LA SÉROTHÉRAPIE DE LA PNEUMO-ENTÉRITE DES PORCS
On sait que les maladies du porc, connues sous les noms de Swine-Plague, Hog-Choléra et pneumoentérite infectieuse, sont dues à un seul et même virus.
La vaccination des lapins, par M. Silbekschmidt (1895) contre le microbe virulent, a été obtenue au moyen de sang et de cultures stérilisées. Elle dure au moins quelques mois.
Le même auteur a pu aussi réaliser cette vaccination au moyen d'injections de sérum d'animaux vaccinés ; mais dans ce cas elle n'est que passagère.
Il est vraisemblable que ce dernier résultat est applicable au porc, et qu'on pourrait obtenir un sé-
LA SÉHOTH. 13
rum capable d'exercer une action préventive *et curative très précieuse dans les étables infectées.
LA SÉROTHÉRAPIE DE L'INFECTION PAR LE VIBRION AVICIDE
En 1893, M. Bruhl, au cours de recherches sur la vaccination chimique à l'aide de cultures stérilisées de vibrion avicide, constata que le sérum des animaux ayant reçu de ces cultures, avait acquis des propriétés bactéricides, vaccinait le cobaye et guérissait l'animal infecté.
M. J. LiGNiÊRES, comme complément d'une étude de microbie sur la fièvre typhoïde du cheval et sa bactérie pathogène, a recherché si l'on pouvait préparer un sérum actif contre cette infection, en vaccinant
LA SÉROTHÉRAPIE DE LA PESTE ROVINE 19S
des chevaux à l'aide de petites doses du virus actif.
Il y a réussi. L'injection sous-cutanée de un centimètre cube de sérum de cheval ainsi immunisé à un cobaye ayant reçu une dose égale à huit fois celle qui suffirait à le tuer en vingt-quatre ou quarantehuit heures, permet à l'animal de triompher de cette redoutable maladie.
La fièvre typhoïde du cheval sévit souvent dans les écuries de nos grandes villes sous forme d'épidémies très meurtrières. Il serait donc tout indiqué, à la première occasion, d'essayer ce sérum sur le cheval malade, d'autant qu'il s'agit d'une infection contre laquelle les médications banales paraissent avoir très peu d'influence.
A la fin de l'année 1896, M. R. Koch, en mission dans l'Afrique du Sud pour y étudier sur place la peste bovine, fit à Kimberley quelques essais de sérothérapie contre cette infection, et en imagina un procédé nouveau. >
Une première atteinte de peste, si elle est assez atténuée pour ne pas faire mourir Tanimal, le rend réfractaire à cette affection ; et chez les jeunes animaux, notamment chez les moutons et les chèvres, la peste bovine est le plus souvent bénigne. Or M. Koch put s'assurer que le sérum provenant de ces animaux jouissait de quelques propriétés immunisatrices.
Mais il fallait- employer cent centimètres cubes d'un tel sérum — dose considérable, comme on le voit — pour conférer une immunité légère, et seulement de peu de durée. Dans ces conditions, la sérothérapie ne pouvait être employée en grand.
En injectant ce sérum additionné de sang virulent, M. Koch aurait réussi à conférer une immunité durable, et assez accentuée pour que Tinjection de vingt centimètres cubes de sang pestiféré frais (dose représentant dix mille fois la dose mortelle) n'exerçât plus aucune influence fâcheuse sur les animaux en expérience.
L'immunisation ainsi obtenue serait plus semblable à celle que confère une atteinte même de la maladie, que celle que procure en général la sérothérapie. En réalité, le procédé consiste à atténuer le virus par l'action — sans doute bactéricide — du sérum vaccinal, et à inoculer les animaux avec le virus ainsi atténué.
LA SÉROTHÉRAPIE DE LA PESTE ROYINE 197
Une observation semble en faveur d'un tel mécanisme : c'est qu'il faut attendre au moins quatorze jours pour que l'immunisation soit produite ; tandis que l'immunisation serait immédiate si elle était d'origine sérothérapique, et serait au contraire bien affaiblie après une quinzaine de jours.
Quoi qu'il en soit, avec un litre de sérum, il serait possible de préparer un virus atténué suffisant pour immuniser environ cinquante animaux.
Cette sérothérapie in vitro est intéressante, et trouvera peut-être d'autres applications pour préparer des . vaccins sûrs avec des virus rebelles aux procédés ordinaires d'atténuation.