COUPLET
Le pauv' Claudin , toute la journée ,
A la tête tournée.
Depuis (jue mon cœur vous chérit, L'amour me traite comme un nègre; Je crois que j'en sis déjà maigre ; Car vot' douceur, pis vot' esprit, Tout ça me rend bête et sensible Comme il n'est pas possible.
GEORGETTE, à part.
G'pauvre gnreon, comme il m'aime'. Oh ! il m'vient une fe'onne idée. Écoulez donc, lu'sieu Claudin. {Elle regarde de -côté et d'à ut re. )
CLAUDIN
[ Quoique vous avez donc ?...
GEORGETTE
J' crains que mon cous-in ne nous surprenne.
cl au dix.
A!i ! m'sieu Delorme ! je ne sais pas, mais je ne somme* pas irop cousins nous deux !
Air : Ij Amour est un Dieu volage.
De c'eousin je me défie :
Il me gronde à tout moment; Près de vous je l'vois souvent, Et pour moi c'est un tout ment.
, D'où lui vient donc c'te manie
DVoccuper soir et matin , D'ma maîtresse ou d'mon jardin?
Dans tous les coins il vous guette , D'moi sûr'ment il est jaloux.
Il courtise ma Georgelte , Et voudrait planter mes choux.
GEORGETTE
Woicu Claudin, vous avez un bien vilain défaut avec vot'
jalousie... C'est que c'est terrible, ça rend tout le monde malheureux, voyez-vous.
CLAUDIN
Oh! ea d'abord, c'est fini : je ne peux pas, c'est pus fort que moi;... j'somines connue un tigre...
GBOBGETTB.
Oh! c'est bien mal , vous dégoûteriez ceux qui auraient l'envie de vous aimer. Faudra vous corriger.
CLAUDIN
Écoutez mam'zelle Genrgelte , tout c' que f pouvons Rire pour vous, c'est d'être jaloux en dedans.
GEORGETTE
Ecoute, mon bon Gandin, tu dis que lu m'aimes bien , nue tu voudrais ben m'épouser..
CLAUDIN
Ali ! jarni !
GEORGETTE
Eh ben , faut que tu me prouves,que ta jalousie n'i'empcche pas d'être bon et soumis.
CUUDIff.
Oh Dieu! mais vous, quand vous m'parlez , vous me rendez ben meilleur, c'est les autres qui me rendent méchant!
GEOr.GETTE.
Ce que j'exige de toi n'est pas ben difficile... Il s'agit de répondre à ceux qui viendront te questionner: C'était moi.
CLAUDIN
Comment... c'esl-il une attrape?
GEORGEETE.
Non, non: par exemple, madame Brouillon viendra le dire : Ce malin, Georgelle, par ici, Gcorgelle, par là.
CLAUDIN
Ah! vous croyez ?
GEORGETTE
Oui, elle viendra te le dire: Eh ben, qu'est-ce tu dis à ea ?... c'clail moi. Surtout à ma cousine (d'an ton sâicre. ) M'sieu Ciaudin , dites donc un peu... c'matin, avec Geor-
gette... Eh! eh! oui, inadameDelorme, c'étailmoi.
CLAUDIN
Ah! ça queudrôle de charade !.. je n'y comprenons rien,
GEORGETTE
Eh hen, pardine! si lu comprenais, il n'y aurait pas de mérite...
CLAUDIN
Ah ça ! mais dites donc... c'était moi, c'est bon à dire... si pourtant celait quelque chose... là... qui pût me fâcher...
GEORGETTE
Eh hen ! mais puisqu'on te prévient? mon Dieu ! mon Dieu', mais sont-ils drôles?
CLAUDIN
Air : Vaudeville de V Avare et son ami. Maruzelle, queu singulier caprice !
J'espère qui- je le sauiai ; Mais il faut que j'vous ohéisse.
D'bon rœur , malgré moi je l'ferai , Voyez quel!' douceur est la nôtre!
Mhis il s'iait hen dur, sur ma Toi, D'aller dire que c'était moi, Si par hasard c'était un autre.
GEORGETTE
Enfin, voilà... je le veux ainsi... vous ne voulez pas ?
CLAUDIN
Je ne dis pas ça, au contraire.
GEORGETTE
A la bonne heure! tu me le promets... lu es gentil comme tout ! j'entends la voisine , je me sauve.