SCÈNE lY
Les Mêmes, MAGLOIRE.
MAGLOIRE, s'élançanu Catherine Jolivet?
ANNETTE
Oh ciel !
M. DIDIER
Ah! il m'a fait une peur...
MAGLOIRE
Qu'est-ce qui a parlé de Catherine Jolivet ?.. Comment, Mamzelle Annette, c'est vous, une brave et bonne fille comme vous, qui avez de pareils mots dans la bouche ?
M. DIDIER, à Magloire.
Tn la connais donc, toi?
MAGLOIRE
Puisque c'est avec elle que j'ai dû me marier, la sans-cœur!.. Elle est de mon pays et même de ma famille... c'est-à-dire, elle en a été, autrefois, dans son bas âge... j'ai vu ça enfant, il y a long-temps. Enfin, croiriez-vous que cette péronnelle-là, à la honte de toute la commune de Pont-Sainte-Maxence , où nous avons toujours, de père en fils, eu des principes charmans... que cette dite Catherine Jolivet... ça me fait du mal de prononcer son nom... ça m'écorche jusqu'aux oreilles.
M. DIDIER
Voyons, en finiras-tu?., qu'a-t-elle fait?
MAGLOIRE
Ce qu'elle a fait? vous allez frémir. Sur le point de se marier avec moi... c'était arrangée, j'allais partir... elle me refuse!., elle me refuse!., elle ne me connaissait pas, la malheureuse... et pourquoi?., pour se laisser enjôler par un jeune et bon soldat, et, quand celui-là a quitté le pays, psit !.. elle est partie avec lui autre... et de trois! hein, comment trouvezvous ça?., c'est du gentil? fi! pouah! ah! grand Dieu !
ANNETTE, à part.
Et ne pouvoir se défendre !
MAGLOIRE
Au surplus, il ne s'agit pas de ça. En parlant de soldats, \oici bien une autre histoire : j'allais mettre Brisquetie à l'écurie, quand je trouve sa place occupée par une autre bêle de la même espèce; avec une belle housse, des pistolets dans ses poches, et qui grugeait l'avoine, que c'était une bénédiction.
M. DIDIER
Que dis-tu là? dans mon écurie ?.. mon écurie, à moi?
MAGLOIRE
Parfaitement bien... votre propre écurie?.. t^ J'entends alors des chants joyeux à vous fendre