qui étaient Français par leurs deux auteurs
206 > » leurs pères seuls ; 18 » » leurs mères seules (les pères étant inconnus) ; 10 » » l'effet de la loi (les pères et mères
‘étant inconnus).
Mais à ces 3.719 pères ne correspondent que 3.573 mères françaises (2). L'écart des deux chiffres tient à ce qu’on n'a fait porter la statistique que sur les mères mariées. Apparemment, 146 enfants inscrits comme nés de Erançais d’origine sont issus de pères français non mariés qui les ont reconnus.
D'autre part, nous savons qu’il était né en 1908, de Français d'origine, 3.573 filles, chiffre que le hasard fait justement égal à celui des mères mariées de fils français. Pour ces 3.573 filles, l’on a aussi relevé la provenance de leurs pères (3). Parmi ceux-ci, 3.416 étaient Français par leurs deux auteurs ; 138 par leurs pères seuls; 11 par leurs mères seules ; 8 par l'effet de la loi.
Pour la même raison que précédemment, à ces 3.578 pères de filles françaises, ne correspondent que 3.392 mères françaises mariées (4).
La statistique algérienne va plus loin encore. Elle rapproche l’une de l’autre l’origine du père et l’origine
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de la mère de tout enfant légitime né de deux auteur français. Elle trouve ainsi qu'il a été déclaré en 1908 sur le sol algérien 2.666 garcons et 2.635 filles légitimes, nés de pères et de mères tous deux français d'origine, c’està-dire français par leurs deux auteurs. Ces chiffres sont nécessairement bien moins élevés que ceux dont nous parlions tout à l'heure, soit 3.719 garçons et 3.573 filles : car ceux-ci comprenaient tous les enfants qui avaient pour parents des Français, tandis que maintenant nous sommes en présence de ceux qui ont exclusivement des Français, non seulement pour parents, mais aussi pour grandsparents. Ainsi tout à l'heure il s'agissait simplement de Français à la seconde génération, tandis que maintenant il s’agit de Français à la troisième génération. On comprend que cette dernière catégorie soit celle qui se prête aux rapprochements les plus probants avec les Français de la métropole, puisque dans les deux cas la race est la même et que l'habitat seul diffère.
Nous avons dû entrer dans d'assez longues explications sur le contenu de la statistique algérienne, parce qu’il diffère notablement de celui de la statistique française. Cela fait, nous pouvons maintenant chercher à utiliser ces chiffres sur l'Algérie. Nous aimerions à les donner pour un grand nombre d'années. La publication officielle ne nous en fournit pas le moyen. Si elle remonte à longtemps déjà, ce n’est que dans celte dernière décade que sa partie démographique a pris de l'ampleur. Les lableaux dont nous venons d'indiquer la matière sont fort récents. C'est seulement depuis 1903 qu’on y distingue les enfants français des deux sexes, suivant la naissance de leurs parents, c’est-à-dire suivant que ceux-Ci élaient eux-mêmes : {° français d'origine ; 20 nés de parents inconnus ; 3° naturalisés en vertu-du sénatus-
consulte de 1865 ; 4° naturalisés en vertu des lois de 1889 et de 1893 ; 5° naluralisés en vertu du décret de 4870; 6° étrangers. Et ce n’est que depuis 1905 qu’on a en outre indiqué le nombre des enfants des deux sexes nés français de pères et mères tous deux français par leurs deux auteurs. Comme, d'autre part, la statistique algérienne ne va que jusqu’à 1908 inclusivement, nous n'avons donc que pour six années le nombre des enfants des deux sexes issus de parents français et pour quatre années seulement le nombre des enfants des deux sexes issus de parents et de grands-parents français. Mais ces chiffres présentent déjà quelque chose d'instructif.
Commençons par l’examen des derniers, ceux qui doiventétre le plus directementcomparables auxnombres métropolitains. Vu la difficulté de trouver ces chiffres, que nous avons dû extraire un à un de volumes peu répandus (1), il parait utile de reproduire ici le tableau que nous en avons dressé. Le voici donc.
Enfants de nationalité française, nés vivants en Algérie de pères et mères tous deux français par leurs deux auteurs.
Garçons Filles Années —— | ne Légilimes Reconuus Légitimes Reconnues AOC NE TT 2.592 157 2.561 111 HOUORANNEP RER LED 2.940 161 2.510 152 OUPS LENS 2.480 162 2.502 149 LODS PR EE UTC 2.666 178 2.635 149 Totaux. "01m 10.018 658 10.208 531
(1) C’est à l'Office du gouvernement général de l'Algérie, installé dans les bâtiments du Palais-Royal, qu'on a bien voulu les mettre à notre disposition.
Tirons de ces totaux des coefficients de masculinité. Pour les enfants légitimes seuls, le coefficient est de 104,6. Il serait bien plus haut pour les enfants naturels. Car, les seuls chiffres que nous ayions, ceux des enfants naturels reconnus, nous donnent un coefficient de 193,9 (1). Quant aux enfants naturels non reconnus, il est évident qu’ils ne pouvaient pas trouver place dans un tableau où l’on n’admettait que des enfants d’origine française indiscutable. Maïs n’attachons pas trop d'importance à ce coefficient très élevé des enfants naturels reconnus, puisqu'il n’a été établi que sur une petite série. Réunissons plutôt ensemble les enfants légitimes et les enfants naturels reconnus. Nous arrivons ainsi à deux groupes, qui sont respectivement de 11.336 garçons et de 10.739 filles. Le coefficient qui s’en déduit est 105,5.
À quels chiffres français peut-on comparer ces chiffres algériens ? Les derniers ont été obtenus pour la période quadriennale 1905-1908. Pour la France, nous avons comme périodes voisines les périodes quinquennales 1901-05 et 1906-10. I n’y a pas concordance exacte. Néanmoins, il y a un suffisant voisinage pour que la comparaison puisse s’instituer. Nous rappelons que dans la France métropolitaine le coefficient était 104,0 et 104,4 pour l’ensemble des naissances vivantes.En Algérie, il est de 105,5 pour l’ensemble des naissances vivantes de race française (c’est-à-dire pour tous les enfants nés de parents et de grands-parents français). On peut donc dire — dans la mesure où les deux ensembles sont com-
(1) L’explication en est sans doute d'ordre psychique : un homme sans enfants légitimes peut être plus porté à reconnaître son enfant naturel quand c’est un garcon que quand c’est une fille. Le fait se retrouve dans la France continentale, quoique atténué (voir chapitre vin).
parables — que le coefficient de masculinité est en Algérie, chez les enfants de race française, assez notablement supérieur au coefficient de masculinité des enfants nés dans la France métropolitaine. Un écart de 1,5 pour 100, ou même de 1 pour 100, est en effet assez important, en notre matière, pour ne pas pouvoir être attribué (surtout quand il résulte des chiffres de plusieurs années) à des causes accidentelles.
Passons maintenant aux données que la statistique algérienne nous fournit sur la catégorie plus vaste des enfants nés de Français d'origine, sans qu’on soit fixé sur les auteurs de ces parents eux-mêmes, en d’autres termes, sur les Français, non plus de 3°, mais de 2° génération. Nous savons déjà que, pour ceux-ci, la statis— tique compte six ans et non plus seulement quatre ans d'existence. En outre, leurs nombres sont nécessairement plus élevés que les précédents. Pour ces deux raisons, les bases de calcul sont ici plus larges. La période considérée est aussi plus complètement comparable à la période 1901-1905 que nous fait connaître la statistique française, puisqu'elle a trois années communes avec celle-ci, au lieu d’une seule. Voici les chiffres que nous
trouvons :
Années Garçons Filles AO DS Te ne Teen ve 3.092 3.482 AOD RP ist no 4.045 3.843 OCT ER AR or Men ee à 93,983 3.351 1906 TE NU eve 3.806 3.479 TOO PR NE Le, 3.400 3.380 Oo M NE NE EE EE 3.749 319 $ Hot MR LS ET re 28.195 21,108
go —— ———— ————————————…—…—…"…"…"…"…"…"…"…"….….….….…. . .
Le coefficient de masculinité qui s’en déduit est 105,1. Il est, comme l'on voit, exactement intermédiaire entre ceux de 104,6 et de 103,5 que nous avions trouvés dans le cas précédent pour les enfants légitimes seuls et pour l’ensemble des enfants légitimes et reconnus. On peut conclure de leur rapprochement que pour les enfants algériens d'origine française, le coefficient moyen se fixe aux alentours de 105, soitun pour cent au-dessus du coefficient métropolitain.
Pendant la même période sexennale, nous avons aussi les chiffres relatifs aux enfants nés de parents autres que des Français d’origine. Ceux-ci sont divisés par la statistique algérienne en quatre catégories, que nous allons envisager successivement.
Considérons d’abord les enfants dont les auteurs ont été naturalisés en vertu des lois de 1889 et de 1893 sur la nationalité. En ce qui les concerne, les chiffres sont les
suivants :
| Années Garçons Filles IAE Mere tr RARE 1.295 1.152 LODA DS ES PS PT RL 1.298 1.349 LOUS FENTE UE REP SE ARTE ES 1.699 1.566 LOUCA LENS RUE RTE Ne 2.014 2 038 LOÛTE PT SNS RAT RE SR 2.262 2.109 1008 Che ROME TE NT TR 2.180 2.057 LOTAUXE ARE RER 10.748 10.271
Le coefficient de masculinité est, pour ce groupe, 104,6.
Passons aux enfants dont les auteurs ont été naturalisés en vertu du sénatus-consulte de 1865. Ici, nous nous trouvons en présence des données suivantes :