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Bulletin de la Société de Biologie, 20 décembre

Enfin il faut citer des essais de même nature, et tout aussi infructueux, dus à MM. Hlava et Houl, de Prague, qui injectèrent à des génisses et à des enfants du sérum provenant de veaux pendant l'évolution vaccinale ou après la guérison de la vaccine ; d'autres expérimentateurs encore, MM. Kramer et BoYCE, Beumer et Peiper, Hannover, ne furent pas plus heureux.

Ces expériences, surtout celles de MM. Ghambon, Ménard et Straus, devaient faire mal augurer de la valeur d'une sérothérapie antivariolique.

Cependant, en décembre 1895, MM. Béclère, Chamron et Méîs'ard affirmaient l'efficacité du sérum de génisse vaccinée, et déclaraient que ce sérum, pris hors de la période de virulence, après la dessiccation des pustules, possédait vis-à-vis de la vaccine une propriété immunisante, due à des substances solubles, et que son action était aussi rapide, que celle de l'inoculation sous-cutanée du virus vaccinal est lente. Cette dernière remarque indiquait toute l'importance du nouveau procédé d'immunisation.

En janvier 1896, ces auteurs confirmaient leurs premières conclusions, insistant sur ce fait que le sérum de génisse vaccinée avait une action presque immédiate ; ils ajoutaient que cette action était non seulement préventive, mais encore curative ; ils

citaient l'exemple d'un jeune enfant atteint de variole, qui avait reçu du sérum provenant d'une génisse récemment vaccinée, et qui avait guéri ; tandis que son frère, atteint de variole également, mais non traité, avait succombé.

Plusieurs médecins appliquèrent alors cette nouvelle sérothérapie : entre autres MM. Auciié et Land- MANN ; mais leurs conclusions furent à peu près négatives sur la valeur thérapeutique du sérum vaccinal, échec que MM. Béclère, Chambon et Ménard attribuèrent à l'insuffisance de la quantité de sérum injecté.

Des essais thérapeutiques faits d'autre part par M. Llewellin Elliot {Médical News, 1896) semblent en effet confirmer la nécessité d'injecter de grandes quantités de sérum. En procédant ainsi, M. Elliot a pu recueillir cinq observations favorables, qui lui permettent de conclure que le sérum vaccinal modifie certainement la variole, et fait avorter les vésicules, ou du moins atténue les pustules au point d'éviter la production des cicatrices caractéristiques.

Ce sont là des résultats assurément dignes de considération ; mais comme le silence s'est fait depuis lors sur ce sujet, il faut peut-être en induire que la nécessité d'injecter une abondante quantité

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de sérum, par le risque des accidents que comporte cette façon de faire, a finalement fait hésiter les médecins dans l'emploi de cette sérothérapie.

M. Elliot avait donné à ses malades de 60 à J6S centimètres cubes, par injections de 15 à 30 centimètres cubes ; et il faut reconnaître que ce sont là des doses peu maniables.

Ces observations , pour insuffisantes qu'elles soient, ne sont pas cependant décourageantes. La sérothérapie antivariolique n'a certainement pas dit son dernier mot, et il eût été fâcheux qu'elle fût abandonnée au point où elle était arrivée. Le mal qu'elle vise peut, dans les pays où la vaccine est négligée ou inconnue, se montrer terrible à un moment donné ; et bien souvent il est au dessus des ressources de la thérapeutique banale.

Un travail publié tout récemment nous apporte la preuve que MM. Béclère, Chambon et Ménard n'ont pas abandonné leurs recherches. A propos de l'action du sérum immunisant, ces auteurs mentionnent cette particularité que ce sérum, injecté sous la peau d'une génisse à la dose du centième de son poids, immédiatement avant la vaccination à

Taide de nombreuses inoculations sous-épidermiques d'un virus éprouvé, confère à cet animal une immunité relative, suffisante pour rendre stériles le plus grand nombre des inoculations, pour donner aux rares éléments éruptifs un aspect rudi" mentaire et avorté, et surtout pour faire perdre toute virulence appréciable à la lymphe contenue dans ces éléments, et qui cesse dès lors d^être inoculable à des sujets non vaccinés, enfants ou génisses.

En réalité, Finjection de sérum immunisant modifierait moins complètement l'aspect extérieur des éléments éruptifs qu'elle ne détruirait la virulence de leur contenu : des vésicules d'apparence à peu près normale renfermant alors une lymphe qui n'est plus inoculable.

Il resterait maintenant, pour pousser la question plus avant, à abandonner, comme antivariolique, le sérum antivaccinal, et à étudier le sérum antivariolique proprement dit.

Quelque opinion que l'on ait sur l'unité ou la dualité d'origine des virus vaccinal et varioliquc, on doit reconnaître que les deux processus cliniques sont assez dissemblables pour que les propriétés du sang, dans la vaccine et dans la variole, soient également différentes.

D'où l'indication d'étudier l'action, soit du sérum des animaux inoculés avec la variole humaine, légitime, soit du sérum des convalescents de variole, sérum qu'il serait facile de se procurer en temps d'épidémie, et dont il faudrait réserver l'administration, si elle était reconnue efficace, pour les cas très graves.

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