CHAPITRE V
Le microbe de la fièvre typhoïde. — Caractères morphologiques, microscopiques, chimiques. — Propriétés pathogènes. — Le bacille d’Eberth et le bacterium coli. — La toxine typhique . — Effets sur le cobaye. — Localisation sur l’intestin. — L’exaltation du bacterium coli. — Vaccination des animaux. — Méthode d’élection par l’injection des produits solubles. — Le sérum antityphique. — Travaux de MM. Brieger. Kitasato et Wassermann, Bruschettini, Stern. — Mémoires de MM. Chantemesse et Widal, Sanarelli. — Résultats expérimentaux. — Applications à la fièvre typhoïde humaine. — Recherches de MM. Chantemesse et Widal, Demel et Orlandi. — Mode d'action du sérum antityphique. — Pas de propriété bactéricide, atténuante ou antitoxique. — Stimulation de la diapédèse et de la phagocytose. — Numérations de Bargellini.
Le bacille d’Eberth. — L’agent pathogène de la fièvre typhoïde, dont la spécificité a été longtemps l’objet de discussions encore incomplètement épuisées, est un bacille décrit pour la première fois par Gafky, mieux étudié par Eberth, et popularisé surtout en France par les beaux travaux de MM. Chantemesse et Widal.
Ses cultures ne présentent pas grand caractère
spécifique. Sur agar, une traînée blanchâtre un peu translucide; sur gélatine, des colonies un peu plus opaques, s’entourant lorsqu’elles sont dans l’épaisseur de la substance d’une auréole brunâtre ; enfin sur pomme de terre, une sorte de glacis ne modifiant pas la coloration du milieu et surtout visible par réflexion. Sur les milieux colorés artificiellement, ce microbe semble avoir une certaine affinité pour la substance colorante ; là-dessus était basée la méthode de Gasser, qui se servait de gélose fuchsinée, méthode qui a été reconnue depuis, insuffisamment caractéristique.
Au microscope, sa morphologie est très variable; tantôt long, tantôt court, présentant parfois une lacune lui donnant la forme d’une navette, il présente comme un de ses caractères les plus constants sa mobilité, due à la présence de nombreux cils vibratiles qu’on peut mettre en évidence à l’aide de la coloration spéciale de Lôffler. Il se reproduit par simple scissiparité, et l’on ne lui connaît pas de formes durables, c’est-à-dire de spores. Il est difficile également à caractériser par les réactifs colorants ; il prend en effet facilement les couleurs d’aniline, mais les abandonne avec une égale facilité aux agents décolorants; il ne reste pas coloré par la méthode de Gram.
Peu difficile sous le rapport de ses aliments, il pullule facilement dans les milieux contenant de très faibles quantités de matières nutritives ; aussi
se conserve-t-il très longtemps dans l’eau, et peut même s’y reproduire pour peu qu’elle contienne un peu de matières organiques. Les caractères chimiques de ses bouillons de culture sont plutôt négatifs. D’après les recherches de Perdrix, un des meilleurs réactifs pour sa différenciation d’avec le bacterium coli, avec lequel on a souvent voulu l’identifier, est le bouillon lactosé, ou le lait; car le bacille d’Eberth est impuissant à attaquer la lactose, alors que le bacille du côlon la transforme facilement en acide lactique. L’absence d’indol dans les cultures du bacille typhique est également un bon mode de différenciation.
Les inoculations aux animaux ont été pendant longtemps invoquées par les adversaires de la spécificité du bacille d’Eberth, en raison du peu de rapport entre les lésions produites et celles de la fièvre typhoïde humaine. Les souris en effet meurent rapidement en ne présentant aucune lésion caractéristique. Néanmoins MM. Chantemesse et Widal avaient pu obtenir en un cas la tuméfaction des plaques de Payer chez le cobaye. Ces deux auteurs et en même temps M. Sanarelli, en exaltant la virulence du microbe par des passages sucsessifs chez le cobaye, sont arrivés à produire chez cet animal une affection constante, caractérisée par la congestion de toutes les muqueuses et spécialement de la muqueuse intestinale dont l’épithélium desquame en masse et dont les follicules
lymphoïdes sont très tuméfiés. Seule la marche de la température est différente et caractérisée par une hypothermie aboutissant à la mort. M. Sanarelli donne du reste de cette différence d’excellentes raisons sur lesquelles nous n’avons pas à nous appesantir ici.
Malgré tous ces caractères, on ne peut méconnaître les grandes affinités qui semblent unir le bacterium coli commun et le bacille typhique et l’on peut comprendre que certains observateurs, comme les savants de l’école de Lyon, se soient laissé aller jusqu’à ne vouloir voir dans le microbe d’Eberth qu’une variété de bacille du côlon, appuyés dans leur opinion par les descriptions nombreuses d’espèces éberthiformes, trouvées dans les eaux et étudiées particulièrement par Cassebat.
Il n’est pas défendu de supposer que, dans le transformisme plus rapide qui semble présider à la formation des espèces microbiennes, le bacille typhique et le bacterium coli ont une origine commune; la ressemblance de leurs caractères semble l’indiquer; mais on peut dire, avec les partisans de la spécificité du bacille d’Eberth que, dans aucun cas, on n’est arrivé au bacille typhique, en partant du bacille du côlon ou réciproquement, et que. du moment où cet effort, qui a été si complètement couronné de succès en ce qui concerne les différents streptocoques pathogènes, est resté
encore infructueux, toute tentative d’identification est au moins prématurée.
La toxine typhique. — C’est surtout par l’étude de la toxine typhique que Sanarelli a été amené à se prononcer en faveur de la spécificité du bacille d’Eberth. Sans chercher à l’isoler, comme l’avait tenté, sans grand succès d’ailleurs, Brieger qui en faisait tout d’abord une ptomaïne, puis avec Frankel la décrivait comme une toxo-albumine, suivant ainsi la mode du moment, Sanarelli a expérimenté le bouillon de culture du bacille typhique et est arrivé à des résultats beaucoup plus précis que ses devanciers, au point de vue des phénomènes produits. Il a reconnu en effet que les souris ou les lapins, souvent employés, étaient de mauvais réactifs de la toxine typhique et a constaté que chez le cobaye, on arrivait à produire une affection tout à fait analogue à celle qui résulte de l’inoculation du bacille lui-même. En effet l’animal meurt bientôt en présentant un météorisme douloureux, correspondant comme lésion à une desquamation étendue de la muqueuse intestinale, qui est envahie par le bacterium coli; ce dernier a exalté sa virulence sous l’influence de la toxine typhique, et ajoute à l’intoxication un élément infectieux capital.
Ces très intéressantes expériences de Sanarelli jettent un jour tout nouveau sur la pathogénie de
la fièvre typhoïde, et établissent le rôle complexe du bacille typhique, de sa toxine, et du bacterium coli de l’intestin, qui, d’après ces expériences, s’exalte sous l’influence de la toxine typhique, et disparaît de l’intestin chez les animaux vaccinés contre le bacille d’Eberth. Ces données nouvelles modifient tellement les notions en cours sur la fièvre typhoïde et nous la présentent comme une maladie si différente des simples infections ou des simples intoxications, étudiées auparavant, qu’on ne doit pas se décourager des insuccès de la méthode sérothérapique obtenus jusqu’ici ainsi que nous allons le voir, dans la fièvre typhoïde humaine. On peut espérer en effet que, maintenant, avec des notions plus positives sur la pathogénie de la maladie, on pourra plus efficacement combattre l’agent pathogène dans ses différents moyens de nuire.
Vaccination des animaux. — Le premier pas qui a été fait dans cet ordre d’idées a été la vaccination des animaux contre le bacille typhique, vaccination que MM. Chantemesse et Widal avaient obtenue dès 1888, en injectant aux souris de petites doses de bouillon de culture typhique préalablement stérilisé par la filtration. Cette méthode est préférable par sa constance à celle qui consiste à inoculer le virus vivant en doses croissantes, laquelle a souvent pour résultat de
provoquer chez les animaux des suppurations et des eschares.
Elle est également supérieure par sa simplicité à celle de Brieger, Kitasato et Wassermann ; ces auteurs, après avoir chauffé les cultures à 80 degrés, les concentrent et les traitent par l’alcool pour obtenir une substance, d’après eux vaccinale, mais qui, par suite de son mode même de préparation, peut contenir encore des germes vivants et provoquer ainsi des accidents.
La méthode de vaccination par les produits solubles est donc le procédé d’élection, et l’on arrive au même résultat, soit qu’on emploie, comme Chantemesse et Widal, la stérilisation par la filtration au filtre Chamberland, soit qu’on se serve de la chaleur en portant les cultures à 120 degrés, comme l’a fait Sanarelli. L’injection doit être toujours très surveillée, car les animaux sont très sensibles à cette toxine, et accusent ses effets sur leur organisme par une diminution de poids constante, mais pouvant varier de 2 pour 100 à 17 pour 100 suivant la dose ou le moment plus ou moins rapproché des injections. L’immunisation est acquise vers le troisième ou quatrième jour. Pour la vaccination, comme pour la production de la fièvre typhoïde expérimentale, l’animal d’élection est le cobaye; le lapin étant d’une sensibilité beaucoup trop grande au bacille typhique.
Le sérum préventif . — C’est à Brieger, Ivitasato et Wassermann, que revient l’honneur d’avoir signalé les premiers les propriétés préventives ou curatives du sérum des animaux vaccinés contre la fièvre typhoïde. Après eux, plusieurs auteurs ont étudié la question, et le laboratoire a été unanime à attester l’existence de ses propriétés.
Néanmoins quelques-unes de ces expériences ne sont pas, comme nous le verrons plus loin, à l’abri de toute critique, et il est certain que les recherches de Bitter et de Bruschettini qui ont expérimenté sur le lapin, ne seraient pas de nature à établir d’une manière certaine le pouvoir curateur du sérum. Plus concluantes étaient les expériences de Stern; mais en se servant du sérum de sang d’hommes ayant eu la fièvre typhoïde, il introduisait un élément nouveau très intéressant au point de vue clinique, mais moins rigoureux au point de vue expérimental.
Ce sont surtout les mémoires, parus simultanément, de Sanarelli et de Chantemesse et Widal. qui établirent sur des bases solides les remarquables effets préventifs et curateurs du sang des animaux vaccinés. De leurs recherches il résulte que, si l’on injecte soit avant, soit au moment même de l’inoculation du virus, une faible quantité de sérum pris à un animal vacciné, on rend absolument impossible le développement de la fièvre typhoïde, un 1/2 centimètre cube suffit lorsque l’inoculation
du virus et du sérum sont faites au meme point et en même temps, tandis qu’il en faut environ 2 centimètres cubes, lorsque l’injection est faite sur un point différent ou antérieurement à l’introduction du bacille.
La rapidité avec laquelle la fièvre typhoïde expérimentale évolue chez le cobaye, qu’elle tue en J 8 à 20 heures, pouvait faire craindre que le sérum ne se montre impuissant à l’arrêter dans sa marche foudroyante. Néanmoins, en intervenant une demiheure ou 1 heure après l'infection, on arrive presque sûrement à juguler la maladie; Sanarelli est même parvenu à sauver un cobaye en lui injectant dans le péritoine 6 cc. de sérum curateur, 5 heures après l’inoculation, c’est-à-dire 6 ou 7 heures seulement avant la terminaison fatale.
Dans des expériences de contrôle, le sérum des animaux non vaccinés, cobayes ou lapins, s’est montré inefficace ou à peu près.
Expérimentant, comme l’avait Stern, les propriétés du sang d’hommes ayant acquis l’immunité contre la fièvre typhoïde par des attaques antérieures, MM. Chantemesse et Widal sont arrivés aux mêmes résultats que ceux de l’auteur allemand : 6 fois sur 6, le sérum a manifesté nettement un pouvoir curateur énergique. Ces propriétés semblent d’autant plus puissantes qu’on est plus rapproché de l’infection préservatrice. Dans les expériences de Stern, 5 fois sur 7, le sérum s’est
montré efficace chez des sujets dont la fièvre typhoïde datait de 2 jours à 1 an. 5 fois sur 7 seulement, il s’est montré actif chez des individus, chez lesquels la maladie remontait de 1 an à 17 ans. Enfin, chose curieuse, 2 fois sur 14, le sérum d’hommes n’ayant jamais été atteints de cette affection, a manifesté un pouvoir antityphique bien net. Dans les recherches de Chantemesse et Widal, ce fait a été rencontré 1 fois sur o expériences.
Applications à la fièvre typhoïde humaine. — Ces faits de laboratoire étaient trop concluants et trop encourageants, pour qu’on n’ait pas cherché aussitôt à appliquer ces nouvelles données au traitement de la fièvre typhoïde humaine. Malheureusement les résultats cliniques n’ont pas encore répondu à ce qu’on était en droit d’en attendre. Dans les deux observations de leur mémoire de 1892, MM. Chantemesse et Widal ont obtenu un résultat presque nul ; car la température un moment abaissée a vite repris son ascension et la maladie n’a nullement été influencée dans son évolution générale. Ils n’ont pas été plus heureux dans deux nouveaux cas qu’ils ont rapportés à la Société médicale des hôpitaux en janvier 189o.
De nouveaux essais thérapeutiques ont été publiés au Congrès de Rome par MM. Demel et Orlandi. Leurs observations sont intéressantes en ce que ces auteurs se sont servis de sérum d'animaux
vaccinés contre le bactérium coli, sérum qui s’est montré actif chez les animaux contre l’infection typhique. Les résultats obtenus chez l’homme semblent être encourageants, bien que les auteurs soient peu précis sur la nature de l’amélioration qu’ils signalent; aussi doit-on attendre, croyonsnous, que leurs conclusions soient corroborées par de nouvelles expériences. En somme, au point de vue pratique, la sérothérapie dans la fièvre typhoïde est une question à l’étude et l’on ne doit pas désespérer d’un résultat heureux qu’il est déjà permis d’entrevoir.
Mode d’action du sérum antityphique. — Au point de vue théorique, il est intéressant d’étudier dans quelques détails, les propriétés antityphiques du sérum des animaux vaccinés contre le bacille d’Eberth. Les avis sont partagés, et chacun des modes d’action, que nous avons signalés plusdiaut, a été tour à tour invoqué pour expliquer ce pouvoir préventif et curateur. Bruschettini a cherché à établir que le sang des lapins vaccinés contre la bacille typhique présente in vitro vis-à-vis de ce microbe des propriétés bactéricides beaucoup plus marquées que celles du sérum des lapins normaux. Mais Stern, expérimentant sur le sang humain, est arrivé à des résultats diamétralement opposés et a constaté que le bacille d’Eberth pullulait avec plus de facilité dans le sérum provenant d’indi-
vidus ayant eu la fièvre typhoïde que dans celui des sujets n’ayant jamais eu cette affection.
Du reste, nous savons qu’on ne peut nullement conclure de ce qui se passe in vitro aux phénomènes qu’on peut observer dans l’organisme vivant. Or il résulte absolument des expériences de Sanarelli que le bacille typhique inoculé à des cobayes vaccinés, non seulement n’y est pas immédiatement détruit, comme cela aurait lieu en cas d'action bactéricide, mais encore peut s’y conserver plus de 6 jours, et être, après ce délai, isolé des viscères de l’animal, qui du reste ne présente aucun symptôme morbide.
De ces mêmes expériences on peut conclure que le sang des animaux vaccinés n’exerce sur ce bacille d’Eberth aucune action atténuante; bien plus le microbe qui a séjourné aussi pendant 5 ou 6 jours dans le corps d’un animal vacciné, a notablement renforcé sa virulence. En effet les cultures obtenues tuent les cobayes en huit heures avec les lésions caractéristiques.
D’après les travaux de Bitter, Bruschetlini et Stern, on admettait que l’action du sérum devait être rapportée à ses propriétés antitoxiques. Ces différents auteurs ont en effet injecté des mélanges de toxine typhique et de sérum d’animaux vaccinés, et ont obtenu des survies ou des prolongations d’existence chez les animaux expérimentés. Néanmoins leurs expériences ne semblent pas être à
l’abri de tout reproche. Bitter avait obtenu 15 décès sur 20 expériences, et chez des lapins survivants on pouvait, en raison de sa manière de procéder, invoquer aussi bien une accoutumance à la toxine qu’une véritable action antitoxique du sang. Bruschettini employait une toxine non stérilisée et ses expériences peuvent se rapporter plutôt à un pouvoir anti-infectieux qu’à une propriété antitoxique.
Quant à Stern, le choix qu’il avait fait des souris comme animal d’expérimentation, entache déjà ses expériences, qui du reste peuvent s’interpréter d’une manière différente; car le sang, laissé à l’étuve avec le virus typhique, devenait bientôt mortel pour les souris, ce qui prouve que le pouvoir antitoxique était bien fragile, s’il avait jamais existé.
Les expériences très bien conduites de Sanarelli établissent d’une manière absolument concluantes que le sérum des animaux vaccinés est incontestablement dénué de toute action antitoxique. Au contraire, les cobayes vaccinés se montrent beaucoup plus sensibles que les témoins vis-à-vis de l’action des toxines typhiques, phénomènes déjà constaté dans la maladie pyocyanique et l’infection par les microbes du choléra-hog, de la septicémie aviaire, et de la pneumonie. Cette sensibilité aux poisons sécrétés par le microbe d’Eberth, semble bien éloigner l’idée d’une influence quelconque du sang sur ces toxines; du reste l’expérience directe
le conduit aux mêmes conclusions. Les animaux, inoculés avec un mélange de toxine et de sérum provenant de lapins ou de cobayes vaccinés et même hypervaccinés, moururent à peu de chose près dans le même délai que les animaux témoins.
Puisqu’il ne s’agit ni d’action bactéricide, ni d’action antitoxique, on est donc bien obligé d’admettre une propriété particulière, une stimulation de l’organisme aboutissant à la destruction de l’agent pathogène. Dans nos études sur l’immunité, nous avons été amenés à admettre la phagocytose comme principal et constant agent de protection de l’organisme. Il semble que le sérum des animaux vaccinés exerce sur les phagocytes une action excitante spéciale qui les pousse à la diapédèse et se traduit par des chiffres qui se passeraient de commentaire. Bargellini, étudiant le nombre de leucocytes contenus dans 1 cc. de liquide de l’exsudât péritonéal dans la fièvre typhoïde expérimentale du cobaye , est arrivé aux résultats suivants : cobaye normal, 5022; — cobaye vacciné, 97156; — cobaye traité par du sérum, 84 240. On peut donc dire que l’injection du sérum préventif exerce une influence sur la diapédèse et la phagocytose, et que c’est dans cette action, qu'il faut voir, plutôt que dans une propriété bactéricide ou antitoxique, l’origine de l’immunité conlérée par le sang des animaux vaccinés.