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Un examen attentif du sérum de Meyer-Bergell à l'Académie Militaire Frédéric-Guillaume (Berlin), se terminait même en avril 1909, par des conclusions pessimistes au sujet de la sérothérapie en général. Cependant, la même année, Hewlett, puis Goodall, en Angleterre, publient 35 cas de typhoïde grave, améliorée. En octobre, à Laibach, Kraus et Stenitzer essaient, à l’occasion d’une épidémie, leur sérum obtenu par injection intraveineuse de cultures chez des chèvres. Contrairement à Chantemesse, ils procèdent par doses massives (30 centim. cubes) et obtiennent d'assez nets résultats dans 70 0/5 des cas. Alfonso Montelusco, employant à Naples le sérum «antiendotoxique », sur lequel Besredka attirait l'attention dès 1906, améliore 7 cas très graves. Dernièrement (1910), ont été publiés en France les résaltats intéressants obtenus à Lyon et à Montpellier par le sérum « antiendoexotoxique » de Rodet. La mortalité, pour les 60 cas publiés, ne dépassait pas 7 0/0. On continue à expérimenter ce sérum dont les premiers insuecès étaient dûs pour beaucoup à de fausses dothiénentéries (F. de Malte).
Toxine typhique
La dothiénentérie est comme toutes les maladies infectieuses, une infection et une intoxication. Mais ce dernier processus ainsi que le fait prévoir -— par analogie avec d’autres états toxiques — le simple aspect d’un malade plongé dans son «rü905 », l'emporte infiniment.
Il convient donc d'étudier d’abord la « toxine » typhique. Mais y a-t-il une ou des toxines typhiques ? Sont-ce des alcaloïdes, des toxalbumines, des lipoïdes, etc...? des poisons à incubation ou à action immédiate ? des produits intra ou extraprotoplasmiques ? des corps à toxicité générale (holotoxines) ou à toxicité locale (mérotoxines). Tous ces points et d’autres concernant la toxicologie typhique, ont fait l’objet d’études innombrables dont nous ne donnerons qu’un brel aperçu. | Brieger extrait en 1885, de vieilles cultures, une ptomaïne très toxique qu'il appelle « typhotoxine » ; son chlorydrate en solution, précipitait par l'acide phospho-molybdique et le cobaye qui en recevait 1 2 centim. cube sous-eutané, mourait en 12 heures. Puis Frænkel et Brieger isolent, par la dialyse, des bouil-
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lons concentrés par le vide, une toxalbumine moins toxique. Sanarelli, en 1894, note la précipitation par les alcalins d’une toxine inconnue. Mais on reconnait vite que ces corps, soi-disant isolés, sont des impuretés ptomaïniques et, si l’on excepte la € typholysine » authentiquement isolée en 1901 par E. et P. Lévy, on ne sait encore rien de précis sur la nature chimique des poisons typhiques.
Les auteurs ont dirigé leurs recherches plutôt sur les propriétés des cultures liquides tuées ou filtrées. Mais presque dès le début ils se sont heurtés à la question — non encore résolue — de l’origine de la toxine. Deux théories surtout sont depuis longtemps en présence. Celle de l’endotoxine, celle de lexotoxine.
Endotoxine. — C’est Pleifler, en 1892, puis Kolle (1896), qui rattachèrent les premiers la toxine typhique à ce groupe de toxines intraprotoplasmiques non diffusibles, dans lequel on fit entrer plus tard les tuberculines, la mallerne (Kalning) et les différents vaccins, extraits du corps du bacille de la peste (Haffkine- Terni).
La toxicité du bacille d'Eberth est due à son endotoxine propre, tel est le fait brutal qui dérouta longtemps les chercheurs. Il était inutile, en effet, contre une toxine inattaquable de chercher un sérum s'altaquant aux bacilles (bactériolyse par exemple), puisque c'était mettre ainsi en liberté (in Freiheit Setzen) l’endotoxine. (In Bacillenleibern enthaltende Gift). Wall
semblait confirmer ces vues, en 1904, en concluant de ses longues expériences.
1° L’endotoxine thyphique liée aux corps microbiens ne peut être mise en liberté que par désagrégation.
2° À l'encontre des toxines ordinaires, elle ne peut donner naissance à des anticorps et ne fait apparaitre chez les immunisés que des bactériolysines.
3° La recherche d’un serum antiendotoxique n'aboutira
à rien (Zwecklos).
Cependant, Conradi, en 1903, avait obtenu par autolysat d’une culture devingt heures filtrée, puis évaporée dans le vide, un liquide réduit au 1/50° qui renfermait une toxine soluble ; deux centimètres cubes tuaient en vingt-quatre heures un cobaye de 300 grammes. Brieger et Mayer la même année, avaient tué des cultures par un mois d’étuve à 37 degrés, filtré, recueilli les corps microbiens et laissé autolyser deux heures à l’étuve. Ils obtenaient un liquide jaune qu'ils centrifugeaient et injectaient. Le résultat fut assez curieux en ce sens que le sérum obtenu n’était nt antitoxique, ni bactéricide, mais simplement agglutinant.
Mac Fadyen et Rowland (1903) congèlaient des microbes (—190 degrés) par l’air liquide puis les trituraient à basse température. Ils reprenaient par l’eau physiologique et centrifugeaient : toxine très virulente, sérum fortement actif (1 centimètre cube pour 500 doses mortelles). Balthazard la même année confirmait aussi par ses travaux la théorie de l’endotoxine.
En 1905-1906 Besredka étudiant les endotoxines
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solubles, typhique, pesteuse, et dysentérique emploie la technique suivante : jeunes cultures délayées dans l’éau physiologique à 75 0/0 chauflées à 60 degrés pendant une heure, desséchées dans le vide ; Î gramme de microbes secs est ensuite mélangé avec du Nacl sec, puis trituré dans un mortier. Sans se démunir du pilon on verse dans le mortier goutte à goutte L à 2 centimètres cubes d’eau distillée qui imbibe rapidement la pâte microbienne. On transvase dans un tube à essai pour ramener la concentration à celle de l’eau physiologique. Les corps microbiens se déposent lentement. Le lendemain on porte le tube au bain-marie à 60 — 62 degrés pendant deux heures. Sortis de là les bacilles sont fortement agglutinés. Douze heures de repos. Au-dessus se forme une couche de liquide ne contenant plus de bacilles Ce liquide opalescent content un nuage pulvérulent prenant mal les couleurs, rappelant les précipités sériques et devenant d’autant plus transparent qu'on élève la température. C'était l’endotoxine en solution. Sa toxicité fut reconnue extrêmement forte : À centimètre cube d’une solution salée au 1/30° injecté dans le péritoine d’un cobaye tuait celui-ci en trois heures. 1/8° de centimètre cube tuait un rat de 50 grammes en deux heures. Une heure de chauffage à 127 degrés ne diminuait pas cette toxicité (thermostabilité). Quinze heures à 57 degrés ne la détruisaient pas encore entièrement. Besredka, d'autre part, immunisa (injections intrav.) par cultures tuées à 60 degrés et par cultures vivantes. Le cheval réagissait fortement et Tl'immunisation fut longue mais, après deux ans, son sérum
possédait « en plus des propriétés communes à tous les sérums » celle de neutraliser l’endotoxine solide ou liquide, bacilles secs ou dilués. Douze doses mortelles d’endotoxine liquide, très virulente, mais impressionnée par deux centimètres cubes de sérum pouvaient être injectées impunément. Les résultats expérimentaux correspondaient à ces données et, contrairement à ce qu'avançait Wolff, on pouvait affirmer :
1° Que l’endotoxine peut être mise en liberté, même sans désagrégation proprement dite.
2° Qu'elle donne naissance à des anticorps.
3° Qu'on peut obtenir un serum antiendotoxique. Turro, Oskar Bal, Meyer et Bergell, Sleewyck, Schwarz, etc, confirmaient ces vues.
Exotoxine. — Cependant, un grand nombre de chercheurs n'avait pas abandonné l'hypothèse d’une exotoxine soluble. Lyonnet, Mérieux, Carré (1897), puis Bokenham (1898) qui avaient obtenu par filtration de cultures vivantes un produit toxique mais faiblement immunisant, précédèrent par leurs publications originales la communication célèbre de Chantemesse au congrès de Madrid. La nouvelle toxine soluble était obtenue en ensemençant un bouillon Louis Martin, en large flacon, par un échantillon frais et très virulent. Après 6 jours, par filtration sur porcelaine, on obtenait une sécrétion maxima de toxine qui diminuait rapidement mais qui permit les essais d’immunisation. Vers la même époque, Rodet et ses élèves (Aly. Wahby,
Lagrifoul (1898-1904) tout en reconnaissant l'extrème difliculté de la production, établirent nettement sa possibilité. Avec une large aération, un bouillon très étalé, les cultures ne tardent pas à pulluler et donnent
des liltrats toxiques (maximum le troisième jour) qui,
bien préparés tuent le cobaye à la dose de 4/100 du poids du sujet (péritoine), de 1/100 (veine). « Cette toxieité est faible, il est vrai, mais elle est plus grande que celle des corps bacillaires pris dans les mêmes condi-
tions, séparés par filtration, tués par le thymol et =
provenant de la même quantité de cultures, par rapport au poids du sujet ; l'endotoxine n'est done pas retenue solidement par eux tant qu'ils sont vivants. La diflusion n'est pas un phénomène cadavérique, c'est un acte vital, une sécrétion ». En 1904, Monsieur et Madame Werner, au laboratoire de Metchnikof, étudiant la toxine typhique provenant par filtration de cultures jeunes, en milieux peplonisés, établissent que :
a) Le b. d'Eberth a besoin de milieux riches en ©, mais, d'autre part, l'O agit très vite sur la toxine qui, oxydée, perd toute activité et cette dernière action prédomine.
ë) Mème à l'abri de l'air, la toxine est très instable.
c) La chaleur est sans grande action sur elle,
d) Des auto-toxines (vieilles cultures) entravent la toxinogenèse.
Les beaux résultats expérimentaux de Lagrifoul (1900), établissaient déjà, du reste, la possibilité de
limmunisation par l’exotoxine typhique. Le bacille diphtérique sécrète lui-même peu et difficilement quand il est dans les conditions dysgénésiques habituelles (Handt-Aronson). Sur cultures en surface, après une longue suite d'essais, Aronson parvenait, en 1907, à Strasbourg (Lévy), à obtenir une toxine filtrée, dont 2 centim. cubes tuaient en 4 heures des cobayes de 1000 grammes. Cette toxine, insensible à la chaleur, précipitable par l'alcool et le sulfate d’ammoniaque, dialysable, facilement oxydable, répondait bien à la toxine de Rodet. Mais (fait qu'avait prévu Rodet, 1904), Aronson reprend les corps bacillaires du filtre, les lave jusqu'à libération complète de toute trace de bouillon, les dessèche dans le vide et les tue par des vapeurs (S O‘H?). Or, avec ces corps desséchés, il obtient une « toxine de propriétés tout à fait analogues à celles des bouillons filtrés. » Que conclure ? Ce qu'Aronson en conclua lui-même (B. K. W. 1907).
« Tout se passe, dit-il, comme pour le b. de Lôfiler, endo et exotoxine ne sont qu'une même toxine, produit de secrétion (sekretions produkt) de bacilles, l’exo étant
probablement plus abondante que l’autre. »
Cette solution assez simpliste est loin de clore le débat. Il y a sans doute bien dos choses dans ce qu'on
appelle « la toxine » typhique. On peut y présumer
(Rodet in Wolli.
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a) Des poisons locaux (lokalwirkende gift) probablement intrabactériens, qui font la plaque de Payer et les nécroses comme ceux du Lôfiler font la fausse membrane.
b) Des substances toxiques intraprotoplasmiques communes à tous les microbes (Proteine).
c Des substances favorisantes pour ces bacilles injectés
après, répondant aux « aggressines » (Levy-Baiïl, 1906).
C’est contre l'effet global et très complexe (Komplexe Giftwirkung) de toutes ces substances qu'aura à lutter le sérum antitoxique. L'action directe (par bactériolyse par exemple) n’est, d'autre part, point négligeable, car 1l n’est sûrement pas indifférent (Petterson) qu'une grande quantité de bacilles envahisse l'organisme. Mais la bactériolyse in vivo diffère considérablement du simple phénomène de Pleiffer. Bail la nie même entièrement. Wollf (1903), la déclare due non aux leucocytes, mais à des produits extracellulaires, diflicile et lente. C’est aller certainement trop loin. Rodet et Lagrifloul, Sanarelli, Chantemesse, ont observé souvent, à la suite de l’injection de sérum, une augmentation notable de la bactériolyse dans la rate et le foie. Un sérum antityphique peut gagner à être bactériolytique.
Nous bornerons là ces données tout hypothétiques pour passer à l'étude moins incertaine de la sérothérapie expérimentale.
Procédés d’immunisation
chez les animaux
Ils sont des plus variés.
Bacilles vivants ou morts. — (Sanarelli, Chantemesse, Vidal (1892), Lyonnet, Klemperer, Lévy, Tavel, Funck. Besredka, Kolle, Peiper, Rodet, ete...). C'est la méthode la plus ancienne et pour beaucoup la méthode de choix, mais les animaux meurent souvent (65 0/0 des chvères de Kraus succombaient en 20
heures).
Cultures filtrées. — (Rodet, Kraus, Meyer, Bergell, Aronson, Chantemesse). Chantemesse, qui fut un des premiers à utiliser la méthode (1898), cultiva dans des flacons plats en bouillon de bœuf, au large contact de l'O. des bacilles très virulents. En 48 heures, culture en voile à la surface, la toxine s’élaborant au dessous. On la recueillait par filtration après 7 Jours : on chaulfait à 55 degrés. Centrilugation. Le liquide présentait les mêmes propriétés que l’on reconnut plus tard à
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l’endotoxine typhique. Rodet et Lagrifloul (1898) se servirent de grandes cultures en bouillon glyc-glycériné qu'ils filtraient sur porcelaine après 6 jours à 37 degrés. Meyer et Bergell abandonnent des bacilles vivants en émulsion dans l’eau distillée pendant 48 heures à la température de la chambre, filtration. (Chamberland). Bergell traite par des vapeurs d’'Hel. Aronson par la chaleur et le trichlorure d’iode (filtration Berkeleld). Quel que soit le procédé, des conditions rigoureuses règlent la marche toujours délicate de la production de toxine.
Etendue des milieux, aération suffisante, par un fort courant d'O au besoin (Werner), fluidité fixe des bouillons, choix difficile d’un échantillon qui doit à la fois se multiplier et produire beaucoup, choix du moment d'activité maxima pour la filtration, ete.
Extraits bacillaires autolysats. — (Théorie de l’endotoxine). Vers 1899, Rodet et Lagrifloul (qui ne tardèrent pas à abandonner la méthode), partaient d'une grande culture en bouillon glyc-glycériné d’un litre que l’on filtrait sur porcelaine. On râclait les corps bacillaires restés sur la bougie et on émulsionnait le produit de râclage dans 100 centimètres cubes de liquide (glycérine et eau). Les b. y mouraient après six et huit jours. Aronson (endo-exo.) reprend les résidus sur bougies des filtrats. Il lave en solution salée, dessèche dans le vide, traite par des vapeurs de SO®H?. Puis, il broie les corps dans un mortier
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d’agate, filtre la masse, précipite l’AÏb. inutilisable par l'acide acétique et refiltre. Meyer-Bergell traitent les b. à basse température par de lHecl dilué, puis broient au mortier. Balthazard fait macérer à 58 degrés, puis à 21 degrés. Mac Fadyen et Rowland broient les bacilles dans l’air liquide. Bassenge use d’une vieille émulsion à 10/0 de lécithine qui produit une dissolution très poussée, Turro de solutions sodiques fortes. Besredka tue à 60 degrés, dessèche, broie et fait macérer, soit dans la solution physiologique, soit dans le mélange eau salée-sérum de cheval. Brieger- Mayer, après trois et quatre semaines d’étuve à 37 degrés (alcalinisation dès que la réaction devient acide), aissent pen dant cinq et six semaines les b. morts en ballons. Les corps sont ensuite recueillis sur un filtre, délayés (eau distillée), agités une heure ou deux, puis autolysés à l’étuve (trois jours). On a un liquide jaune renfermant de rares granulations. Une partie est centrilugée, une autre filtrée. On injecte les deux parties. Conradi emploie un autolysat analogue.
Agoressines. — (Bezzola, bacilles « humanisés »). Cette méthode, spéciale à Bail, est fondée sur la théorie de cet auteur. On n'injecte plus 1ei de corps bacillaires ou de toxine, mais des exsudats obtenus par injection intrapéritonéale de b. d'Eberth.
Extraits d'organes. — On a essayé (Lagrifloul) et abandonné, semble-t-il, injection d'extraits d'organes infectés. Utile contre le coli. (Mosny), cette méthode a
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donné de moins bons résultats que les autres contre l'Eberth.
Que faut-il penser de ces méthodes diverses ?:Il est bien difficille d’en retirer une impression précise. Nous empruntons à M. Rodet, qui avec Besredka, préconise l'injection intraveineuse des b. vivants, les conclusions suivantes :
Cultures vivantes. — Procédé de choix mais délicat et soumis à des conditions rigoureuses, sérums fortement
préventifs, doses fortes.
Cultures filtrées. — Effets pyretogènes, vasodilatateurs - jamais pyogènes ; plus maniables que les premières : sérums
agglutinants, moyennement préventifs.
Extraits. — Ceux proprement dits (Aronson) sont mal supportés et appellent vite l'intolérance, cela à cause des substances album. étrangères (fremd) injectées fatalement avec les extraits (stets mitinjiziertete). Mais les autolysats sont beaucoup mieux tolérés, à tel point (Rodet) qu'on a pu reprendre ainsi des chevaux devenus intolérants à la première méthode : sérums moins préventifs.
La Voie d'injection n’est pas indifférente.
Par injection péritonéale, on obtient facilement et vite (une seule injection suffit parfois) une immunité réelle. Mais, tout d'abord le processus est incontestablement local, puisque le sérum obtenu, s’il est en général fortement bactéricide est impuissant contre la
septicémie eberthienne. En second lieu, si l’on injecte des cultures, elles agissent au maximum par cette voie de façon brutale et variable. Tantôt extrémement énergique et rapide, l’action sera dans un autre cas insignifiante pour un très faible écart de dose. Voie insuffisante et aléatoire.
La voie sous-cutanée (recherchés de Stenitzer), est la plus commode et la moins nocive. Mais, malgré des quantités considérables injectées, on n’a qu’un sérum antimerotoxique, c'est-à-dire impuissant contre l’infection intraveineuse.
Voie intraveineuse. — C’est la voie de choix (Rodet) par elle seule (extraits, filtrats, surtout cultures), on a le sérum idéalement antiholotoxique.
Les doses à injecter varient beaucoup suivant les auteurs et la nature du produit injecté. Rodet (voie intraveineuse) injecte au début 1 centimètre cube au mouton, 2? à 5 centimètres cubes au cheval et renouvelle après huit jours avec des doses semblables (doses fortes). Aronson (même voie) injecte 0 centimètre cube 2 au cheval, renouvelle après cinq jours et augmente progressivement jusqu’à 100 doses mortelles. Besredka n’injecte jamais (intervalles de quinze jours) plus de deux cultures sur gelose en une seule fois. Il emploie des doses plus fortes d’endotoxine solide mélangée au sérum (5, 10, 12 doses mortelles avec Ogr 05,0 gr. 01, 0 gr. 02 de sérum sec), soit environ 0 gr. 025 de bacilles typhiatoxiques, en solution 0 gr. 10. Chantemesse a usé tour à tour (voie souscutanée, voie intraveineuse), de doses très minimes et
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très fortes. Quelle que soit la dose, l’immunisation est d’une longueur et d'une difficulté sur lesquelles les auteurs insistent unanimement. Les animaux en expérience (et pratiquement, on ne se sert plus que de gros animaux : chevaux, chèvres, brebis ; les petits ne donnant comme le fait fort bien remarquer Chantemessse, que des typhoïdes tronquées ou très graves, ou insignifiantes), sont tous très sensibles au traitement. Aux injections répétées, ils réagissent par une fièvre élevée (40 à 41 degrés), par des frissons (Chantemesse-Besredka), des coliques, du gonflement polyarticulaire, par la chûte des poils par de l’œdème local (Meyer-Bergell). Aronson vit chez ses moutons une diarrhée tenace avec amaigrissement rapide. Ces phénomènes étaient, en général, maxima par la voie intraveineuse, bien que Kraus en ait observés par la voie sous-cutanée. La progression lente des doses est donc une nécessité absolue. De même, la faiblesse de la dose de début. (Chantemesse-Besredka), les intervalles entre les doses (huit, quatorze, vingt-et-un jours), la durée par conséquent prolongée du temps total d’immunisation (deux ans et demie, Chantemesse'; seize à vingt mois, Aronson). La surveillance constante des animaux, au besoin, l’alternance des produits injectés (Rodet) ou leur combinaison (méthodes mixtes). Bassenge et Meyer (in Kraus) ont essayé (1905) pour l’immunisation animale, en vue d’un sérum, la méthode des échantillons polyvalents qui permit au Professeur Vincent d'obtenir son vaccin humain (1910). Leurs résultats (1910) contre-indiqueraient cet emploi, le sérum obtenu étant agglutinant, fortement bactériolytique, mais d’un titre préventif trop instable.
Propriétés des sérums obtenus
Anaphylaxie typhique
Quel que soit le mode d’immunisation employé, on obtient des sérums possédant un ensemble de propriétés communes que nous voudrions brièvement étudier.
Agglutination. — C’est la propriété la plus constante et la plus accentuée. Nous ne rappellerons pas le phénomène si connu de Grüber et Dürham, base de la pratique courante du séro-diagnostic. L’agglutination est dans un rapport extrêmement variable avec le pouvoir bactériolytique et avec le pouvoir préventif. Volk, d’une part, répétant avec l’eberth sur le pigeon, l'expérience que Morgenroth et Ehrlich avaient faite avec le vibrion cholérique, apu amener progressivement la disparition complète de l’agglutinabilité alors que la bactériolyse existait encore au même taux. Castellani, d'autre part (1902), a montré que pour l’Eberth comme pour le bacille dysenteriæ, on peut obtenir un sérum très agolutinant et nullement préventif (nicht schutzwerth). Wassermann l’a confirmé pour le paratyphi-