LS TARES
raideur dans la racine des deux membres supérieurs, s’accusant quand on mobilise même doucement les articulations scapulohumérales. Mais le malade n’a pas présenté, depuis son entrée, de crises de contractures notables.*
Le 10 et le 11, les accidents ao La raideur de la nuque devient presque permanente ; le malade est immobilisé en orthotonos ; les membres sont raides. Sous l’influence de causes minimes : bruit d’une porte, allées et venues dans le service, ou sous l'influence des mouvements nécessités par son alimentation, son examen, les soins de l'infirmière, des crises de contracture très douloureuses surviennent, avec renversement du corps et de la tête en opisthotonos, surtout marquées au niveau de la nuque et du tronc, mais s'étendant presque toujours aux membres supérieurs. Les membres inférieurs, quoique raides, sont moins souvent envahis au cours des crises. La douleur arrache des cris au malade ; il se plaint d’une .sensation d'enfoncement de la-tête dans l’oreiller et demande sans cesse qu’on la lui relève et qu’on ie remonte dans son lit.
Au moment des crises, le pouls se précipite, dépasse 120-139 à la minute; puis se ralentit aux environs de 100, quand la contracture cède. Mais il reste toujours un peu irrégulier, inégal, moins bien frappé que les premiers jours. >
La crise s'accompagne d’accélération de la respiration. La tem-
‘pérature est modérée, aux environs de 38°2-3803.
Les jours suivants, l’état reste stationnaire : Même la température a un peu tendance à baisser; et d'autre part les accès de contracture n’ont pas tendance à se rapprocher, ni à devenir plus intenses.
Le 15 mars, l’état est beaucoup plus alarmant : le malade à crié presque toute la nuit et, le matin, il est beaucoup plus raide que les jours précédents; on note une contracture des muscles
de l’abdomen qui n'existait pas jusqu'alors : le ventre est d’une
La
dureté de bois; cela explique peut-être en partie l'accélération de la respiration. Le pouls est à 105, la température à 3804. Devant l’aggravation de la situation, on porte de 40 à 60 centimètres cubes la dose journalière de sérum antitétanique.
Le 16, l’état reste stationnaire : Cependant, au moment des accès, il se produit des émissions involontaires d'urine; et le visage du malade a pris un aspect vultueux et cyanosé.
On note, le 17, une légère amélioration : nuque moins raide, trismus moins intense permettant un léger écartement des arcades dentaires. La nuit à été meilleure : Il faut, du reste, dire que depuis la veille on injecte au malade 0 gr. 03 de chlorydrate de morphine par 24 heures. On fait aussi plusieurs inhalations
d’éther qui ne paraissent pas produire de soulagement bien
appréciable.
Les jours suivants, l’amélioration s'accentue et fait ensuite
des progres réguliers. Les paroxysmes d’espacent et s’atténuent.
Le 27 mars, le malade commence à s'asseoir sur son lit. Il tite bien la langue hors de la bouche et, depuis plusieurs jours, il mange facilement des purées et des œufs. [1 se sert bien de ses mains, mais il conserve toujours une contracture assez accentuée des musêles abdominaux.
Le sérum a été très bien supporté; c’est à peine si, au bout de & jours de traitement, une rougeur légère et passagère est apparue sur les côtés de l'abdomen. Le malade a reçu, en 21 jours,