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CHAPITRE V

SÉRODIAGNOSTIC DES INFECTIONS COLIENNES

Nous y insisterons peu, ayantdüû déjà, à propos de la fièvre typhoïde, étudier indirectement beaucoup de ce qui touche au coli.

Nous l’avons vu: en même temps’ que leur :

expérience fondamentale, d’injecter dans le péritoine d’un cobaye du sérumtyphiqueetune culture d'Eberth, étaitune expérience d’immunité, Pfeiffer et Kolle y voyaient la preuve irréfutable, définitive, dela spécificité de l’un et de l’autre microbe. En effet, le bacille d'Eberth était agglutiné, le col ne l'était pas.

Au contraire, avec une culture de coli-bacilles en bouillon, le sérum coli donne ia réaction très intense même à la proportion de 1 0/0.

Pour faire passer ces données de l’expérimentation à la clinique, MM. Wida! (1) et Sicardont

) Widal. Communication faite au Congrès de Nancy, le 6 août 1896. |

recherché cette agglutination du coli-bacille par le sérum de malades atteints d’affections coliennes. Leurs recherches ont porté surune douzaine de cas; ils avaient choisi, parmi les affections où le coliest en cause, l'infection urinaire. Avec le sérum detrois deces urinaires, les amas leur ont paru plus nombreux et plus volumineux qu’à l'ordinaire; et le sérum des autres urinaires ne donna pas de réaction plus nette que le sérum de malades choisis par manière de contrôle : pneumonique, tuberculeux, etc.

De même, disait M. Widal «certains typhiques sont sujets à contracter par leurs plaies intestinales des infections secondaires à coli-bacilles. Il serait intéressant de rechercher d’une facon méthodique si le sérum de tel malade n’acquiert pas des qualitès agglutinatives un peu plus énergiques vis-à-vis du coli-bacille.

Ii est vrai que le sérum typhique a donné à Courmontdes résultats qui, s’ils nesont pas comparables à ceux du sérum coli par l'intensité de la précipitation, sont du moins analogues : il ya précipitation du coli par le sérum typhique.

Courmont a vu encore d’autres sérums pathologiques que le sérum des typhiques (sérum de tuberculose aiguë et aussi de sérum de cheval antidiphtérique), avoir une action coagulante

partielle identique sur le coli-bacille (cultures développées en présence du sérum.)

Le sérum d'un mouton neuf sans action appréciable (à 1 pour 10) sur le bacille d'Eberth a donné avec le bacille co (à la dose de { pour 40) une réaction manifeste quoique bien moins nette que celle que produit le sérum coli. —

Mais il y a plus, le sérum humain, qu'il provienne d’un typhoïdique, d'un individu bien portant ou d'un sujetatteint d’une maladie autre que la fièvre typhoïde, agittoujours sur les coli-bacilles en suspension dans un bouillon (Widal). Laprécipitation de coli-bacille par le sérum humain s’accompagne d'un aspect assez particulier ; entre les amas, des bacilles se disposent en chaînettes.

Rodet explique l’action agglutinante de sérum humain quel qu'il soit, sur le coli par cette hypothèse qu'un sujet normal subit une certaine influence immunisante de la part de son propre

eoli-bacille.

SAONE

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