‹ La serrurerieChapitre 16 sur 38 · Voir Orfèvrerie, p. 29 et suiv · texte numérisé non relu

Voir Orfèvrerie, p. 29 et suiv

rent de six à huit centimètres. Ils affectent, suivant la nature et les besoins du travail, des formes différentes, et leurs noms varient avec leurs formes. Les plus usités sont la boule, la demi-boule, la bouterolle, le clavoir, le tas fendu, etc. Ce dernier, qui ressemble à la pointe d'un marteau fourchu, se termine en branches plus ou moins écartées. Il sert à faire les grosses nervures à côtes, qui jouent un rôle important dans la marche de l'ouvrage, car elles servent de guides. On les exécute, du reste, en appuyant la tôle sur le tas, et, en frappant avec le marteau à l'endroit où se trouve la fente, on forme ainsi un sillon qui marque la nervure.

Quand, dans une grille ou dans tout autre ouvrage, il se rencontre des ornements semblables qui marchent par paire et sont symétriques, comme par exemple les piè-

Fig. T6. — Entrée de serrure en tôle ces qui enrichissent Ics deuX repoussée, composée par Mathurin a r n r j. ^

Jousse. cotes d un fronton, pour ob-

tenir plus de régularité et aussi par économie de temps, on façonne ces ornements ensemble. Pour cela on découpe deux feuilles de tôle suivant le modèle préalablement dessiné, mais en tenant l'une des deux un peu plus large que l'autre, de façon à pouvoir replier les bords de la seconde sur la première, de telle sorte qu'elles ne puissent se déranger au cours dj travail; puis, à coups de marteau, on les modèle toutes deux à la fois. Lorsque, au contraire, l'ornement qu'on veut exé-

cuter comporte un développement considérable et qui rendrait par ses dimensions le relevage difficile, on divise la feuille découpée en plusieurs parties (voir fig. 74 et 75); on travaille chacune d'elles séparément et on les réunit ensuite par une soudure, ou à l'aide de rivets. C'est par ce procédé simplificateur que sont obtenues ces fleurs délicates dont les nombreux pétales viennent se greffer sur une tige unique, et ces palmes, ces feuilles énormes, dont le renversement , s'il devait être tiré d'un seul morceau , serait trop difficile à exécuter. Les premières, appelées à être contemplées de près, sont réunies par des soudures extrêmement délicates*; les rivures, au contraire, sont employées pour les vastes ornements placés généralement loin de l'œil.

Nous avons dit^ de quelle habileté font preuve les ciseleurs lorsqu'ils se mêlent de repousser les métaux précieux, et les prodiges qu'ils accomplissent d'une façon en quelque sorte courante. Le releveur ne le cède en rien à son noble rival. Sans autres outils que ceux énumérés plus haut, il transforme une feuille de tôle non seulement en fleurs, en feuillages, mais en masques, en cartouches, en lambrequins, en armoiries, en couronnes. Conduisant son métal avec le marteau, il en déplace les molécules, appauvrit les parties qui doivent rester planes pour renforcer celles qui se relèveront en généreux reliefs, et peut ainsi faire prendre à sa feuille rigide toutes les apparences qu'il désire. Si, sortant de son rôle de décorateur, il veut faire acte de maîtrise, il saura, comme le ciseleur, creuser sa tôle en forme de coupe, l'arrondir en forme de bassin, pour arriver à façonner dans cette matière rebelle un gobelet, une urne et même, à l'aide de la retrelnte, une bouteille

1. Ces sortes d'ouvrages sont exécutés non pas en tôle ordinaire, mais en fer forgé, et ne peuvent être considérés que comme des chefsd'œuvre de maîtrise.

Page 1