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LA SERRURERIE i5

tour plans ou cintrés, horizontaux ou rampants, et, suivant le développement des différentes parties, larges ou étroits; car dans un grand nombre d'escaliers, et notamment dans ceux à quartiers tournants, où les travées sont presque toujours irrégulières, la largeur des panneaux doit se proportionner aux divisions de la volée, de façon que le point central de celle-ci coïncide avec le milieu du panneau. En opérant ces diverses transformations, le serrurier fait œuvre non seulement d'artisan accompli, mais encore de décorateur émérite.

Pour ce qui est d'élargir ou de rétrécir les panneaux sui'-» vantle développement des volées, le problème n'est pas très compliqué, et nous avons indiqué dans notre volume consacré à la Décoration (voir fig. 53 à 55) comment il s'y faut prendre pour étendre ou resserrer un dessin sans diminuer ou augmenter le nombre des éléments qui le composent. La seule difficulté sérieuse que présente ce travail c'est qi:e, parfois, le développement du panneau est trop considérable pour qu'on puisse le remplir uniquement avec les contours du modèle t^^pe. Mais le serrurier résout ce petit problème par l'adjonction de barres parallèles aux lignes du bâti, auxquelles on donne le nom à'entretolses.

Pour transporter son dessin sur un plan arrondi, de même que pour transformer son panneau carré en losange, la difficulté est plus grande. Le serrurier, dans l'un et l'autre de ces deux cas, recourt à la mise aux carreaux. Lorsqu'il s'agit du panneau qui doit garnir un quartier tournant, il trace sur la convexité d'un tambour de même forme que ce quartier tournant des lignes verticales et horizontales représentant le cadre du bâti, puis il divise les montants en quatre, six ou huit parties égales, et les traverses à pro»portion, et il établit ainsi un nombre plus ou moins considérable de carrés qui, lui servant de guides, lui permettent de transcrire le dessin sur cette surface convexe.

Pour les rampants il agit de même Avant de démonter

son bâti pour le rapporter à l'atelier, le serrurier relève avec soin, à l'aide d'un compas à verge ou d'une petite griÉFe spéciale, l'ouverture des quatre angles formés par les traverses et les montants; puis il trace sur une feuille de carton ou de tôle les quatre lignes du bâti avec l'inclinaisonqu'elles doivent présenter, et ces quatre lignes, également divisées et reliées entre elles par des lignes intérieures qui forment un certain nombre de losanges, permettent à l'exécutant de

Fig. 71 à 73. — Manière d'incliner ou de recourber les panneaux de rampe.

transposer son dessin, et de donner ainsi aux contours qui meublent son cadre, la direction et la déformation nécessai res. Enfin, quand le panneau doit être à la fois rampant et tournant, on recourt aux deux moyens que nous venons d'indiquer et on trace les losanges du bâti sur un tambour de convexité convenable (voir fig. 71 à 73).

Son dessin une fois transposé, le serrurier exécute, ainsi qu'il a été dit plus haut, les diverses pièces qui doivent former ses contours, les appliquant sur son modèle et les rectifiant jusqu'à ce qu'elles coïncident parfaitement; et quand ses pièces sont complètement forgées, il les ajuste comme il a été expliqué au cours du précédent chapitre.

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