CHAP. VIII. — RAPPORT SUIVANT LA FILIATION
inférieur à celui-ci. Elle donnerait donc relativement bien moins de garçons, contrairement à notre hypothèse.
Oui, mais ce n’est là qu’une première vue de la question. Il y a d’autres points à envisager. Pour savoir en quel rapport les garçons et les filles sont engendrés dans le mariage et hors mariage, trois rectifications sont à faire : 4° Au chiffre des enfants illégitimes non reconnus par le père, il faut ajouter celui des enfants illégitimes qu'il a reconnus dans l'acte de naissance. Car ceux-ci ont élé procréés, et ont vécu jusqu’à leur naissance, dans les conditions des enfants illégitimes. Partiellement même,
ils conserveront ces conditions plus tard.
2° A ce total, il faut ajouter eucore celui des morts-nés
illégitimes (forcément non reconnus, d’ailleurs, quoique parfois déclarés par le père lui-même). Ceux-ci aussi ont subi les conditions de la génération naturelle.
3° Mais, par compensation, il faut ajouter au chiffre des enfants légitimes nés-vivants celui des morts-nés légitimes.
Nous avons déjà donné les chiffres des enfants illégitimes reconnus. Quant à ceux des morts-nés des diverses catégories, les voici à leur tour, pour la même année
Catégories Garçons Filles Morts-nés légitimes . 18 515 13.599 2,092 2.220
Morts-nés illégitimes.
Faisons enfin les additions indiquées. Le total des enfants légitimement procréés ressort à 393.778 garçons et 374.377 filles: le coefficient de masculinité est,
parmi eux, 105,1. En même temps, le total des enfants illégitimement procréés ressort à 39.040 garçons el 37.038 filles ; le coefficient de masculinité est, pour eux, 105,4. Le coefficient des illégilimes est donc plus fort que celui des légitimes.Sans que l'écart entre eux soit considérable,il est dans le sens inverse de celui qu'indiquaient les apparences et qu'admettaient les théories reçues. Mais il est dans le sens de notre propre théorie. Conformément à nos prévisions, les faits, vus dans leur intégralité, ont montré que l'excès de mâles est plus grand chez les enfants naturels que chez les enfants légitimes. Cela s'explique fort bien, puisque les premiers ont été procréés dans de moins bonnes conditions sociales que les seconds.
L'on peut même aller un peu plus loin que nous ne venons de le faire. L'écart, disons-nous, n’est pas très considérable entre les denx coefficients de masculinité chez les enfants illégilimes et chez les enfants légitimes. Sans doute; mais il est fort probable qu'il le serait davantage si l’on était renseigné sur les procréations qui, aujourd'hui, ne sont pas déclarées. Nous avons dit antérieurement que les enfants nés vivants font presque tous l'objet d'une déclaration à l'état civil. Seulement, il n’en est pas de même pour les morts-nés. Ici la déclaration fait parfois défaut, soit par l'effet de la négligence, s'il s'agit d'une expulsion avant terme, soit par celui du crime, s’il s’agit d'un avortement. Tout porte à penser que ces deux causes agissent avec plus d'intensité pour les enfants illégitimes que pour les enfants légitimes. Il y aurail donc lieu de relever les totaux de ces deux groupes, mais surtout celui du premier, en raison de ces procréalions de morts-nés non déclarés. Et comme parmi les morts-nés le laux de masculinilé est considé-