‹ La serrurerieChapitre 18 sur 38 · Voir Orfèvrerie, loco cit · texte numérisé non relu

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tesse leur est nécessaire, sous peine de les voir se briser au premier choc.

Soit qu'on les destine à une grille, à un panneau, à un fronton, à un amortissement, etc., une fois que les ornements relevés ont été complètement achevés, on les livre au monteur. Celui-ci a pour mission de les ajuster et de les mettre en place, ce qu'il exécute à froid à l'aide de vis ou de rivets. Les monteurs maladroits abusent de ces moyens, et laissent en outre les points d'attache assez visibles pour permettre à l'œil de constater les assemblages et de compter les morceaux. Les monteurs habiles, au contraire, dissimulent leurs rivets, les soudent parfois sous le fragment qu'ils doivent appliquer et, quand l'ornement est de grande taille, munissent celui-ci de tenons qui, goupillés dans des mortaises, permettent, en chassant la goupille, d'enlever la pièce d'applique sans détériorer les supports.

Mais quelle que soit l'habileté du monteur, son travail, pour produire un heureux effet, a besoin que le dessin général de l'œuvre ait été conçu avec goût et par un artiste connaissant à fond la mise en œuvre du fer. Dans tous ces beaux ouvrages, en effet, l'aspect n'est vraiment satisfaisant que si les armatures, tout en rassurant l'œil par leur solidité bien apparente, sont cependant assez souples, assez sveltes, assez légères pour que les feuilles d'ornement puissent paraître capables, en certains endroits, de servir de supports.

En outre, il est des convenances spéciales dont ceux qui façonnent le fer sont obligés de tenir compte. Si les grilles extérieures, nous l'avons maintes fois répété, constituent une défense, les grilles intérieures, les balcons, constituent, au contraire, une protection. On doit donc éviter dans la disposition de ces beaux ornements, le plus souvent découpés, barbelés, dentelés, qu'ils soient disposés de façon à égratigner l'épiderme des personnes qui s'en approchent ou bien à accrocher au passage les habits ou les

Tobes. Pour les parties qui sont hors déportée, comme les amortissements de grille, les enseignes, les potences, etc., et même pour certains objets mobiliers qui ne sont point destinés à être maniés, tels que les cadres de miroir, les lanternes, le dessinateur peut se permettre toutes ses fantaisies et combiner à loisir les efflorescences de rinceaux qu'il lui plaît d'imaginer. Mais pour les appuis de fenêtre, les lïalcons et les rampes, il n'en est plus de même, et, afin d'éviter tout accident, les pointes des fleurons, si elles ne peuvent être supprimées, doivent être tout au moins reje tées en dehors^.

Enfin, quels que soient le charme et la richesse de ces ornements, il ne faut en user qu'avec sobriété, et toujours se souvenir que, dans l'art du fer, comme, du reste, dans la plupart des autres arts de l'ameublement, l'utilité doit rester bien visible; et qu'en aucun cas la logique de la forme ne doit être subordonnée à l'abondance de l'ornementation ou aux exigences du décor.

1. Cette raison a fait substituer, dès le xviii" siècle, les feuilles d'ornement en cuivre fondu et ciselé aux feuilles de fer relevées. On trouve déjà dans les modèles de Fordrin l'indication de substitutions de ce genre. Duhamel du Monceau dit à ce propos que cette substitution du cuivre au fer « épargne de la peine et est préférable, parce que, les fleurons relevés étant fort minces, ils sont assez souvent rompus quand ils sont à portée de la main ». Au xviii® siècle, les ornements de la rampe de Saint-Roch furent fondus et ciselés par Gallien. La belle grille de la préfecture à Tours est également enrichie de feuilles d'ornement en bronze. De nos jours, on a exécuté un certain nombre de grilles décorées de la même façon. Nous citerons entre autres celles du château de Bagatelle, de la Sorbonne, etc.

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