CHAPITRE VII
SÉRODIAGNOSTIC D'AUTRES INFECTIONS
Dès la première communication, M. Widal escomptait la possibilité du sérodiagnostic pour d’autres maladies. Nous venons de voircomment le sérodiagnostic a été appliqué avec succès aux affections coliennes, au choléra, expérimentalement à la diphtérie.— Au congrès de Nancy, M. Widal ajoutait avoir essayé sans résultat la méthode agglutinante dans la pneumonie et les infections à streptocoques.
Il nous paraît intéressant de rapporter ici le résultat obtenu par M. Arloing (1) chez des animaux expérimentalement infectés de bacille péripneumonique: « J'avais préparé une génisse dans le but de faire des essais d’immunisation contre la péripneumonie avec du sérum. Cette bête avait recu, dans l’espace de cinq mois, en injectionssous-cutanéesgraduées,800centimètres
(1) Arloing, Lyon médical. 5 juillet, page 339.
1408 | cubes de sérosité pulmonaire empruntée à des lésions péripneumoniques. A la fin, elle supportait très bien 20 centimètres cubes de sérosité donnés en une seule injection. Durant l’expérience, elle a reçu aussi quelques centimètres cubes de cultures de pneumo-bacilles, mais en quantité presque négligeable relativement à celle de la sérosité pulmonaire.
Le sérum sanguin de la dite génisse produit la réaction de MM. Gruber et Durham avec la plus grande netteté sur les émulsions en bouillon et dans l’eau salée à 7 0/0 du pneumobacille. Moins de quinze minutes après le mélange, on saisit le phénomène de l’agglutination ; en moins d’une demi-heure, les grumeaux commencent à tomber au fond du tube de verre ; en une heure etdemie, les deux tiers de la eolonne liquide sont déjà ciarifiés et limpides.
À ce moment, quelques groupes de bacilles se colorent à peine par la thionine. Cette modification s’accuse beaucoup plus avec le temps. Le lendemain, elle coexiste avec la résolution en granulations de beaucoup d'individus.
Bien que le sérum soit recueilli depuis le mois de février, son pouvoir bactéricide est tel qu'il entraîne la réaction à la dose de 10 milligrammes, c’est-à-dire dilué à 1/200°.
Le sérum d’une génisse normale réagit à peine et lentement sur la même émulsion.
«L'action du sérum immunisé ne s'exerce pas sur un microbe autre que le pneumo-bacille retiré par moi d’une lésion coccygienne consécutive à une inoculation willemsienne.
J’aitrouvé un pouvoir bactéricide moins intense dans le sérum d’une vache inoculée depuis six semaines par le procédé Willems et dont la queue offrait un très léger accident consécutif et, à un degré plus élevé, dans lesérum d’une autre vache portant un accident coccygien très développé. »