‹ La sexualité dans les naissances françaisesChapitre 12 sur 41 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Variations du rapport dans le temps.

SommaIRE. — [. Baissse de la masculinité chez les enfants nés vivants en France. — Il. Faits corrélatifs dans le même pays : relèvement des conditions économiques ; baisse de la natalité et de la mortalité ; mouvement de la mortalité du premier âge et de la morti-natalité ; baisse de la masculinité chez les morts-nés. — IT. Genéralité du phénomène a l'étranger.

Rien n’est immuable dans la nature. Tout s’y transforme, les phénomènes organiques plus vite que les phénomènes cosmiques, les phénomènes sociaux plus vite que les phénomènes organiques. Tenant à la fois des faits organiques et des faits sociaux, les faits qu’étudie la démographie doivent subir une évolution assez rapide. C'est ce que l’on peut vérifier pour celui dont nous traitons ici, le rapport numérique des sexes. Noue allons suivre ses transformations tant pour la France que pour les pays voisins.

Worms. 6

Dès le xvin® siècle, on constate chez nous la supériorité des naissances masculines. Buffon en parle, tout en disant qu’elle n’est constamment sensible que dans de grandes agglomérations comme Paris, tandis que dans la petite ville où il habite, Montbard, les naissances masculines lui ont paru équivaloir aux naissances féminines dans la décade 1765-1774 (1). Moheau et Messance, qui sont les pseudonymes de deux intendants célèbres (MM. de Montyon et de la Michodière) signalent aussi dans leurs œuvres respectives le même phénomène.

Mais c'est seulement au xix° siècle que, grâce à la confection régulière et périodique des statistiques officielles, le fait peut être établi et suivi avec précision. Il serait trop long d'indiquer ici le rapport des sexes pour chaque année depuis 1800. Du moins pouvons-nous donner ses moyennes quinquennales. Elles ont été calculées une première fois par un éminent statisticien, E. Levasseur, dans son livre sur La Population Française. Elles l'ont été une seconde fois, par les soins du Service de la statistique générale de la France, pour la publication de la Statistique internationale du mouvement de la population, Les chiffres obtenus de ces deux côtés sont presque concordants. Le tableau que nous allons donner les reproduit, en signalant en note leurs rares divergences. Les chiffres de E. Levasseur vont jusqu'en 1888; ceux de la Sétatisrique internationale, jusqu'en 1905 ; nous y avons ajouté la moyenne des cinq dernières années, calculée par nous. Ces chiffres ne portent que sur les enfants nés vivants, légitimes et naturels compris.

(4) Morceau intitulé : Naissances, mariages, décès, dans les œuvres de Buffon, édition des bibliophiles, t. IV, p. 333-358.

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Groupes d'années Coefficients de masculinité 1804-05 106,8 (4) 1806-10 106,3 1811-15 106,8 1816-20 106,6 (2) 1821-25 106,5 (3) 1826-30 105,9 1831-35 106,5 1836-40 106,0 1841-45 105,9 (4) 1846-50 105,3 1851-55 105,4 1856-60 105,1 1861-65 105,1 1866 -70 104,8 1871-75 105,0 (5) 1876-80 104,5 1881-85 105,1 (6) 1886-90 104,4 (7) 1891-95 104,3 1896-1900 104,2 1901-1905 104,0 1906-1910 104,4 |

(1) Chiffre donné par Levasseur seul. La Sfatistique internationale n’en fournit pas. \

(2) Ghiffre donné par la Statistique internationale seuie. Levasseur fond en une seule période décennale les deux périodes quinquennales 1811-15 et1816-20,et donne pour 1811-20 le coefficient 106,8.

(3) Chiffre donné d’après la Slatistique internationale. Levasseur donne 106,3.

(4) Chiffre donné d’après la Statistique internationale. Levasseur donne 105,8.

(5) Chiffre donné d’après la Statistique internationale. Levasseur donne 404,0.

(6) Chiffre donné d’après la Statistique internationale. Levasseur donne 104,8.

(7) Levasseur s’est arrêté à la période triennale 1886-88, pour laquelle il a donné 104,6.

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