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Fig. 46 à 50. — Diverses sortes d'assemblages usités dans la confection des grilles. — Assemblage à tenon d'épaisseur, — à tenon réduit, — à tenon rapporté, — à tenon rapporté et à prisonnier, — à ^às.
lions sérieuses. Que la grille comporte deux ou quatre sommiers, théoriquement l'assemblage des barreaux reste le même. Dans la pratique, toutefois, où l'on cherche à obtenir trop souvent de la grâce aux dépens de la qualité, on recourt à certaines simplifications qui permettent d'apporter dans l'exécution plus de rapidité et plus d'économie. Bien que de toutes les grilles les plus solides soient, sans contredit, celles dont les montants sont, du haut jusqu'en bas, formés d'un seul morceau et passent tous au travers des barres transversales, néanmoins il arrive parfois que les barreaux vont seulement d'un sommier à l'autre. Dans
ce cas, au lieu de pratiquer dans les deux sommiers extrê*mes des mortaises delà taille des barreaux montants, on se borne à percer ces sommiers de trous ronds, et on amindt sur l'enclume l'extrémité des barres, de façon qu'elles se terminent en lardons. Ces lardons, de même calibre que le trou pratiqué, doivent être de suffisante longueur pour pouvoir aller, au delà du sommier, s'engager dans une pièce rapportée servant d'amortissement et qu'on a préalablement façonnée à l'étampe, soit en pointe de flèche, soit en 1er de lance, soit en feuille de lotus, soit en boule^ etc. Pour la partie basse on procède de même, et le lardon, après avoir traversé le sommier inférieur, vient s'emboîter dans sn ornement en forme de culot, de pied de lance, de bout ie canne, etc. Quand le travail a été exécuté avec précision €t que la pièce d'amortissement est soigneusement goupillée, l'ouvrage, tout en étant moins résistant, ne laisse pas que d'être encore d'une solidité convenable, et un œil exercé peut seul découvrir ce stratagème économique.
Cette façon de procéder, assez généralement employée, remporte certaines variétés qui sont, elles aussi, d'un courant usage. Veut-on donner plus de solidité à cette sorte ^'assemblage : au lieu d'un trou rond pratiqué dans sa traverse, le serrurier façonne une véritable mortaise carrée d'un calibre sensiblement plus étroit que la largeur du fer. Cela fait, il ébauche sur l'enclume et finit à la lime l'extrémité de son montant, le terminant non plus en lardon, mais en tenon carré. Cette modification complique assurément îa besogne, mais elle offre cet avantage que le barreau, retenu par ses angles saillants dans le calibre de la double mortaise pratiquée dans le sommier et dans la pièce d'amortissement, est plus solidement fixé, et que les diverses parties ainsi assemblées n'ont aucune possibilité de tourner,
1. La grille qui entoure le palais de la Bourse fournit un exemple de la façon dont se fabriquent ces simplifications économiques.
alors même que la goupille retenant le tout viendrait à être rongée par la rouille et à se rompre.
Si cette façon est plus compliquée, il en est d'autres plus simples. Le serrurier, en effet, dans bien des cas et surtout quand il s'agit d'ouvrages très ordinaires, au lieu de forger en tenon ou même en lardon l'extrémité de son barreau montant, le coupe net et le perce d'un trou rond correspondant comme diamètre à ceux dont il a préalablement gratifié la traverse et la pièce d'amortissement. Gela fait, il façonne une forte goupille, à laquelle il donne le nom de ■tenon rapporté, et qui joue à peu près dans ces sortes d'assemblages le même rôle que le tourillon dans la menuiserie. Traversant le sommier de part en part, elle ressort de chaque côté et pénètre à la fois dans le barreau montant et dans la flèche d'amortissement où, goupillée à ses deux extrémités, elle réunit et maintient les trois pièces.
Est-il nécessaire de faire remarquer qu'aucun motif, aucune raison, n'exigent que ces diverses simplifications du travail se manifestent à l'œil d'une façon apparente ? N'ajoutant rien à la qualité ni à la solidité de l'œuvre, elles doivent au contraire — lorsqu'on y recourt — être autant que possible dissimulées. C'est pourquoi le dessinateur, s'il est tenu de savoir que, grâce à certaines pratiques, le prix d'exécution de son modèle peut subir quelque atténuation, n'a par contre à se préoccuper, ni dans l'établissement de son plan général, ni dans le tracé de ses épures, de ces ar tifices de fabrication, que le serrurier emploie sous sa res ponsabilité, et dont l'opportunité relève uniquement de sa compétence.
Il n'en est pas de même pour les autres assemblages dont il va être question, et qui exercent une influence di-i recte sur l'ordonnance des grands ouvrages de serrurerie.
DES CONDITIONS DE SOLIDITE QUE DOIVENT REMPLIR LES GRILLES EXTÉRIEURES, ET DE DIVERS MODES d'aSSEMBLAGE USITÉS DANS LEUR CONSTRUCTION.
Une des principales préoccupations de l'artiste qui dessine le modèle d'une grille extérieure et du serrurier qui en combine les éléments, doit être — nous l'avons dit — d'assurer la force de résistance de son ouvrage. Le rôle de ces sortes de clôtures, on ne saurait trop le répéter, est essentiellement protecteur. De cette considération primordiale découlent certaines exigences de construction, parmi lesquelles il convient de mentionner en première ligne la nécessité de n'employer que des fers d'une grosseur suffisante pour pouvoir, sans être faussés, résister aux pesées du dehors, et en second lieu l'obligation de régler la distance des barreaux de façon qu'ils ne puissent, même en subissant un léger écartement, livrer un passage à des personnes malintentionnées. Cette double exigence exerce naturellement sur la conception de l'œuvre, sur la disposition de ses lignes principales et sur sa tenue définitive une décisive influence. Enfin, il importe également que la grille présente à son sommet un obstacle en quelque sorte infranchissable.
La grosseur des fers devrait, semble-t-il, se trouver réglée par la hauteur de la grille et, par conséquent, par la longueur des barreaux. Il est clair, en efî'et, que ceux-ci doivent être d'autant plus épais qu'ils sont plus allongés, car la pression d'un levier sur une tige de fer a d'autant plus d'action pour la fausser, que les assemblages chargés dé maintenir cette tige sont placés à une plus grande distance. La solution de ce problème assez facile, surtout de nos jours où la résistance des matériaux est si
bien connue, — permettrait de modifier d'une grille à l'autre l'épaisseur des barreaux et d'introduire dans les ouvrages de serrurerie une variété qui en augmenterait le charme. Mais, soit esprit de routine, soit indifférence, soit crainte de multiplier les épaisseurs des fers et de s'obliger ainsi à un assortiment et à des approvisionnements plus considérables, les serruriers ont réduit à un petit nombre de types les barreaux et les verges dont ils se servent couramment*. Gomme les grilles n'ont pas une hauteur indéfinie, — peu d'entre elles dépassent 3 à 4 mètres de développement entre les deux sommiers, — et comme on a remarqué qu'un barreau de 0™,0275 à 0™,030 de côté offre une résistance suffisante même avec cette longueur extrême ; comme d'autre part on a constaté qu'un écarte-
1. Pour plus d'exactitude, nous avons tenu à mesurer nous-même l'épaisseur des verges et barreaux d'un certain nombre de grilles de types très différents, et nous avons trouvé qu'à l'exception de celle qui orne la façade du Palais de justice et qui, par suite de la destination du lieu qu'elle clôture, est d'une force exceptionnelle, la différence existant entre ces diverses grilles est beaucoup moindre qu'on ne le supposerait au premier abord.
Palais de Justice
Jardin du Luxembourg (V) ,
Jardin des Tuileries (V)
Biblioth. Nationale, rue des Petits-Champs Bibliothèque Nationale, rue Vivienne (D) . .
Palais-Royal, grilles intérieures
Place Royale (V)
Jardin de Cluny
Val-de-Grâce (D)
Palais de Versailles
Garde-Meuble
Les lettres (V) désignent celles d'entre ces grilles dont les montants sont formés par des verges rondes ; les lettres (D), celles dont les barreaux sont disposés diagonalement.
LARGEUR DES mS