‹ La servante du curé, tableau-vaudeville en un acteChapitre 10 sur 20 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

BRIGITTE, puis après, MICHEL.

BRIGITTE;, seule. Qu'elle folie ! voilà pourtant ou passent se?

épargnes!., conçoit - on un pareil homme!., humain, indulgent avec tous, et pour moi seule d'une sévérité... mais c'est cette madame Gaillard qui m'a valu la semonce qu'il vient de me faire , aussi je lui en veux !..

Elle ouvre les deux papillotes que vient de lui remettre M. Thomas, et compte l'argent qu'elles contiennent.

MICHEL, arrivant par le fond, et paraissant légèrement en train. Air : Lorsque le Champagne.

Vive la fillette ,

Vive le vin vieux .

Mill'-z-yeux !

Bouteille et fleurette

C'est mon r'frain joyeux 1 Lorsque j' suis en route , Ma foi coût' que coûte , Faut que j' boiv' la goût le A tous les cabarets ; Mais un' chos' qui m' passe , C'est qu' si ça m' délasse, Plus aussi je m'en r 'passe, Et moins j'ai d' jamb' après...

Vive la fillette, etc.

BRIGITTE, apercevant Michel. Que vois-je, un soldat!., ah! quelle rencontre!..

Elle se sauve en faisant des signes de croix.

SCNE VIII.

MICHEL, se ut f la regardant s'éloigner.

Dites donc, dites donc, la petite maman?..

Air : Vaud. de POurs et le Pacha.

Eh ben, l'toure*t drôle, vraiment,

Et ça m' coup' tout court la parole ;

Comment j' l'aborde poliment

Et la v'ià qui s' sauv' comme un' folle !

Elle est encore honnêt', m* foi

Connaître aussi peu les usages... bis.

Un' femme se sauver de moi !..

J' suis donc dans 1' pays des sauvages ?. .

Ah! ça, faut pourtant bien que je sache... le curé, ça doit être un homme connu. (Fixant renseigne de madame Gaillard.) Au signe delà croix... je ne dois pas en être bien loin. Allons, allons, Michel, la cantine à l'air soignée, c'est ici qu'il faut établir ton quartier- général... (Frappant avec son sabre sur la table.) Holà! hé! la maison! mame veuve Gaillard!., coquin de soleil, il fait une sécheresse dans le département d'Avalon!..

i5 SCÈNE IX.

MICHEL, LELEU, en costume de cuisine.

LELEU, accourant. Voilà! voilà!., tiens, c'est un militaire.

MICHEL, l'examinant. Eh! ben dis donc, est-ce que c'est toi qu'est la Teuve Gaillard ?

LELEU, riant. Moi! par exemple! vous ne voyez pas que je suis le chef...

MICHEL, otant son casque et son sabre. Bien, bien, le mari n'estce pas?

LELEU. Eh ! non, puisqu'elle est veuve; je suis son garçon...

MICHEL, dis donc son fils, alors...

LELEU. Mais non, son garçon... de cuisine.

MICHEL. Comment tu me fais droguer là, une heure, pour m'apprendre que t'es le marmiton! a-t-on vu un pareil animal?. .

LELEU, piqué. Animal? militaire vous êtes guère civil?

MICHEL. Voyons, voyons, sers-moi vite à boire... à manger: ta cuisine est-elle chaude, qu'est-ce que t'as?

LELEU. Oh ! nous avons beaucoup de choses... d'abord, nous avons une noce... et dans le soigné, y a bal. C'est moi aussi qui joue ordinairement du violon dans ces circonstances-là, voyez-vous, parce que l'autre musicien qu'est le maréchal , y n'a pas le temps, il est toujours affairé,

MICHEL. Dis-moi donc, farceur, est-ce que tu ne vas pas me servir autre chose que des calembredaines !

LELEU. Vous ne m'avez rien demandé.

MICHEL. Est-ce que je sais ta carte, imbécile !

LELEU. Je vas vous la dire...

Air de Marianne.

la de la dinde en rémoulade, Des rognons, du beurr', des radis, Du fricandeau, de la salade, •• Des côtelettes, des perdrix.

la delà tanche

Alasauc' blanche,

là de l'agneau,

Du gigot, dTaloyeau,

la d' la giblotte,

De la mat 'lo te,

Pour entremets Des choux-fleurs, des beignets ; Ensuite le café d'usage...

MICHEL

Non, ce serait t rop pour l'instant, Apport'-moi, là, tout simplement...

Un morceau de fromage.

iG

LELEU. Sans serviette, n'est-ce pas? goguenard de militaire, va!

Il sort.

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