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CHAPITRE XII

Ainsi que nous l'avons dit au début de cette étude, on a voulu trouver des antécédents à la méthode sérothérapique dans quelques essais tentés pour transmettre, d'animal à animal, par Tintermédiaire du sang, l'infection vaccinale.

Les expériences de Maurice Raynaud ont été souvent citées à ce propos, bien que Richet et moi, les premiers, nous les ayons rappelées, précisément pour montrer qu'elles n'avaient rien de commun avec l'hématothérapie.

M. Raynaud* avait transfusé, dans la veine jugu-

1. Comptes rendus de V Académie des sciences, 5 mars 1877, et Revue mensuelle de médecine et de chirurgie, 1877, T. I, page 247.

laii'e d'une génisse, 150 grammes de sang fourni par la jugulaire d'une autre génisse en pleine éruption vaccinale, et 28 jours après, l'inoculation vaccinale de la première génisse restait sans résultat. Or il ne peut y avoir de contestation sur ce point: en prenant le sang d'un animal en pleine infection aiguë, c'était bien l'infection elle-même qu'on se proposait de transmettre tout d'abord, pour en obtenir, comme conséquence seulement, l'immunité secondaire ; et ce principe n'a rien de commun avec celui de l'hématothérapie ou de la sérothérapie, telles qu'on doit les comprendre aujourd'hui.

Il est vrai que Raynaud fit aussi quelques essais pour transférer l'immunité vaccinale chez les enfants par l'intermédiaire du sang des animaux vaccinés ; mais les résultats de ces tentatives furent complètement négatifs.

Ces expériences ont été reprises par MM. Gham- BON, Ménard et Straus* en 1890, et elles aboutirent encore au même résultat négatif. Même en transfusant à un veau la presque totalité du sang d'un autre veau ayant l'immunité vaccinale, 77iais n'étant plus en puissance de maladie^ ces auteurs ne purent conférer au premier animal aucune immunité.

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