‹ La sexualité dans les naissances françaisesChapitre 21 sur 41 · CHAP. VIII. — RAPPORT SUIVANT LA FILIATION · texte numérisé non relu

CHAP. VIII. — RAPPORT SUIVANT LA FILIATION

rable, l'excédent des mâles illégitimes par rapport à l'excédent des mâles légitimes serait encore accru. La différence des deux coefficients apparaîtrait alors comme étant, non plus seulement de trois dixièmes, mais peutêtre d’un demi pour cent environ, ce qui est déjà assez appréciable.

En somme, d’après les chiffres auxquels nous venous d'aboutir pour l’année 1906, le coefficient de masculinité serait légèrement plus élevé chez les enfants illégitimes que chez les enfants légitimes. Mais ce résultat a-t-il quelque généralité ? Pour le savoir, nous avons appliqué la même méthode aux années antérieures, en tenant compte chaque fois des deux catégories d'enfants naturels et en ajoutant aux nés-vivants les morts-nés (1). Nous avons opéré pour les cinq années qui précédèrent 1906, et nous avons formé ainsi le tableau suivant.

Ne Coefficients Coeflicients

des légitimes des illégitimes LOIRE RU MON ee 104,9 104,7 AO RER ER UT EE 105,4 103,7 UE ae INR EURE TE 104,8 103,7 AO OR ED Ph rraes Mereenn Ds 104,9 104,7 TE 0 SE CCR PIRE 105,4 104,7

Nous n’avons pas voulu nous en tenir ainsi aux années ‘comprises dans le xx° siècle, et nous avons cherché à savoir ce qu'il en était pour la dernière décade du x1x°.

(1) Les chiffres élémentaires se trouvent dans les volumes successifs de la Statistique annuelle du mouvement de la population, pages 12 et 13.

En remontant cinq ans au delà de 1901, nous avons trouvé qu’en 1896 le coefficient des enfants légitimes était 105,7 et celui des enfants illégitimes 102,9. Et en remontant cinq ans plus haut encore, nous avons constaté qu’en 1891 le coefficient des enfants légitimes était 166,2 et celui des enfants illégitimes 105,6.

Ainsi les résultats de ces recherches ne confirmaient point celui que nous avions obtenu en 1906. Cette année 1906 (dont le choix, nous le répétons, avait été fait par nous uniquement parce qu'elle est la dernière pour laquelle la Statistique annuelle ait été publiée) demeure jusqu'à présent la seule, à notre connaissance, pour laquelle le coefficient de masculinité soit moindre chez les enfants légitimes que chez les illégitimes. Il convient toutefois de remarquer que l'écart en sens inverse n'était que de sept dixièmes en 1905, de deux dixièmes en 1904 et en 1901. Mais enfin, si faible qu'il soit, il se révèle comme étant constamment, pour les sept années examinées en dernier lieu, dans un sens opposé à celui des chiffres de 1906, et par conséquent dans le même sens que celui que nos devanciers avaient constaté au xIx° siècle.

Nous avons alors cherché s’il serait possible d’avoir des données sur les années postérieures à 1906. Au Service de la statistique générale de la France on a bien voulu nous remettre des chiffres manuscrits concernant les années 1907 à 1910. Ils décomposaient les naissances par sexes en légitimes et illégitimes, sans d’ailleurs distinguer parmi ces derniers les enfants reconnus. En ajoutant dans les deux cas les morts-nés aux nés vivants, nous avons trouvé les coefficients suivants :

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