‹ La Séroréaction et le SérodiagnosticChapitre 21 sur 24 · SÉRODIAGNOSTIC DU CHOLÉRA ASIATIQUE · texte numérisé non relu

SÉRODIAGNOSTIC DU CHOLÉRA ASIATIQUE

Les travaux de Pfeiffer portèrent d’abord, nous l’avons vu, sur l’'immunité du choléra. M. Widal fit la première application de son idée de séro diagnostic à la fièvre typhoïde. L'idée de rechercher chez l’homme le sérodiagnostic dans ce choléra de l'étude de qui était sorti le sérodiagnostie de la fièvre typhoïde se présenta tout d’abord à MM. Achard et Bensaude (1). Ils se procurèrent le Sérum de onze malades atteints du choléra au cours de l'épidémie qui régnait en Egypte. La plupart des échantillons de sang'étaient dans état de conservation parfaite au moment où MM. Achard et Bensaude en prélevèrent le sérum, et si quelques-uns paraissaient un peu altérés, la réaction n'en fut pas-moins nette: on sait de même quun commencement de putréfaction

(1) Achard et Bensaude. Sérodiagnostie du choléra asiatique chez l’homme, Revue médicale, 26 sept. 1896, p. 504.

n'arrête pas la réaction agglutinante pour la fiè- vre typhoïde.

La double technique fut employée, celle du procédé lent à l’étuve et celle de la réaction extemporanée.

Sur les onze cas examinés, l'examen fut positif dix fois. Du seul cas négatif, on ne saurait s’étonner quand on songe aux mauvaises conditions, en somme, dans lesquelles a été faite l'expérience. La plupart des échantillons de sang étaient accompagnés d’un échantillon de selles cholériques, si bien que le diagnostic bactériologique püût être porté en contrôle en même temps que le sérodiagnostic.

La contre-expérimentation a porté sur quinze malades, atteints d’affections diverses, et sur un homme bien portant. La réaction à été négative. Il y a eu seulement avec le sérum de deux malades urémiques formation « d’amas peu nombreux et qui, en somme, n'étaient point comparables à ceux observés avec le sérum des cholériques. » Ce commencement de réaction montre toutefois qu'il faut, comme pour lafièvre typhoïde, ne considérer réaction positive que celles qui sont absolument démonstratives.

Sur les dix cas d’agglutination, celle-ci s’est montrée: deux fois au premier jour de la mala-

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Si le sérum cholérique est sans action, est de moindre action, du moins, sur d’autres microbes que le vibrion cholérique, y a-t-il, au contraire, d’autres sérums qui agglutinent le vibrion cholérique ?

L’expérimentation n'a pas été faite avec des sérums, mais bien, chose non moins intéressante, avec une substance chimique inorganique, la chrysoïdine. s |

Blachstein (1) introduit dans trois centimètres cubes d’eau stérilisée une trace de culture cholérique de 24 heures sur agar: le liquide devient uniformément trouble, lactescent. Si on ajoute alors à ces trois centimètres cubes d’eau stérilisée, chargée de bacilles cholériques, dix gouttes d'une solution de chrysoïdine dans la proportion suivante : solution alcoolique de chrysoïdine à

(1) Blachstein. Münch. med. Wochenschr. 8 et 10 nov. 1896. Nos 44 et 45, page 1067. :

2,0 0/0, 10 centimètres cubes, eau distillée 20 centimètres cubes, on voit, au bout de 10 à 15 minutes, de véritables flocons se former ; et, au bout d’une heure, tous les grumeaux sont précipités au fond de l’éprouvette en même temps qu'est clarifié le liquide. On peut porter à l’étuve à 37°, et la réaction gagne alors, non pas ennetteté, mais en rapidité. Cette action agglutinante de la chrysoïdine sur le vibrion cholérique paraît à M. Blachstein absolumentspécifique ; elle ne se produit pas, en effet, avec d’autres vibrions que le vibrion cholérique, et ellen’est produite sur le vibrion cholérique par aucune autre substance chimique même très voisine de la chrysoïdine.

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