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CHAPITRE VII

SÉRODIAGNOSTIC DE LA DIPTHTÉRIE.

M. Nicolas (1) avait montré en 1895 que le sérum de cheval immunisé contre le bacille de Loffler était doué d’un pouvoir bactéricide indéniable à l'égard de cet agent pathogène « pouvoir bactéricide qui se traduit par l’affaiblissement graduel et la perte de la virulence et de la végétabilité du microbe ensemencé et cultivé en générations successives dans le sérum immunisant, »

M. Nicolas à repris ses expériences au point de vue du phénomène de l agglutination (à.

Dans une première série d’expériences, M. Nicolas ajoute à une culture en bouillon bien développée de bacilles de Loffler, pour un centimètre cube, trois gouttes d’un sérum dont le pouvoir Immunisant est supérieur à 1/50.000€.

(D Nicolas. Comnte rendu de la Société de Bi logie. 5 décembre 1895.

(2) Nicolas. Compte rendu dé la Société de Biologie, 31 juillet 1896, et Lyon Médical, 27 RS 1896.

Au bout d’une heure et demie à deux heures, des grumeaux commencent à se former au sein du liquide, indiquant l’agglomération des bacilles, au bout de quatre à cinq heures, les grumeaux sont tombés assez pour que la partie supérieure de la culture soit éclairée ; et au bout de 18 à 24 heures la Hinpidité de tout le tube est parfaite.

La réaction extemporanée faite avec les mêmes proportions que :pour la fièvre typhoïde « 10 gouttes de culture et 1 goutte de sérum, amèrient l'agglutination en quelques minutes. »

Les expériences de contrôle n’ont pas été négligées et ellesont donné des resultats négatifs, soit avec le procédé lent, soit avec le procédé extemporané.

Dans une seconde série d’expériences , M. Nicolas, avec le procédé lent, a toujours obtenu la réaction agglutinante pour un sérum antidiphtérique, jamais par un sérum normal, en ensemencant un tube de bouillon, en même temps qu'il y ajoute le sérum. Dans quelques cas, il eut bien, à la surface du bouillon, additionné de sérum antidiphtérique, une mince pellicule, mais les grumeaux étaient au fond et le milieu restait limpide.

L'examen microscopique montre, avec le sérum normal, les bacilles de Loffler « avec leur

aspect typique de petits groupes de 4, 5, 6 éléments disposés parallèlement sous des angles variables, » et au contraire avec le sérum antidiphtéritrique, de gros agglomérats de bacilles plus ou moins déformés. |

Et la première conclusion de M. Nicolas est la suivante : le sérum antidiphtérique produit d'une facon extrêmement nette la réaction de Grüber, c’est-à-direle phénomène de l’agglutination, lorsqu'on le fait agir sur des cultures en bouillon de Loffler déjà développées ou en voie de développement. -— Le sérum de cheval normal essayé comparativement ne produit aucun phénomène semblable. La réaction a donc un certain caractère de spécificité.

Si le phénomène est constant, avec le bacille de Loffler, n'existe-t-il pas avec d’autres bacilles ? M. Nicolas à essayé avec le sérum antidiphtéritique l’agglutination du bacille d’Eberth, du bacille pyocyanique et du coli. La réaction a été nulle avec l'Eberth et le pyocyanique. Le coli a donné une légère réaction : quelques grumeaux se sont formés mais ils sont restés en suspension dans le liquide qui ne s’est pas éclaire. :

Sans vouloir faire une assimilation entre deux ordres de phénomènes que tout ce que nous

savons Jusqu'à présent nous montrent assez différents, on peut du moins faire un rapprochement; et nous rappellerons 1c1 que le sérum antidiphtérique n’a pas paru à Cantu (de Pavie) sans action dans le traitement de la pneumonie fibrineuse et de la tuberculose pulmonaire ; en d'autres termes, le sérum antidiphtérique a reconnu dans l’organisme le pneumocoque et le bacille tuberculeux. Au contraire, chez les malades atteints de fièvre typhoide, d’érysipèle, dé rhumatisme articulaire aigu ou de fièvre paludéenne, le sérum antidiphtérique ne s’est montré d'aucune utilité. 2

Rapportons en deux mots à propos de cette séroréaction expérimentale de la diphtérie, les expériences de Schmid et Pflanz (1) sur la pré- sencedes antitoxines diphtériques dans le lait de femme. Il ya là un rapprochement à faire avec l'action antitoxique qu'on reconnaît depuis les recherches de M. Bordet au sérum d'animaux sains. : |

Des cobayes injectés avec du lait de femmeont résisté à une injection de toxine diphtérique qui eût été autrement mortelle.

(1) Schmid et Pflanz, Wine Klin. Wochenschr. 15 oct 1896. n° AG. :

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