous avait quitté dès l’apyrexie première, la suite a démontré que c’eût été bien à tort qu'au nom du sérodiagnostic on eût voulu méconnaître les affirmations si nettes de la clinique. On a peutêtre, ily aquelquesannées, tropfacilementannexé les cas d’embarras gastrique à l'infection typhoïdique; au nom du sérodiagnostic, on fait peutêtre aujourd'huidesretranchements tropabsolus. « Il nous à paru que cette observation était de notion à intèresser la Société. Le sérodiagnostic semble maintenant établi par les brillants travaux de M. Widal sur une base solide ; et nous en avons maintes fois nous-mêmes éprouvé la haute valeur. Il ne reste que quelques points de détails à fixer : c’est à quoi tend, dans la mesure où elle est valable, l’histoire de notre malade ». MM. Vilhès et Battle disent avoir obtenu la réaction agglutinante du bacille d'Eberth avec le sérum d’uu paludique. Ces auteurs parlent du procédé extemporané, ils ne disent pas s'ils ont employé aussi le procédé lent. | | M. Catrin (1) a fait connaître deux cas où la

(1) Catrin. Société Méd. des Hôp., 16 octobre 1896.

RE Lee sérosité d’abcès à staphylocoques (2) donnait la . réaction agglutinante avec le bacille d'Eherth.

Telles sont les seules observations cliniques où la réaction agglutinante du bacille d'Eberth d’une part na pas été obtenue (ou obtenue immédiatement) avec le sérum d’une fièvre typhoiïde, d'autre part a été obtenue avec un autre sérum que celui d'une fièvre typhoïde.

C'est bien peu de chose si l’on considère l'énorme somme d'observations confirmatives de la découverte de M. Widal; et si ce sont celles-là que nous nous sommes attaché à mettre en lumière c'est, nous le répétons, que la découverte deM. Widal nous paraît un fait dorénavant établi avec une telle certitude scientifique qu'il ne le faut même plus discuter.

(2) L'auteur apportait un troisième cas de réaction avec le sérum d’un paludique, mais outre que la clarification fut lente et peu nette, le malade de M. Catrin avait eu la fièvre typhoïde cinq ans auparavant.

ns 0e

Page 1