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Tableau de Paris, t. XI, p

C'est vraisemblablement vers le milieu du xiv® siècle que ce mode d'assemblage, dont la serrurerie d'art devait par la suite tirer un si puissant parti, commença d'être pratiqué. Au siècle suivant, la grille du château de Tarascon* atteste la perfection à laquelle ce genre d'ouvrage était parvenu. A partir de cette époque, on rencontre, au surplus, dans la clôture des grandes baies toutes les dispositions et toutes les combinaisons qui sont, depuis lors, demeurées en usage, et dont nous parlons dans notre première partie. C'est ainsi que les montants, tantôt, disposés carrément, se montrent de face, et tantôt, scellés diagonalement, offrent un de leurs angles en façade. Mais sous quelque aspect qu'ils apparaissent au regard, toujours les nœuds des traverses accordent leurs ressauts avec la position des barreaux, et le travail présente ainsi cette logique de construction et cette propreté d'exécution, qui sont un des charmes de ces sortes d'ouvrages.

Ajoutons que le serrurier, grâce à son imagination constamment en éveil, s'efforce, dès ces temps lointains, de varier ses façons et de perfectionner ce système d'assemblage si pratique. Parfois il imprime à ses barreaux une torsion qui, ajoutant à leur force de résistance, donne à l'ouvrage une variété d'aspect qui n'est pas sans agrément. D'autres fois il les arme, à leur partie supérieure, de pointes ou de chardons qui, prenant l'aspect de végétations pittoresques, transforment en décoration un organe essentiellement défensif. Bien mieux, il soude au droit de ses principaux montants des piquants qui, tenant les indiscrets à distance, préviennent toute idée d'escalade. Enfin il imagine ces grilles entrelacées, chefs-d'œuvre d'ingéniosité et de patience, dont les œils alternés, faisant les traverses et

1. Cette grille, qui existe encore et dont M. Viollet-le-Duc donne un releyé en perspective dans son Dictionnaire de l'Architecture (t. VI, p. 74), fut mise en place en 1447 par « Maistre Anthoine, serrurier de Tharascon». {^ o'iv Comptes et Mémoriaux du Roi René, p. 135, art. 358.)

les montants solidaires, rendent impossible l'enlèvement des barreaux *.

Mais ce qui, à partir de cette époque, caractérise surtout le travail du serrurier, c'est la fidélité qu'il garde à cette disposition nouvelle, qui lui permet, en associant directement ses gros fers, de supprimer en partie les liens, les tenons, les rivets, et d'assurer ainsi à ses travaux une apparence de solidité et une force de résistance que n'offraient point les fermetures garnies de brindilles du xn® et du xiii^ siècle. Désormais il n'abandonnera plus ce système de construction, très injustement critiqué par certains écrivains; et plus tard il trouvera dans son emploi régulier le moyen d'exécuter, avec une facilité relative et une indiscutable rapidité, ces gigantesques clôtures dont le Moyen Age et même la Renaissance n'eurent aucune idée.

Mais c'est moins dans ces grands ouvrages que les serruriers de ces temps lointains montrèrent l'habileté de leur main-d'œuvre et la variété de leur génie, que dans les ferrures de portes, de coffres et d'armoires, et c'est de cellesci que nous allons nous occuper.

1. Les premières grilles entrelacées dont nous ayons retrouvé la trace paraissent avoir été posées en 1331 par Renaut le Fèvre au château des Andelys. Il est, en effet, question dans le règlement de compte de cet artisan (Voir Actes normands de la Chambre des comptes^ p. 28) de « pesées de fer mises es barreaux où les verges sont engrafiées ».

Pig. 102. — Coffret armé de ferrures, (xv» siècle.)

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