CHAP. VII. — RAPPORT SUIVANT LA FILIATION
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Dans l’ensemble, ces chiffres sont encore concordants avec les constatations de nos devanciers. Il est à noter toutefois qu’en 1908, les coefficients sont les mêmes pour les deux catégories d'enfants, légitimes et naturels.
Dans un prochain chapitre, nous aurons l’occasion de constater que, en Algérie, les enfants d’origine française présentent à l'observateur un phénomène directement contraire à celui qu'il trouve dans la métropole. Là, le coefficient de masculinité est beaucoup plus élevé chez les enfants naturels que chez les enfants légitimes (1). Seulernent, la série de chiffres que nous avons pu recueillir pour l'Algérie n’est pas d’un lotal assez élevé et ne remonte pas assez haut pour qu’on en puisse tirer, même pour cette région, des inductions bien fermes.
En somme, nous conclurons qu'il règne, sur toute celte question, quelque incertitude. Le taux de masculinité s’est montré à nos prédécesseurs plus haut, pour la France, chez les enfants légitimes que chez les enfants palurels. Et nous avons fait personnellement la même constatation pour des années plus récentes. Pourtant, dans les dernières années, l'écart devient très faible. Il change mème de sens dans une des plus voisines de nous, et il est nul dans une plus proche encore. En Algérie, il s’intervertit fort nettement. Sans répudier les vues
(4) Chapitre 1x, $ II.
classiques, nous sommes ainsi amené à faire sur elles certaines réserves. Notamment, nous devrons faire observer que, le nombre des enfants légitimes étant en France environ dix fois plus élevé que celui des enfants naturels, le coefficient de masculinilé est établi chez les premiers avec plus de certitude que chez les seconds.
D'ailleurs, si même le taux de masculinité devait être définilivement considéré comme plus élevé chez les enfants légitimes que chez les illégitimes, l'explication de ce fait ne devrait pas nécessairement ètre cherchée dans les conditions où les enfants de ces deux catégories sont procréés. On pourrait tout aussi bien y voir la conséquence d'un autre phénomène, lié lui-même à ces conditions, mais distinct et postérieur, que voici. La mortinatalité est sensiblement plus grande, comme on sait, parmi les illégilimes que parmi les légilimes. Or, les morts-nés ont, nous l’avons vu, un coefficient de masculinité considérable, beaucoup plus haut que celui des nés-vivants. La disparition d’un grand nombre d'enfants illégilimes par l'effet de la morti-natalité a donc pour conséquence de réduire beaucoup chez eux l'excédent des mâles. IL en résulle que parmi ceux qui naissent vivants, cet excédent tombe au-dessous de ce qu’il est parmi les légilimes, où la mortalité intra-utérine Pa moins réduit. Voilà du moins une des explications qu’on peut donner, avec un sérieux fondement, du fait qui nous a occupé dans ce chapitre (1).
4) Dans ce sens s’est prononcé l’auteur américain J. B. Nichols, The numerical proportions of the sexes at birth; article in= séré dans les Memoirs of the American Anthropological Association vol. 1, part 4, february 1907, et analysé par E. Rüdin, dans PArchav für Rassen-und Gesellschaftsbiologie, année 1907, p. 390-