‹ La Séroréaction et le SérodiagnosticChapitre 8 sur 24 · HOT RE · texte numérisé non relu

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mélange au dixième d’un sérum indifférent montre les bacilles extrêmement mobiles parcourir en divers sens le champ de la préparation (c'est cette mobilité qui sera caractéristique d’une culture saine: la forme du bacille sera très variable ; ici très courte, là très allongée, suivant les échantillons dont on a prélevé une trace pour ensemencer les tubes de bouillon), — lexamen d'une goutte du mélange fait avec le sérum spécifique montrera les microbes précipités en amas, etsi quelques-uns sont isolés encore entre les amas compacts, du moins seront-ils immobiles. C'est l'agrégation des amas, c'est l’immobilisation croissante des bacilles dont on peut suivre les progrès par des examens successifs.

Telleest, en général, laréaction extemporanée. On n'obtient jamais chez l’homme cette réaction rapide comme une réaction chimique, telle M. Widal l’a obtenue en ajoutant à une culture de bacille d'Eberth en pleine activité, vieille de quelques jours une goutte (pour cinq centimètres cubes) de sérum d'âne immunisé.

M. Catrin a indiqué une variante, élégante et précise d'examen extemporané ; on met entre lame et lamellé une goutte de culture typhique, on dépose sur la lame au bord de la lamelle quelques gouttes de sérum et on' porte sous le mi-

crosope. On voit, pendant les premières minutes les bacilles isolés très mobiles. Mais peu à peu le mélange se fait du sérum et de la culture; l’on peut suivre pas à pas les progrès de la réaction ; les bacilles de moins en moins mobiles, et enfin précipités les uns contre les autres en agglomérats.

Examen par réaction lente. — Un second procédé est celui, plus lent, de la mise à l’étuve. A une culture en bouillon de 24 heures, on ajoute deux gouttes de sérum. On porte à l’étuve à 37°. I] sera bon de mettre en même temps à l’étuve une culture demême âge sans addition de sérum et qui servira de témoin. Examinons nos tubes au bout de 24heures. Notre bouillon témoin est trou- : ble ; examiné par transparence, 1l a un aspect flaconneux, moiré, caractéristique. Et au contraire le bouillon auquel nous avons ajouté deux gouttes de sérum, est redevenu parfaitement clair, tandis qu’au fond de l’éprouvette un précipité grumeleux s’est déposé. Les aspects comparés peuvent toujours n'être pas aussi nets. Mais si on agite les deux tubes, on voit bien que le tube avec sérum ne se trouble pas uniformément comme est trouble l’autre tube, mais au contraire que les grumeaux y tourbillonnent pour, bientôt pes retomber au fond:

RES NNRS

On peut varier la technique de ce dernier procédé. On peut, par exemple, à la fois ensemencer du bacille d'Eberth et mettre deux gouttes du sérum dans un tube de bouillon pur: et, germanten présence du sérum les bacilles au fur et à mesure que les produits seront agglutinés et précipités. Cette technique sur laquelle ont insisté MM. Nicolle et Halipré (1) avait été indiquée déjà par M. Widal. MM. Nicolle et Halipré () se servent maintenant d’un bouillon phéniqué. L'acide phénique n’arrête pas le développement du bacille typhique, tandis qu'il s’oppose absolument au développement de tout autre micro-organisme qu'une faute de propreté eut introduit avec le sérum. Mais M. Widal, après avoir, au début, pratiqué de préférence le procédé l’a bientôt considéré comme plus difficile et moins certain que le procédé extemporané. Jamais en tout cas l'examen macroscopique du tube et l’aspect grumeleux que nous avons décrit ne doit être tenu pour suffi-

(1) Nicolle et Halipré. Sérodiagnostic de la fièvre thyphoïde. Normandie Médicale, 15 juillet 1896 et Presse Médicale, 29 juillet 1896. ;

- (2) Nicolle et Halipré. Le sérodiagnostic de la fièvre typhoïde. Normandie Méd. 1e décembre 1896.

sant; et toujours l'examen microscopique doit venir confirmer l’examen macroscopique,

Prise de sang. — Pour l'examen extemporané, le sang est pris par piqûre au doigt. Cette technique est inacceptable quand on doit pratiquer le procédé lent: le sérum, en effet, dans ce dernier procédé est mis à l’étuve et il ne faut pas qu'un germe apporté par le sérum se développe dans le bouillon en même temps que le bacille typhique et masque sa réaction. Or, on sait la difficulté, pour ne pas dire limpossibilité d’avoir un sérum propre par piqûre au doigt.

On prendra le sang dansla veine avec la seringue de Straus. Il est inutile d'insister sur cette manæuvre aujourd hui familière à tous, de rappeler comment la veine du coude étant rendue saillante par une ligature faite au bras, la peau ayant été soigneusement lavée. On ne se servira comme antiseptique que de solution phéniquée, ce sont les seules qui ne tuent pas le bacille typhique. La seringue (d’abord portée à l’autoilave) est introduite dans la veine, l'aiguille présentant son orifice au sens du courantsanguin.

M. Bensaude a simplifié encore cette technique : ilintroduisit dans la veine l'aiguille (en n'importe quel sens) et il adapte à l’aiguille un tube de caoutchouc bouilli qui, long de 20 ou 30 centi-

M — mètres verse au fond de l’éprouvette propre, le sang en gouttes serrées. :

Nous avons vu notre maître M. Thoinot se servir d'une simple ventouse dont le dispositifspécial épargne au malade l’appréhension et parfois la douleur de la piqûre veineuse et qui offre les mêmes garanties d'asepsie, C’est une ventouse de petit diamètre surmontée d’une tige effilée en pipette. La ventouse estappliquée stérilisée. Quand le sang est venu en quantité suffisante, on brise l'extrême pointe de la tige : on a eu soin d’abord de l’'encapuchonner d'un peu de ouate, si bien que l'air filtre pour entrer dans la ventouse. On brise ensuite la tige au ras de la ventouse, et, par cette ouverture plus large, on miroduit une pipette où on aspire à loisir.

MM. Nicolle et Halipré (1) proposent comme le plus pratique le procédé suivant: laver le doigt du malade à l’eau savonneuse, puis avec une solution phéniquée si c’est possible; ensuite verser un peu de collodion liquide sur le doigt de facon à recouvrir au moins la surface de la troisième phalange. Quand le collodion sera séché, faire d’un coup sec avec la lancette flambée une

(1) Nicolle et Halipré. Le sérodiagnostie de la fièvre typhoïde. Normandie Médicale, 1er décembre 1896.

— Je

piqûre au milieu de la pulpe du doigt; pour faciter l'écoulement du sang masser légèrement le doigt, de la racine vers l'extrémité. Recueillir le sang dans un tube de verre d’abord préparé. C’est dans le tube de verre (bouché de son bouchon de ouate stérilisée) qu’on laissera la séparation se faire du caillot et du sérum. Ce sérum on l’aspirera ensuite dans une pipette qu'on pourra fermer aux deux bouts à la flamme : et, le sérum, stérile, peut être ainsi conservé et expédié au laboratoire. |

Enfin un procédé très élémentaire, mais aussi très imparfait, c’est de recueillir du sang dans du papier stérile, de le laisser sécher, et de le délayer plus tard dans un peu d’eau pour faire la préparation. C’est le procédé qu'a indiqué aux médecins canadiens le Conseil d'hygiène de la province de Québec pour l'enquête qu'il a ouverte dans le but de se prononcer sur le degré d'efficacité de la méthode et de se rendre compte des services qu'elle peut rendre à l’hygiène publique. Voici quelques passages de la circulaire adressée par le Conseil écrite en anglais et en français. (1)

(1) L'enquête canadienne sur le sérodiagnostic. PrePee

Médicale, 24 octobre 1896.

Se te

«€ Widal et Sicard ont observé que le sérum et le sang peuvent, après avoir séché, produire la même réaction, mais ils ne signalent cependant aucune application pratique de cette observation. M. Wyatt Johnston, le bactériologiste de notre Conseil, a démontré depuis que le liquide obtenu en dissolvant dans l’eau une goutte de sang séchée donne une réaction également prompte et satisfaisante, même si le sang avait été coagulé pour plusieurs jours. Cette simplification de la technique la rend d'application beaucoup plus facile pour un service gratuit de diagnostic par un laboratoire public, — service analogue à celui qui est établi pour le diagnostic de la diphtérie — attendu qu'une goutte de sang peut, une fois qu'elle est séchée, être transmise plus commodément au laboratoire pour y être examinée.

« C’est ainsi que pendant qu'il assistait au Congrès d'hygiène, tenu récemment à Buffalo, le bactériologiste du conseil a pu indiquer après examen de gouttes de sang séchées qu'on lui avait transmises de Montréal, celles qui provenaient de typhoïsants de celles qui n’en provenaient pas.

Ef6 . Me

« Lorsque le premier examen 4 donñé ün résultat négatif, où nous obligera eñ transmettant un échantillon recueilli de la même manièré qüe le premief. et, en plus, un échantillon de sang recueilli, cétte fois dans un tube de verre qui sera fourni sûr demande spéciale adressée aux dépôts.

« Relativemérit à l'effet que peut avoir le séchage du sang sur le résultat bactériologique, nous devons dirè que malgré qu'il puisse se faire qu'il ne permette pas une réäction aussi délicate, il a le grand aväñtage d’obvier à une source sérieuse d'erreur — là coñitamination dé l’échanitillon par lé développement des bactéries de la püutréfaction. Ceci est un point très impoftant, quand il s’agit de transmission à longue distahce: » (1)

(1) Messieurs Wyat Johnston et Taggart consignent dans le British Médicat Journal du 5 décembre, les résultats complets dé cette enquête canadienne. Le compte-rendu français en paraîtra dans la Presse Médicale dü 19 décembre. Le sujet nous paraît trop important, tant à cause du grand nombre de cas sur lesquels a porté l’enquête, que sur les circonstances un peu particulières dans lesquelles elle s’est poursuivie, les résultals qu’elle à donné et les réflexions qu'elle suggère à Messieurs Wyat Johnston et Taggard pour que nous ne donnions pas ici les notes de Monsieur Cavasse. —- Le lecteur voudra bien rapporter lui-même à chaque cha-

en

Tel estle sérodiagnostie dé là fièvre typhoïde comme M. Widal l’apportait à la Société Médicale des Hôpitaux.

pitre ce qui lui appartient; nous n’avons pu le faire, pris par les nécessités d’un tirage que nous eussions voulu retarder de jour en jour à mesure que paraissait un document nouveau.

.. © La dessication du sang n’a pas empêché la réaction et combien ce procédé est commode surtout lorsqu'il s’agit d’expédier un échantillon à longue distance. Plusieurs échantillons ont été aussi expédiés en bon port, par la diligence de 500 à 700 milles. C’est seulement dans les cas où la réaction était négative, bien que le diagnostic typhoïde fut très probable, qu’on demandait un second échantillon de sang, liquide celui-là et enfermé dans un tube de verre.

Ce sont ces considérations de facilité de transport qui avaient seules déterminés les Conseïls d'hygiène de la province de Québec à utiliser le sang desséché : et on s’attendait bien à en obtenir des réactions moins délicates qu'avec le sérum frais.

Le Nous nous attendions à ce que le sang sec donnât une réaction moins nette que le sérum frais : et si une réaction positive imposait la conviction dans un cas comme dans l’autre, une réaction négative par contre n’eût pas été absolument probante. D'un autre côté, un échantillon liquide aurait bien plus de chance de s’infecter pendant le transport, devant enlever ainsi à la réaction de sa netteté; puis, quelques-uns des échantillons liquides nous sont arrivés dans un état de décomposition qui à rendu difficile l’examen :ilest vrai que nous avons quelquefois pu, en chauffant l'échantillon, à 65 degrés centigrades, détruire les i-

LD M. le professeur Dieulafoy (1) apprécie ainsi cette communication : « M. Widal nous indique

croorganismes qui étaient venus se méler secondairement aux bacilles d’Eberth et obtenir ainsi la réaction (et nous pouvons en conclure que ni la décomposition ni une chaleur de 650 ne détruisent la substance agglutinante spécifique).

En vue d'obtenir une réaction plus délicate avec un sérum frais, nous avons, toutes les fois où cela fut possible, demandé un second envoi; pour un second examen, d’un échantillon double : sang sec et sang liquide. A notre grande surprise, quand le sérodiagnostic du sang sec avait été négatif, négatif aussi était le sérodiagnostic du sérum liquide ; et quand, à un examen postérieur le sérum hquide était positif, positif aussi était le sérodiagnostic du sang sec contemporain.

…. QI est évident que beaucoup de nos échantillons ont été prélevés par des personnes nullement au courant des précautions que prend le bactériologiste dans son laboratoire. Cest ainsi, par exemple, que nous n’avions pas dans nos instructions recommandé la désinfection préalable de la peau craignant que du liquide antiseptique ne fût mélangé au sang et ainsi la réaction empéchée.

Nous avons trouvé dans 90 pour 100 des cas que le sérodiagnostic avec le sang sec est parfaitement probant dès le premier examen ; et ce n’est que dans les cas (10 pour 100) où cette première épreuve était négative que nous avions recours à une seconde épreuve avec sérum liquide. =

Apparition de la réaction. — En ajoutant une goutte

(1) Dieulafoy. Sur le sérodiagnostic de la fièvre typhoïde. Bull. Acad, de Méd. Paris 1896,3 S. XXXVI, 7-12,

— ki — le moyen de faire en quelques instants d’une facon précise indiscutable, à la portée de tous le dia-

d'eau stérilisée à la goutte de sang typhique desséché, la solution est complète en une minute ou deux ; on la porte alors dans le bouillon de culture. Pour que le mouvement des bacilles s'arrête et que les grumeaux se forment, il suffit en général de quelques minutes ; mais quelquefois aussi il y faut 3 ou 4 heures et même 24 heures. Par contre les bacilles peuvent perdre leur mobilité instantanément : maïs comme c'est une -circonstance qui retarde la formation des grumeaux bien plutôt qu’elle ne la favorise, on fera avec un second échantillon une seconde dilution. La règle est qu'une réaction lente donne un plus beau précipité qu’une réaction rapide. |

Dans un-petit nombre de cas où la réaction est atypique, un certain ombre de bacilles conservent leur mobilité méme après plusieurs heures. Nous avons constaté cette réaction incomplète : 1° dans les cas où l'échantillon était prélévé au début ; 2° sur des échantillons d’une période avancée de la convalescence ; 3° dans les rechutes ; 40 dans les cas très benins. La perte graduelle et progressive de la mobilité, la formation d’agglomérats très nets s’ils sont peu nombreux sont des caractères qui suftisent à distinguer sans grande difficulté c2s cas de réaction incomplète de la réaction que donne un sérum normal concentré sur une culture typhique : c’est-à-dire arrêt brusque de la mobilité, mais réapparition rapide et même augmentation de cette mobilité. Bien que l’asepsie du liquide ne soit pas nécessaire si la réaction doit se produire en quelques heures, il vaut mieux 8e garder, autant que possible, d’une infection secondaire. Aussi, stérilisons-nous notre papier en l’exposant d’abord

gnostié parfois si difficile, quelquefois même 1mpossible de la fièvre typhoïde. »

« Qui de nous, en effet, soit dans la carrière hospitalière, soit auprès des malades confiés en ville à nos soins, qui de nous ne s’est trouvé plusieurs fois en face de ces situations pémibles, graves, mais qu'il nous fallait fatalement subir, situation qui nous mettait en présence d’un ma-

au gaz aldéhyde formique et ensuite aux vapeurs d’ammoniaque : c’est la méthode qu’emploie heureusement Kinyoun pour la stérilisation des livres.

I1 est essentiel que la goutte de sang soit épaisse pour former une petite croûte sur le papier : une trace à peine sensible ne suffirait pas à faire une solution assez forte. En passant le papier au-dessus de la flamme, on stérilise en quelques instants.

Si on à quelque raison de suspecter l’impaludisme:; on nous envoie en même temps un échantillon liquide de sang où nous pouvons faire la recherche de l’hématozoaire:

Une pipette remplie de culture typhique ; une autre remplie d’éau stérilisée, c’est assez pour tous les examens qu’on peut faire dans une journée : une vingtaine en moyenne.

Résultats. — Le tableau suivant expose les résultats pour 143 cas examinés par nous et qui nous ont été présentés comme des cas typiques ou douteux de fièvre typhoide. Nous négligeons 8 cas où l’échantillon de satig par non observation des prescriptions recommandées nous est arrivé dans un état impropre à l’examen. Nous n’avons fait aucun triage dans nos cas. Et nous affirmons avoir pratiqué le sérodiagnostic absolument ignorants des détails de la mMala-

7 — 1h — lade atteint d’une affection d'apparence typhoïde alors qu'il nous étaitimpossible d'affirmer que la

die et de tout ce que nous ne nous apprenait pas le seul sérodiagnostic :

Cas décisifs au premier examen. . . . . 118 (Réaction complète, 112. Réaction partielle, 6 (de ces derniers 3 avant le troisième jour).

Cas douteux au premier examen, décisifs UMSECONAT RTE VE! 5

(dont 4 avaient été examinés d’abord avant le ‘sixième jour).

Total des cas positifs. . . . 128 Résultats négatifs décisifs. . . . . . . . 14

(L'histoire clinique a montré qu’il ne s'agissait

pas de typhoïde, mais bien de méningite, dé

malaria, de pneumonie, de constipation, etc.). Cas douteux

Typhoïdette ; sérodiagnostic pendant la con-

NAID SCENE OU AT een ve TR 3 Premier examen négatif ; histoire clinique de fièvre typhoïde: pas de second examen. . 2

Fièvre grave d’aspect typhoïde ; résultant négatif avec la méthode de Widal aussi bien qu'avec le sang sec examiné à trois époques

diflérenies en. ., pe 4 Total des cas négatifs en cas de typhoïde

DOS iDlé nn ut, pee 6

Total général des cas examinés. . . . . 143

..… Dans trois cas, la réaction incomplète mentionnée plus haut a été obtenue au bout de 48 heures de maladie.

CARE Epices maladie en question était la fièvre typhoïde ou ne l'était pas. »

Sans doute est-il difficile de fixer exactement le début de la fièvre typhoïde, mais dans un cas, le thermomètre a montré l’absence de fièvre 48 heures avant que le sang ne don-

nât la réaction. La maladie se déroula ensuite, avec sa température et sa réaction classiques.

.…… Réaction avec le sang de cheval, ete. — Les auteurs confirment la proprosition de Bordet que le sang du cheval produit souvent des grumeaux et un précipité dans une culture d’Eberth. Ils n’auraient pu en distinguer l’effet, de l’effet d’un sérum typhique, n’était que le sérum de cheval produit une pareille agglutination sur une culture de coli, tandis que le sérum typhique ne produit aucune action sur celte même culture (il y a peut-être là une application thérapeutique à faire du sérum de cheval aux infections coliennes).

La seule application médico-légale que les auteurs aient eu à faire de la réaction, a été de donner un témoignage dans un procès où la question était de savoir si un homme avait été vraiment empoisonné. Cet homme avait eu la fièvre typhoïde, mais elle avait échappé à son médecin. On peut imaginer des cas où la séroréaction pratiquée sur une tache

de sang sera d’un grand secours.

La Séroréaction comme moyen d'isolement du bacille

typhique des matières fécales, de l'eau, ele. -: Messieurs Johnston et Taggart ont d’abord fait des expériences sur la séroréaction d’une culture contenant à la fois du bacille d’Eberth et du coli; les résultats ont été encourageants. Sans entrer dans les détails de leur technique, ils disent avoir obtenu par addition de sérum typhique à des selles de typhiques, un précipité diffus particulier en même temps que l’éclaircissement de la partie supérieu e du liquide, On

NT

« On peut entrevoir déjà tous les services que va rendre cette méthode de sérodiagnostie, suivant l'heureuse dénomination par M. Widal.

« Nous allons savoir maintenant ce qu’il faut penser de ces fièvres tour à tour appelées fièvre synoque, fièvre gastrique, fièvresaisonnière, fièvre

peut généralement distinguer, à l’aide de bouillon de quelques heures seulement, les selles typhiques de selles nor-. males. Cela paraît dépendre en grande partie de la composition et de la réaction du milieu : avec certains bouillons en eflet, ils n’ont pas pu obtenir cette réaction grossière, et ils ne savent pas encore la provoquer avec certitude.

Les auteurs terminent en disant que si c’est à Pfeiffer qu’appartient l1 priorité de la description de la réaction; c’est Widal qui en a fait le premier avec méthode de diagnostic simple et précise ».

Conclusions : 1° L’emploi de sangsec pour le sérodiagnostic a donné de bons résultats.

29 On a vu une réaction incomplète à la fin du second jour.

3° La réaction complète est rarement attendue plus tard que le cinquième jour.

4o Le sang typhique desséché donne encore la réaction après 60- jours ; on pourra donc se servir de la séroréaction en médecine légale. |

5° La séroréaction du choléra a été obtenue avec du sang desséché.

6° La fréaction expérimentale peut apparaître après une seule injection de typhoïde ou de choléra.

° On comprend la possibilité de séparer le bacille typhique après l’avoir précipité par la séroréaction, des cultures, des matières fécales, de l’eau, etc.

muqueuse, typhoïdette, autant de maladies fébriles, infectieuses qui, suivant les doctrines du moment, allaient grossir ou alléger le bilan de la fièvre typhoïde.

« Nous pourrons distinguer maintenant ces grippes infectieuses revêtant les allures de la fièvre typhoïde et présentant parfois un diagnostic insurmontable dont l'erreur n’est révélée qu'à l’autopsie.

€ Nous allons savoir maintenant ce qu'il faut penser du pneumo-typhus, ce sujet perpétuel de discussion, et nous pourrons savoir, d’une façon indéniable, les cas dans lesquels la fièvre typhoïde . semble se localiser sur un poumon typhique, et les cas dans lesquels une pneumonie revêt une allure typhoïde, sans avoir rien de commun avec l'infection éberthienne.

« Nous allons savoir maintenant s'ils sont atteints de fièvre typhoïde, maladie curable, ou s'ils sont atteints d'endocardites à forme typhoïde, ces malades qui se présentent à nous avec les symptômes d’une fièvre typhoïde et un souffle cardiaque si souvent insuffisant à nous renseigner.

« Nous allons savoir maintenant s'ils sont atteints de granulie à forme typhoïde, ou s'ils sont atteints de fièvre typhoïde, ces malades auxquels

= y = je faisais allusion au début de cette communication.

« Il est permis de supposer que nous saurons également ce qu’il faut penser du typhus ambulatorius, du typhus levissimus et du typhus aborüf, qui prendront d'une facon précise leur place dans le cadre nosologique. |

«Nousn aurons plus d'hésitation, à l’avenir, en face de ces cas si difficiles, fort étudiés autrefois par Fritz, où l’on se demandait avec anxiété s’il s'agissait de méningite, de typhus cérébro-spingl, ou d'une fièvre typhoïde à allure méningitique. Nous allons savoir, enfin, s'ils sont atteints d’infection palustre à forme typhique, ou de fièvre typhoïde : nos soldats dont l’histoire à été si merveilleusement décrite depuis Maillot,par nos médecins de la marine etde l’armée. C’est aujourd'hui que les discussions sur lPhybridité-typhopalustre trouveront des arguments puissants.

« Elle est dune complètement rétablie, dans sa clarté éblouissante, cette spécificité de la fièvre typhoïde, œuvre de l'École Française, que nos grands maîtres, Bretonneau et Trousseau, nous avaient enseignée et nous avaient léguée. »

ULB

L'expérience a-t-elle réalisé les brillantes espérances conçues par tous etexprimées par M. Dieulafoy sur la valeur du sérodiagnostic de la fièvre typhoïde, c’est ce qui nous reste à examiner, Nous aurons à considérer en même temps, nous le répétons, le point de pratique et le point doctrinal.

Ce serait bien en effet une sécurité parfaite pour l’esprit du médecin que d’avoir un critérium absolu de la fièvre typhoïde. Nous nous souvenons par exemple avoir observé au commencement de cette année dans le service de notre maitre M. le professeur Proust, une petite fille chez qui le diagnostic fièvre typhoïde fut d’abord porté et devait être porté; puis trois jours après, et les symptômes se modifiant, le diagnostic d’appendicite. La petite fille a guéri, guéri presque sans traitement : ce n’est done pas aü point de vue immédiat que le sérodiagnostic nous eut ici Ser vi.

Mais que cette petite fille ait fait une fièvre typhoïde légère, qu’elle ait eu au contraire une poussée d’appendicite, quelle différence de pronostic éloigné. Si elle a fait une fièvre typhoide,

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la voici guérie sans rien plus garder de $a typhoïde que les inévitables séquelles de toute infection, si elle a fait au contraire une attaque appendiculaire, ilest bien probable qu'elle en fera une nouvelle; la première a été bénigne; une seconde peut la tuer.

Ogsservarion [ (Personnelle).

P..., Henriette, 15 ans, fleuriste, entre à l’'Hôtel-Dieu, service de M..le professeur Proust, le 22 février 1896, salle sainte Madeleine, lit n° 29.

À. H. — Rien à noter. tune

A. P. — Non réglée. Il ÿ a un an, forte grippe.

Ï y a huit jours, céphalée violente, frissons, inappétence, insomnie. Tous ces accidents assez brusques. Le lendemain, douleurs dans le ventre, tendance à la constipation. Depuis ce jour, la malade mouche et crache du sang. Sueurs abondantes pendant la nuit.

Entre à l'hôpital présentant les mêmes symptômes. Le premier jour, violents maux de tête, malaise général. Température 40°, face très colorée, langue blanche et rouge vif à l'extrémité.

Cœur et poumon, rien.

Pas de taches rosées.

Tout le ventre, ballonné, est douloureux, mais la douleur est plus vive à l’hypocondre droit. Il existe du gargouillement de ce côté. |

\ a . . , 4 Le Le 25, ces phénomènes ont diminué, la température se rapproche de la normale. Il y a toujours tendance à

la constipation.

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En examinant l’hypocondre droit, on s'assure que la douleur n’est pas généralisée, mais bien limitée, en un point (milieu de ligne reliant ombilie à épine antérosupérieure), le point de Mac Burney. :

-Après avoir pensé à une fièvre typhoïde (datant plus qu'un habitant de la même maison est en ce. moment à l'hôpital pour typhoide), on conclut à une appendicite,

On ne sent d’ailleurs, ni au point douloureux ni au-

tour, aucun empâtement; la paroi n’y est pas tendue.

RQ RC Diète lactée et purgatif (huile de ricin à doses successives).

De jour en jour, la douleur adiminué, et le 1°r mars a absolument disparu. Selles rétablies. Commence à manger.

Le 11 mars, part au Vésinet,

Ou encore c’est l'observation suivante, que nous empruntons à Josué et Clerc (1).

OgservarTioN II

F..., âgé de 23 ans, entre le 21 juillet, salle Cruveilher, n° 2, dans le service de M. le D' Oulmont.

A. H. — Père et mère bien portants. Un frère mort de bronchite. |

À. P. — Le malade a eu dans son enfance une coxalgie ayant abouti à l’ankylose de la hanche ‘droite. Il tousse de plus tous les hivers.

Le malade se plaintde palpitations depuis huit ans. Il ne se souvient pas avoir eu de maladies infec- tieuses, pas de fièvre typhoïde ; peut-être, cependant, a-t-il été atteint de rougeole.

Etat du sujet à son entrée à l'hôpital. — L'état général est mauvais ; le faciès anxieux, très adyna-

ne) Josué et Clerc. — Bulletin Socièté anatomique, fac. XVIIE, 1896. Fièvre typhoïde. Sérodiagnostic. Autopsie,

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