‹ La Sérothérapie AntityphiqueChapitre 9 sur 25 · ADO NES · texte numérisé non relu

ADO NES

que, Von Eisler pour leberth. On sait, du reste (Vidal et Sicard) que certains sujets à sérums fortement

agolatinants ont des rechûtes.

« Chez les animaux, soumis à différents procédés d'im- « munisation, soit par b. vivants, soit par b. morts, soit « par extraits, dit le Professeur Vincent, j'ai vérifié « l'absence de parallélisme entre le titre agglutinant de « leur sérum et leur degré de résistance à l’inoculation

« d’épreuve. »

Bactériolyse. — L'action est constante mais longue : plus longue par exemple que celle du sérum anticholérique sur le vibrion.

« Les bacilles ne tardent pas à se granuliser, à se déformer, à se dissoudre en partie comme on l’observe dans le phénomène de Pfeiffer... ils sont plus petits (que les b. non influencés) échancrés, déformés, parfois piriformes. Le plus grand nombre se laisse mal colorer... on constate fréquemment qu'une moitié du bâtonnet a pris la coloration tandis que l’autre partie laisse voir dificile-

ment des contours très pâles et imperceptibles (Vincent).

Les premiers phénomènes commencent au bout de 20 minutes (Bühme) et sont terminés en 3 heures. Il y a cependant des échantillons très difficilement bactériolysables (Bail). Une culture de Moreschi et Friedberger, datant de 2 ans, était absolument insensible à tous les sérums. Besserer et Jaffé avaient également

des cultures rebelles. On sait, d'autre part, que le sérum normal bactériolyse (Pleiffer), mais à un taux toujours inférieur à celui du sérum d’immunisé. Chez deux cobayes, dont l’un a reçu du sérum préventivement, l’autre non, si l’on injecte la même quantité d’une même culture on voit, comme dit Bühme «fourmiller », les bacilles chez l’un et point chez l’autre. L'activité bactériolytique des sérums est variable. Cohn (1903), la mesurant en numérant les cultures, trouve :

Aussitôt après : 1.700. Après 2 heures : 280. Après 6 heures : 2. Après 24 heures : (0.

Si le sérum est inactivé : 900, 6.000, 17.000, . Tromsdorff sur plusieurs échantillons trouve pour les mêmes temps : 12.256-10.221, 4.275-2.074, 4.664-: 3.217, 412-28. Chez l'homme, les vaccinés par les antolysats de bacilles vivants (Vincent) ont un titre compris entre 1/1000 et 1/2000 parlois 1/5000, titre comparable à celui du sérum de Neisser (lapin) — 1/1000 et à celui du sérum de Besserer (1905, sérum bactériolytique) — À p. 1000. Cette activité se trouve être maxima avec les sérums obtenus par injections intrapéritonéales ou sous-cutanées, soit de bacilles, soit d'extraits. La voie intraveineuse est moins lovorable ; si par cette voie (cette voie seule) on injecte par exemple une chèvre indemne, le pouvoir bactéricide de son sérum normal augmente, quoique de peu. Dans quelques cas, au contraire, sous des conditions mal connues, on paralyse l'activité bactéricide du sérum. Cette action paradoxale provient-elle d’une substance spécifique, anti-

VA) her

bactéricide, produite au cours de l'immunisation : On ne sait. (Wright, Iéna 1906).

Précipitation.—Zupnik l’a particulièrement étudiée en 1905 avec des sérums de moutons immunisés par voie intraveineuse (extraits). Généralisée à tout le groupe typhique (Gruppen-reaktion), elle exige peu de sérum — 0,3 à 0,1 centim. cubes de sérum immunisé suflisant pour 2 centim. cubes de filtrat. Noris l’a trouvé également constante et nette. Rappelons d’ailleurs que pour beaucoup d'auteurs (Paltaui, Kolle, Pirquet) pré-

cipitation et agglutination sont le même processus.

Action préventive.— Quel que soit le sérum obtenu, il possède, à des degrés divers, la propriété préventive. Voici, par ex. quelques expériences suggestives que Lagrifloul faisait dès 1896 (sérums mouton, chien, cobaye.)

Sérum par injections sous-cutanées de cultures complètes vivantes ou chauffées.— Est injecté dans le péritoine d’un cobaye aux doses de 1/600 à 1/3000, 24 heures avant l'injection péritonéale d’une culture d'Eberth. Les témoins meurent en moins de quinze heures, les traités survivent.

Sérum par cultures filtrées.

Cobaye 1. (P — 270 grammes), injection de culture la veille.

3 août — matin — sous-cutané 1/2 centimètre cube de sérum.

3 août — soir — sous-cutané 5 centimètres cubes de sérum.

4 août — (Œdème moyen, état médiocre, survie.

Cobaye 1v (P — 350) reçoit simultanément sous la peau 1/2 centimètre cube de sérum et 5 centimètres cubes de culture. Le lendemain, œdème moyen, survie. Les deux témoins meurent.

Lapin (2.400), 3 centim. cubes de sérum intraveineux, puis 7 centim. cubes de culture le lendemain — survie. Lapin témoin (2.000) maigrit considérablement et meurt (4 jours) dans une adynamie extrême.

Sérum par extrait glycériné de corps bacillaires. — Deux témoins meurent en quinze heures ; le traité par 1/2 centimètre cube survit.

Macération de rate d'animaux immunisés par cultures filtrées.— Lapin 1v (P —170),2 centimètres cubes de macération de moëlle sous la peau, 10 centimètres cubes de culture intraveineuse, le lendemain, mort. Lapin témoin, mort un peu plus rapide, à plus fortes doses, mêmes résultats défavorables.

Chantemesse conclut en 1903, après ses nombreuses séries, que l’action préventive (plus où moins forte) est la règle. Citons passim (in Balthazard).

Exp. 11. Lapin, 2.260 grammes 4 centimètres cubes de toxine dans la veine de l'oreille. Mort en 36 heures.

nes

Lapin 2.305, même dose deux heures après l'injection de 1/10 de centimètre cube de sérum, survie.

Exp. ur. Cobaye 560, 2 centimètres cubes de toxine, mort (8 heures 1/2). Cobaye (650), 5 centimètres cube de toxine précédes 4 heures avant de 1/20 de centimètre cube de sérum. Mort en 23 heures.

Peiper, avec son sérum de mouton aux doses de 1 à 2 centimètres cubes par injection, protège des lapins de 2.000 à 2.500 contre des injections trois fois mortelles de culture virulente. Il guérit, d'autre part, quatre heures après l'injection d’une dose mortelle de bacilles, des animaux gravement atteints. Aronson, en donnant simultanément 3 centimètres cubes de toxine soigneusement filtrée + 2 centimètres cubes de son sérum de cheval + 1 gramme de bacilles, obtient la survie d’un cobaye de 240 grammes. Le témoin qui avait reçu pour contrôle 2 centimètres cubes de sérum antistreptococcique, meurt le lendemain. Un autre témoin, qui avait reçu pour contrôle 2 centimètres cubes de solution physiologique, meurt également. Depuis 1892, date des premiers essais de Sanarelli, en passant par l’an 1898, date du sérum de Chantemesse, jusqu'aux expériences complètes d’Aronson, -on trouverait à puiser par milliers des faits de prévention expérimentale par les sérums d’immunisés.

a) Dans la minorité des cas, on a pu obtenir un effet curateur, par exemple, dans cette expérience de Lagrifoul (sérum Rodet).

Mouton en cours d'immunisation par cultures chauffées,

tombe dans un état d'abattement et de stupeur avec fièvre

continue à 39-41 degrés. On fait à 8 jours d'intervalle 3 injections de 10 centimètres cubes. L'état général s'améliore quoique lentement.

Deux heures après l'injection de son endotoxine, Besredka peut encore sauver ses cobayes. Mais ce pouvoir curateur, quand il existe, est faible, l'effet des cultures (Rodet) ou des filtrats (Aronson) étant toujours brutal et immédiat.

b) Quand on injecte à la fois sérum et toxine, l'effet varie suivant les auteurs. Rarement positif pour Aronson (cobaye 890, 2 centimètres cubes sérum s. cut. + 6 centimètres cubes toxi. — exitus), il l’est beaucoup plus pour Kraus, Stenizer, pour Lagriffoul (Exp. xxxHm1) et surtout pour Chantemesse.

c) Quand on injecte le sérum avant la culture, le filtrat ou l’extrait, ou quand on injecte la toxine déjà impressionnée à l’étuve par le sérum, on a le pourcentage le meilleur. Il y a, du reste, un instant optimum à partir duquel le pouvoir décroît très vite. Il est pour Lagriffloul de 24 heures avant l'injection infectante, de de 30 à 36 heures pour Meyer-Bergell, de 20 à 24 heures pour Besredka. |

Quelles sont les doses préventives ? Ici encore, la discordance règne parmi les auteurs. Chantemesse, en 1902. 1904, 1907, insiste sur les doses minima, 1/50, 1/60 de centimètre cube de culture filtrée suflisent en une ou deux injections pour immuniser un cobaye contre une dose mortelle ; 1/20 à 1/30 pour un lapin de 41.000-1.200. 1/4 à 4 centimètres cubes ont un pouvoir curateur contre une dose mortelle. 0,05, 4 ou 2

centimètres cubes du sérum de Besredka neutralisent 5, 10, 22 doses mortelles pour le cobaye. 0 gr. 2 de sérum sec neutralisent 30 doses d’endotoxine mortelles pour le cobaye de 300. 2 centimètres cubes agissent curativement. Pour immuniser un cobaye contre 30 doses mortelles, 1/50 de centimètre cube du sérum de Macfadyen suflit; 5 doses d’endotoxine sont neutralisées par L centimètre cube injecté simultanément : par 2, s’il est injecté après. Stenitzer a besoin d’un centimètre cube de sérum pour neutraliser trois doses mortelles. Aronson pour 10 centimètres cubes de toxine sous-cut. à besion d’une injection sous-cut. de 10 centimètres cubes. Meyer Bergell protègent un lapin de poids moyen contre 2 doses mortelles intra veineuses, par 2 centimètres cubes de leur sérum.

Retenons à ce propos d'anciennes exp. de Lagriifoul (1899) sur l'Eberth et le coli, où 1 centimètre cube de sérum protégeait contre 7 centimètres cubes de culture, tandis que 3 centimètres cubes du même sérum /avorisaient l'infection. Nous verrons plus loin la signification de ce fait.

Par où injecter ? Chantemesse a souvent employé la peau; parfois chez le lapin, la veine marginale de l'oreille et chez le cobaye, il a même injecté en plein tissu cérébral, Stenitzer qui a étudié comparativement les voies sous-cut. et intraveineuse, à publié in Kraus et Levaditi un tableau de ses recherches. On y voit le sérum de chèvres dont le taux antitoxique montait régulièrement, baisser brusquement dès que la voie

sous-cut. est employée. L’échantillon numéro 36 employé ainsi, avait un pouvoir réduit presque à néant.

Lagrifjoul (Exp. x11, xu1, xxxu1, xxxvi1) avait déjà fait les mêmes remarques en 1900.

La condition dominante est au fond la voie d’infection. Tel sérum, en effet, injecté par où on voudra, agira dans l’infection péritonéale, qui n'aurait aucun effet dans l'infection septicémique intraveineuse.

La durée du pouvoir préventif est en moyenne de 10 jours, bien que Chantemesse l’ait trouvé encore efficace après 13, 17 jours. Quant au pouvoir curateur (peut-être, comme le dit Balthazard, parce qu’il repose sur une stimulation passagère des phagocytes) il est essentiellement transitoire.

2 cobayes pesant chacun 350 grammes reçoivent par voie sous-cutanée 2 centimètres cubes de toxine. L'un d’eux reçoit en outre 0,1 de sérum. Tous deux survivent, le témoin difficilement ; 12 jours après, injection d’une fois et demie, la dose mortelle : les deux animaux meurent dans des conditions analogues.

La durée (fait général, du reste) est d'autant plus longue que l’injection a été précoce. Un élément important de cette durée et d'autre part de l'intensité de l’action préventive ou curative est la date de la prise du sérum. Il y a longtemps que Chantemesse avait remarqué des variations dans l’activité du sérum des animaux en voie d’immunisation. Les différences dans les procédés ou dans les degrés virulents de culture (Pieiffer-Kolle) ne les expliquaient pas. Il y avait un

are maximum au vingt-cinquième jour dans la moitié des cas, au troisième mois (1/4) très longtemps après (2 ans 8 mois, 3 ans) pour les autres cas. L'exemple du cheval © Karl », cité par Aronson est typique ; à la première saignée, 3 centimètres cubes de toxine + 1 centimètre cube de sérum, tuaient le lapin; à la deuxième saignée (25 jours), mort ; à la troisième (1 mois), survie. Rodet eut aussi des variations analogues, mais trouva que l’activité maxima était plus rapprochée du début. Pour Bühme, la prise doit être faite du septième au quatorzième jour. Pour Pleiffer, au huitième.

Nous avons vu que les sérums anti-typhiques d’une part in vitro, bactériolysent, agolutinent, précipitent et, d'autre part in vivo, exercent une action préventive ou curatrice. Cette dernière est-elle donc le résultat des autres ? À cette question qui touche au mécanisme extrêmement complexe de l’action des sérums, il est malaisé de répondre. Certains faits intéressants observés chez l’animal injecté, entraînent cependant quelques notions. Et d’abord, leur sérum, tout comme in vitro, bactériolyse et agglutine (Balthazard).

Îl bactériolyse. — Chantemesse injecte À centimètre cube d’une dilution de bacilles virulents dans le üssus c. sous-cutané de l'oreille de 2 lapins, dont l’un a reçu 24 heures avant 1 centimètre cube de sérum : boule d’œdème ; sur une gouttelette de sérosité, on constate que la phagocytose et la bactériolyse sont plus fortes chez le lapin que chez le témoin. Après 15 heu-

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