‹ La sexualité dans les naissances françaisesChapitre 26 sur 41 · QE ——————————————————————— A · texte numérisé non relu

QE ——————————————————————— A

Années Garçons Filles

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Le coefficient de masculinité est, celte fois, égal à 104,1. La série, sans être ample, est suffisante pour qu'il y ait eu intérêt à le caleuler.

Et voici maintenant ce qui concerne les enfants nés sur le sol algérien de parents étrangers :

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AOC REA Ne 3.184 3 563 GE RE TEE EE ET 3.067 2.947 HÉUST Ve) MR TT Re 2.116 2.635 OO RE Sn 2.740 2.834 TOO RE ES da le 2.664 2.454 Moon TER er COURT Pet ET ee 2.971 2.899 ROTATION Cu M Le 17 952 1832

Le coefficient de masculinité est de 103,5.

Dans cette dernière catégorie ont été rangés tous les enfants d'étrangers, quelle que füt la nationalité de leurs auteurs. Il y a parmi ces derniers: des Espagnols, des Italiens, des Maltais (sujets anglais), des Allemanils, etc. Faute de distinctions dans cette catégorie, on ne peut pas comparer la masculinité chez les enfants d'Espagnols, d'Italiens, d'Allemands, etc... en Algérie et dans leurs pays d'origine. Il semble seulement qu’elle soit moindre

Worms. 10

en Algérie que dans ces divers pays, puisque tous ceuxci ont un taux de masculinilé plus élevé que celui de la France continentale. Ainsi, tandis qu'en Algérie Îles Francais verraient se relever leur coefficient de masculinité, les étrangers semblent voir y baisser le leur. Cela donne à penser que l'Algérie a ses conditions démiques propres,'quine sontcelles d'aucun des pays européens d'où elle tire sesimmigrés. Peut-être faussi {l'explication seraitelle partiellement la suivante. Il se produit en Algérie un mélange de toutes les populations européennes ; leurs coefficients doivent donc tendre à se niveler. Spécialement, l’exogamie doit faire baisser le coefficient chez les populations où il est le plus élevé : car elle constitue une condition biologiquement favorable à la reproduction. Mais ce sont là naturellement des vues qui ont besoin d'être contrôlées par des constatations ultérieures, poursuivies pendant de multiples années encore, et qui ne pourront devenir précises que si la nationalité originaire des auteurs vient à être inscrite dans les actes de naïissance de leurs enfants et par suile dans les statistiques de la natalité.

Signalonsencore uneautreconstatation que nous avons faite. Elle nous paraît curieuse et plus immédiatement explicable que la précédente.

Les quatre coefficients que nous venons de trouversont respectivement les suivants :

Pour les enfants de Français : 105,1;

Pour les enfants d'auteurs naturalisés en vertu des lois de 1889 et de 1893 : 104,6 ;

Pour les enfants d’auteurs naturalisés en vertu du sénatus-consulte de 1865 : 104,1 ;

Pour les enfants d'étrangers : 103,5.

La série formée par ces quatre lermes est continue et

disposée très logiquement. Aux deux extrémités se trouvent les enfants de Francais et les enfants d’étrangers. Entre les deux s’insèrent les enfants de naturalisés. Parmi ces derniers, les auteurs naturalisés en vertu du sénatus-consulle de 1865, c’est-à-dire pendant leur majorité, ceux par conséquent qui sont restés longtemps étrangers, ont le coefficient de masculinité le plus voisin de celui des étrangers. Et les auteurs naturalisés en vertu des lois de 1889 et de 1893, c'est-à-dire à leur naissance où au plus tard à leur majorité, ont le coefficient le plus voisin de celui des Français. Ce résultat se maintiendrat-i1?

Reste encore à considérer un autre élément de la natalité algérienne. Il est fourni par les israélites indigènes, auxquels le décret de 1870 a conféré collectivementla qualité de citoyens français. Parmi les enfants des israélites naturalisés par ce décret, le rapport numérique des sexes s'est trouvé le suivant:

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LOS 0 0 cit 11, 994 969 LORS ec 994 900 HOUSE TC Test Scan Cou ce 928 * 882 RON Sn UT Pr I EE Te 1.012 909 L'OO TR Een EL Gr 957 923 OS 25 RS NTSC RE OC REC 4.111 1.066 OA NE Eee 5.996 5.649

Le coefficient de masculinité est ici égal à 106,1. C'est le plus élevé que nous ayions trouvé en Algérie. Il ne dépasse toutefois que de 1 0/0 celui des enfants nés de Francais d’origine sur lesol algérien. Il serait intéressant

de le comparer au coefficient de masculinité des israélites de la France métropolitaine. Mais cela n'est point possible ; car dans la métropole aucune indication d'ordre religieux ne figure dans les statistiques officielles et nos efforts pour combler cette lacune en notre matière sont, comme on le verra plus loin (1), demeurés infructueux.

Enfin, parmi les enfants auxquels la loi attribue à ieur naissance la qualité de Francais, figure une dernière catégorie : celle des enfants nés de parents inconnus. Cette catégorie ne peut plus faire l'objet d’un examen séparé ; car elle n'a aucune unité ethnique. D'autre part, les indicalions qui la concernent daus la statistique algérienne sont défectueuses: elles manquent pour 1903 et sont visiblement erronées pour 1905. Il n'y a donc pas lieu de raisonnerlonglemps sur elle. Donnons seulement les totaux qu’elle présente. Pour notre période sexennale, ils sont de 1.354 garcons et de 1.22% filles. N'en tirons point un coefficient, qui serait sans porlée. Mais tenons compte de ces deux chiffres pour un résumé de la natalité algérienne.

Nous voici, au total, en présence de six catégories d'enfants français. Car mème aux enfants d'étrangers la loi attribue provisoirement la qualité de Français, quand ils naissent sur notre sol. Il convient donc, après avoir envisagé ces groupes séparément, d'en faire maintenant le rapprochement. L'addition de tous les lotaux partiels qui précèdent va nous donner l’ensemble des enfants nés vivants et français en Algérie pendant les six années 1903 à 1908 inclusivement. Nous trouvons de la sorte que cet ensemble comprend 60.895 garcons et 58.089 filles. Le coefficient de masculinilé est, pour lui, de 104,7. Il

(4) Chapitre xn, S I.

n'excède donc que de D le coefficient de la France méiropolitaine pour la période quinquennale 1904-1908, de 3 : :

jp 2nviron ce Coefficient pour la période 1906-1910. Et

sans doute, il a quelque chose d'un peu factice, résullant -de la fusion d'éléments ethniques assez dissemblables (enfants d'auteurs français, espagnols, italiens, allemands, israélites indigènes, etc). Mais en France aussi ne s'opère-t-il pas un incessant mélange des races? Quoi d'étonnant, dès lors, si les ‘résultats de deux synthèses analogues, sur des territoires peu éloignés, se ressemblent beaucoup?

N'oublions pas, d'ailleurs, qu’en matière algérienne les conslatations manquent forcément d’étendue, au moins dans la durée. La conquête de l'Algérie, commencée en 1830, ne s’est pas achevée très vile. L'unification légale des éléments de sa population n’a été tentée que depuis 1865, par étapes el incomplètement. Les mœurs, plus forles que la loi, n'ont point encore pleinement établi parmi eux la «libre circulation du sang ». Enfin la statislique de la natalilé n’est développée que depuis 1903 et il luireste des progrès à faire. Ce n’est donc que dans un certain temps qu'on pourra porter, sur les questions qu’elle soulève, un jugement assuré. Les divers groupes ethniques s’affirmeront-ilsavec des coefficients de masculinilé nettement distincts ? Se fondront-ils en une seule race algérienne, ayant son coefficient de masculinilé caractéristique ? Ce dernier sera-t-il voisin du coefficient français, ou s'en écartera-t-il visiblement ? A toutes ces questions l’avenirseul pourra répondre. Les constatations par nous faites n'ont pour but que de préparer à comprendre les solutions qu’il fournira.

Ji

Poursuivons la même enquête. En dehors de l'Algérie, existe-t-il des territoires sur lesquels les naissances soient assez nombreuses et assez exactement relevées pour nous fournir des documents sur notre question?

En Tunisie, il a été fait au 15 décembre 1901 un dénombrement de la population française (1). Il indiquait 12.917 hommes et seulement 11.283 femmes. On y rele-

vait les enfants français nés en Tunisie depuis dix ans; il s'y trouvait :

De moins de 5 ans: 1.029 garcons et 954 filles; De à à 10 ans : 589 garcons et 613 filles.

Ces renseignements étaient loin de répondre à notre problème.

Et, malheureusement, on n'en a pas eu depuis lors de plus complets. Au contraire, ledénombrement de 1906 ne centient plus aucune’donnée en ce quiconcerne ce point. On doit d'autant plus regretter l'absence d'une statistique annuelle du mouvement dela population en Tunisie, que les chiffres qui auraient pu être donnés par celte stalistique eussent été assez élevés pour permettre vraisemblablement une conclusion, au moins provisoire, et un rapprochement avec l'Algérie.

Administrativement, l'Algérie relève du ministère de l'intérieur : la Tunisie, du ministère des affaires étrangères; les autres possessions françaises, du ministère

(1) Rapport adressé au Résident général par le directeur de l'agriculture et du commerce, 1902.

des colonies. Nous passons maintenant à ce dernier groupe. Îl existe à son sujet une publication intéressante, la Séatistique de la population dans les colonies françaises en 1906, dressée à une même date pour toutes nos possessions par ordre du ministre des colonies. Nous allons en analyser les résultats en rangeantles territoires suivant un ordre géographique, sans nous inquiéter de leur distinction purement politique en colonies proprement dites et pays de protectorat.

Voici d’abord l'Afrique Occidentale française. Elle comprend elle-même cinq territoires, parfaitement distincts. Dans le courant de l’année 1906, il était né en vie de parents français, au Sénégal, 52 garcons et Sfilles légitimes, 2 garçons et 4 filles naturels-reconnus, aucun enfant naturel non reconnu ; il y avait en outre 5 morts-nés masculins et à féminins. Du moins ce sont là les chiffres de la publication officielle (1). Mais il est permis de ne les accepter que sous réserves. L'écart entre à2 garçons et 5 filles est en effet trop grand pour que son exactitude soit vraisemblable. — Dans les quatre autres parties de l'Afrique occidentale française, les chiffres tombent beaucoup plus bas, à cause de lextrême rareté des femmes françaises pouvant vivre et se reproduire sous ces climats. Ils sont respectivement de:

2 garçons et 1 fille légitimes en Guinée (2) ;

1 fille légitime à la Côte d'Ivoire (3);

1 garçon légitime au Dahomey (4);

1 garçon et 1 fille légitimes au Haut-Sénégal et Niger (5).

(1) Page 20.

(2) Page 50.

(3) Page 86.

(4) Page 110.

(5) Page 130.

Ces chiffres, à la différence des précédents, paraissent vraisemblables. Seulement il est évident quils sont beaucoup trop faibles pour qu’on en puisse lirer une. conclusion.

Quant au Congo français, il ne nous fournit aucune indication quelconque.

Envisageons maintenant les possessions françaises de l'Afrique orientale. Dans l’île de la Réunion, la statistique distingue (1) les enfants de pères et mères européens et les enfants nés dans ce qu'elle appelle «la population créole ». Les enfants nés de pères et mères européens se divisent eux-mêmes en deux groupes. Les uns sont Français ; en voici, pour 1906, la décomposition :

Légitimes. . . . . . . 350 garçons et 332 filles ROCONNUS SE MER CETTE 30 » 21 »

NONRFeCOREUS EE 54 » 59 == > MOT ISSN 21 » LCI

Les autres sont étrangers; mais, de ces derniers, la stalistique ne donne pas les nombres. Quant aux enfants nés dans «la population créole », il y a tout lieu de croire que celle expression est prise en un sens nouveau, que des exigences d'ordre politique ont fait intro— duire récemment. Aütrefois, on désignail sous le nom de « créoles » des blancs nés aux colonies, par opposition aux blancs immigrés, c'est-à-dire nés en Europe. Les nègres nés dans la colonie furent plus tard appelés «noirs créoles », par opposition avec les nègres importés. Après leur libération au milieu du xix° siècle, et surtout lorsqu'ils ont reçu des droits poliliques, ils se sont attribué le nom de « créoles » (sans plus), regardé par eux

(1) Page 156.

comme un litre. Ge nom a été alors abandonné par les blancs nés dans la colonie, qui ont préféré se confondre avec les blancs immigrés sous le nom commun de « population d’origine européenne ». Vu l'importance numérique des noirs, qui étaient la majorité, la désignation qu’ils s’altribuaient a passé daus la statistique adminislrative. De la sorte, celle-ci dénomme aujourd'hui créoles les descendants des anciens esclaves qui peuplaient l’île séculairement, et aussi des fils d’Africains, d'Hindous et de Chinois immigrés, pourvu qu'ils soient nés dans la colonie et de nationalité française ; sont également compris sous ce nom les mélis nés du croisement de ces diverses races entre elles et avec les blancs. Le nombre des enfants nés dans la « population créole » ainsi définie était, en 1906, de 777 garçons et 898 filles. On peut supposer, ici encore, que l’exogamie est pour quelque chose dans la réduction du nombre des garçons. Mais, au point que cette réduction semble atteindre,elle nous paraîtrait excessive, voire même pathologique. Seulement, les chifffres donnés par la statistique sont-ils en cette matière fort exacts ?

Pour les autres colonies françaises de l’Afrique orienlale, à savoir Madagascar, Mayotte et les Comores, le protectorat de la Côle des Somalis, le volume que nous analysons ne donne aucun renseignement. Mais en ce qui concerne Madagascar, nous possédons un autre document qui vient, pour l’année suivante, combler cette lacune. La Statistique générale de Madagascar pour 1907 donne le chiffre des naissances qui se sont produites cette année-là dans la population d'origine européenne, militaires non compris (1). Les tableaux indiquent,

comme nés de pères et mères français :

(1) Page 6.

Légitimes. . . . . . . 130 garçons et 129 filles ROCONNUS SR ET CR 13 » RTS NOn-reconNUS en. 12 » vs PEU Mortamnésss JR Re dla » Ad, »

Le sens anormal dans lequel l'écart se produit — et d’une façon très marquée — entre les deux sexes dans les seconde et troisième ligne de ce tableau, n’est pas sans jeter sur lui quelque ombre de suspicion. Peut-être cependant n'y a-t-il là que le résultat de causes occasionnelles, toujours bien plus frappant pour de faibles séries que pour de vastes ensembles.

Passons aux colonies d'Asie. Le volume général, relatif à la statistique de la population dans les colonies françaises en 1906. dont nous nous sommes servi tout à l'heure, va de nouveau nous fournir ici des indicalions. Pour les établissements français de l'Inde, il signale, comme nés de pères et mères français pendant celte année, 3 garçons et 3 filles légitimes (1). — Pour lIndo- Chine, cinq territoires sont à distinguer dans nos possessions. La Cochinchine, qui est la plus ancienne de celles-ci et qui a proprement le caractère de colonie, a enregistré, en 4906, comme enfants issus de pères et mères français (2) :

Légitimes. . -.. . + + . "72 garçons et 63 filles Reconnus . . à 0 » 5 »

Non reconnus ER ee 3 » DR Morle-nés ie nee 0 » 4 »

Les quatre terriloires qui vont suivre sont simplement des pays de protectorat et la main-mise de la France y est plus récente. Aussi la statistique y est-elle

(1) Page 264.

(2) Page 286.

un peu moins précise. Au Cambodge, on comptait en 1906, comme nés de pères et mères français, 9 garçons et 6 filles légitimes (1). En Annam, on relevait à la même date, comme nés de pères el mères européens, et non pas seulement de pères et mères français, 27 garcons et 22 filles, y compris les enfants naturels reconnus ou non et les morts-nés (2). Au Tonkin, on trouvait de même un ensemble de 87 garçons et de 98 filles nés de parents européens (3). Au Laos, on signalait, comme issus d’auteurs européens, 7 garçons et 6 filles (4). = Enfin, hors de l'Indo-Chine, mais rattaché à elle administrativement, le territoire de Kouang-Tchéou-Wan, donné à bail par la Chine à la France, n’avait vu naître en 1906, de parents français, qu'un garçon et une fille légitimes (5).

En Amérique, le cas des îles Saint-Pierre et Miquelon mériterait particulièrement d'être considéré, car ici la population est tout entière d'origine française, et une comparaison serait intéressante à faire entre son coefficient de masculinité et celui de la métropole. Malheureusement, les chiffres, que nous n'avons que pour une année, sont trop faibles pour permeltre une conclusion. Les voici pourtant (6). Sont nés dans ces îles de pères el mères français (on ne distingue pas suivant que les parents sont nés eux-mêmes en France ou dans la colonie) pendant cette année 1906 :

(1) Page 342.

(2) Page 382.

(3) Page 411.

(4) Page 462.

(5) Page 505.

(6) Page 524.

Légitimes. . . ,. . . . . 65 garçons et 71 filles RECONNNS T TTT e 1 » RS Non reconnus. 0 nu 3 » CS MOLISSNESS ER Nr ET 4 » 7

Aux Antilles, nous espérions trouver des chiffres sur la Guadeloupe et la Martinique. Pour la première de ces deux colonies, le volume que nous analysons divise la population existante en trois groupes : Français nés en France, Français nés dans la colonie, étrangers. Mais il ne donne aucune indication sur les naissances. Pour la Martinique, celles-ci sont relevées, en distinguant entre la population européenne et la population créole : ce dernier terme a probablement ici le sens que nous avons précisé déjà en parlant de la Réunion. Voici d'abord le tableau des naissances constatées dans la population européenne, à la Martinique, en 1906 (1). Etaient nés au total (c'est-à-dire y compris à la fois les nés-vivants, légilimes, reconnus, non reconnus, et les morts-nés) :

$ \ français. . {1 garçons et 11 filles De père et mère européens j , e étrangers , 10 » 13 De père européen et de mère créole . . 24 » 99 Co) De mère européenne et de père créole . 0 » (LES, 45 » 51 »

Les deux dernières lignes de ce tableau confirment un fait bien connu des anthropologistes. Les unions entre blancs et gens de couleurse font toujours dans un même sens : père blanc, mère colorée ; et jamais dans le sens opposé. (Mème dans les unions temporaires, disait A. de Quatrefages (2), la femme répugne à déchoir. L'homme n'a pas de ces délicatesses. » Et voici maintenant les chiffres des naissances relevées par la stalistique, dans

(1) Page 548.

(2) L'espèce humaine.

la même île et pendant la mème année, parmi la population créole (1) :

Portde-Hrance ct fe M. Cou. 249 garçons et 267 filles AUELESICOMNIUNESE. M ILORO » 1.986 »

On remarquera que, tant dans la population européenne que dans la population créole, ie nombre des naissances féminines l'emporte sur celui des naissances masculines. Nous n'avons pas le moyen de savoir si c'est là un résultal purement occasionnel, ou si, au contraire, ilse reproduit d'année en année.

Pour la dernière de nos colonies américaines, la Guyane française, on ne trouve, dans le volume statistique dont nous dépouillons ici les données, aucun chiffre sur le sexe des naissances.

[l ne nous reste plus à considérer que les colonies océaniennes. Pour la plus importante d’entre elles, la Nouvelle Calédonie, le tableau des naissances en 1906 est le suivant (2). Au total, sont nés de :

€ français . . 205 garçons et 204 filles Père et mère européens ee 9 ; pie Père européen, mère métisse . . . . 7 » ES Mère européenne, père métis . . . . (ù) » (ES Père européen, mère indigène. . . . 12 » TO) Mère européenne, père indigène. . . 0 » 0 »

Ce tableau n’est pas sans intérêt. Notamment, il confirme le fait que nous relevions tout à l'heure à la Martinique, à propos des unions mixtes. Mais, ici encore, les documents d’une année ne sauraient suffire.

(4) Page 557.

(2) Page 572.

Enfin, en ce qui concerne le groupe de Tahiti et de ses dépendances — qui est officiellement dénommé « Etablissements français de l'Océanie » — notre volume est muet sur les naissances.

On voit, en somme, combien sont limités les renseignements que nous possédons sur les colonies françaises, et par conséquent combien seraient fragiles les conclusions générales qu'on chercherait à formuler à leur sujet (1).

Nous venons d'envisager l'influence du milieu physique en tant qu’elle s'exerce dans l’espace. Mais il faut aussi l’envisager d’une autre manière, comme s’exercant dans le lemps. On conçoit, en effet, que cette action ne soit pas la même à toutes les épogues de l’année, qu’elle varie par exemple aux différentes saisons avec la température. Il est donc intéressant d'étudier, à cet égard, la variation du coefficient de masculinité en un même lieu, mois par mois.

La chose a été tentée hors de France. Düsing la fait pour la Prusse, en y suivant les naissances par mois, depuis 1875 jusqu’à 1887. Il a trouvé une inversion curieuse entre le taux de la natalité et celui de la masculinité. Les mois qui ont la plus forte natalité — mai et juin — ont la moindre masculinité. Inversement, ceux qui comptent le moins de naissances — septembre et

(1) I nous a été dit, à l'Office colonial, qu’une publication analogue à celle des résultats de 1906 serait faite tous les cinq ans pour l’ensemble de nos colonies.

octobre — comptent relativement le plus de garçons (1). Ces faits, nous ne saurions affirmer qu’ils ont été exactivement relevés. Mais, s'ils l'ont été, nous les croyons susceptibles d'interprétation dans notre théorie. Les périodes où l’aisance s'élève donnent une forte natalité, car la reproduction est une suite constante de la nutrition. Mais en ces périodes, suivant nos vues, l’amélioration des conditions économiques doit réduire l'excès des mâles. Inversement, dans les périodes de malaise, la natalité doit se restreindre et la proportion des mâles se relever. En outre, si l’on admet que le sexe de l’enfant est déterminé dès sa conception, on va voir cette interprétation se compléter par la part qu'elle peut faire à l'influence du milieu physique. Les enfants nés en mai et juin ont été conçus, normalement, en août et en septembre, donc en été. C'est l'époque où, grâce au climat, la vie est la plus facile, où le minimum d'existence exige le moins de frais, où les toxines sont le plus aisément éliminées. C'est donc logiquement celle où il doit être engendré le plus d'enfants et relativement le plus de filles. Inversement, les enfants nés en seplembre et octobre ont été conçus en janvier et en février. C’est la saison rigoureuse, celle où, dans la classe sociale la plus nombreuse et la plus pauvre, toutes les ressources sont absorbées par la lutte contre le froid et la faim. L’alimentation plus précaire doit y déterminer un recul de la natalité et aussi une plus forte proportion de mâles parmi

les enfants procréés (2).

(4) Grünspan, op. cit, page 15-17. D | (2) Peut-être voudra-t-on voir quelque AR re entre ce qui vient d'être dit et ce que nous avons DRE plus haut (chapitre vi, $ I) au sujet du rapport entre la natalité et la masculinité. Car là nous montrions qu’en France, dans le cours du

Il serait bon de pouvoir vérifier ces inductions par des constatations faites en France. Nous l'avons essayé. Pour la France dans son ensemble, la décomposition de la population suivant le mois de la naissance n’est donnée que dans un seul document récent : le recensement de 4901. Nous y trouvons l'indication de la population présente totale, au 2% mars 1901, par sexes, avec celle du mois de naissance pour les enfants de moins d’un an (1). Malheureusement, ce n’est là que l'indication des enfants vivants ; ce n’est pas celle de tous les enfants nés dans la dernière année ; les morts des mêmes mois n’y sont

xixe siècle, la natalité et la masculinité ont baissé en même temps, tandis qu'ici nous voyons se produire entre ces deux phénomènes une sorte d’inversion. Mais il n'y a là qu’une opposition tout apparente. Car d’abord il s’agissait pour la France d’un phénomène permanent, la baisse continue des deux coefficients, tandis qu’il s'agit pour la Prusse d'un phénomène périodique, le mouvement de ces coefficients mois par mois. On pourrait concevoir qu'un même pays présentât ces deux phénomènes à la fois : au cours d'un siècle, ses taux annuels de natalité et de masculinité baisseraient sans cesse, mais dans l'intérieur d’une même année son taux mensuel de masculinité irait en s’élevant quand son taux mensuel de natalité s’abaisserait et inversement, D'autre part, les causes générales du mouvement de la natalité ne paraissent pas être entièrement les mêmes dans les deux pays. La baisse de la natalité en France a surtout une cause psychique : le désir qu'ont les parents de ne pas segrever de charges trop lourdes ; elle est liée à leur esprit d'épargne. Ilsemble qu’en Allemagne les causes purement organiques agissent plus librement : voilà pourquoi les mois où la vie est plus facile y ont montré plus de conceptions.Sans doute, en ces dernières années, les tendances jusqu'ici caractéristiques de la France ont aussi pénétré en Allemagne ; mais ce fait est postérieur aux constatations de Düsing.

(1) Résultats du recencement de 1901, tome IV, page 357.

pas compris ; nous n'avons donc pas le Lotal des enfants venus au monde pendant les différents mois de cette année ; ce Lableau se trouve ainsi inulilisable pour notre enquêle. Nous avions espéré que cette lacune serait comblée dans le recensement de 1906. Il n’en est rien, et même celui-ci sera en recul sur le précédent. Car il ne donnera point de tableau correspondant à celui dont nous venons de parler. — À vrai dire, la place logique de celui que nous demandons serait, non dans les volumes du recensement quinquennal, mais dans la stalistique annuelle du mouvement de la population. 11 constituerait, en ellel, un document de démographie cinématique et non de démographie statique. Mais on nous a répondu, au Service de la statistique générale de Ja France, qu’on n'avait pas les ressource; suffisantes pour l'élablir et le publier chaque année.

Ne possédant point les renseignements désirables pour l'ensemble de notre pays, nous avons cherché si nous ne pourrions nous les procurer pour celle deses fractions où la statistique est le plus complètement organisée : la ville de Paris. Nous avons prié le chef des travaux statistiques de cette cité, le D" Jacques Bertillon, de faire dresser le tableau des naissances, par sexes el par mois, pour les dix années comprises dans le xx° siècle. Les éléments pouvaient en êlre empruntés à la stalistique hebdomadaire que son service dresse régulièrement. [la bien voulu accéder à notre souhait et nous faire parvenir un tableau de ces naissances mensuelles. Celui-ci, à la vérité, contient à la lois plus et moins que ce que nous demandions. 11 renferme un peu plus, car-il embrasse même l’année 14900, — qui appartient au siècle précédent, à notre avis tout au moins, — et aussi les deux premiers mois de l'année 1911. Et il renferme sensible-

Worms. 11

ment moins, car une lacune se trouve l'interrompre depuis octobre 1903 jusqu’à décembre 1905. En somme, il donne l'intégralité des années 1900 à 1902, les neuf premiers mois de l’année 1903, l'intégralité des années 1906 à 1910, et les mois de janvier et février 1911. Pour que la comparaison entre les mois fût exacte, il nous a paru nécessaire de ne faire entrer dans nos totaux que des années complètes. Nous avons donc laissé de côté les neuf premiers mois de 1903 et les deux premiers de 1911. Nos additions embrasseront ainsi huit années : 4900 à 1902 inclusivement, 1906 à 1410 inclusivement. La lacune qui les sépare est assez courte pour que la série ainsi formée puisse être considérée comme suffisamment homogène. Les données qui nous ont été fournies portent uniquement sur les enfants nés-vivants. Elles distinguaient entre les légitimes et les illégitimes. Mais nous avons cru pouvoir les réunir dans nos totaux. Nous donnerons ici seulement ces derniers, avec les coefficients que nous en avons lirés. En additionnant les enfants nés-vivants pendant la totalité des huit années considérées, on trouve 212.953 garcons et 203.935 filles, ce qui donne un coefficient de 104,42. Celui-ci est, comme on le voit, assez voisin des coefficients successifs (1), donnés pour la masculinité du département de la Seine de 1901 à 1906 par la Statistique annuelle de la population. Examinons maintenant les naissances mois par mois, en faisant le total des enfants nés pendant chacun de ces mois dans l’ensemble de nos huit années. Voici le tableau auquel nous sommes arrivé à cet égard.

Mois Garçons Filles Coefficients JANVIER. rte lle 18.593 18.093 102,70 DÉVEE N me N t 17.636 17.147 102,85 MATOS EN ETC ete 18.821 18.523 101,60 INT to ES 18.118 17.764 102,57 MA ere ste Due 17.674 17.239 102,52 DORE NAS de. de 17.299: 16.824 102,82 HAL URI RASE 18.497 17.857 103,58 MONDE ET Ce AR ee 17.550 17.036 103,01 Septembre : . . . . 17.036 16.273 104,68 OLA EN MM; 16.897 16.505 102,43 Novembre er 16.776 16.158 103,83 Décembre . . , . . 17.765 16.496 107,69

Ce tableau ne donne pas des résultats concordant avec ceux de Düsing. On remarquera cependant que certains des faits qu’il met en lumière sont susceptibles de l’interprélalion que nous avons proposée pour les chiffres de l’auteur allemand. Ainsi le coefficient de masculinité le plus élevé se trouve en décembre, et correspond par conséquent aux procréations du mois de mars ; or, dans la dernière décade, mars a été un mois très rigoureux à Paris. Inversement, le coefficient de masculinité le moins élevé se trouve en mars ; il correspond donc aux procréalions de juin ; or juin s’est trouvé favorisé dans notre capitale, en toutes ces dernières années; c'est peut-être, de tous les mois, celui où la température y a rendu le travail le pius facile et le plus fructueux. Notre théorie générale se verrait donc encore confirmée par ces données.

Par ailleurs, on ne manquera pas de remarquer que :

1° Deux mois seulement, septembre et décembre, ont dans notre tableau un coefficient de masculinité supérieur à la moyenne générale (104,42) ;

% Celle-ci est à peu près équidistante du maximum (107,69 en décembre) et du minimum (101,60 en mars);

3 Les six premiers mois ont tous un coefficient inférieur à 403, tandis que les six derniers, sauf octobre, ont un coefficient supérieur.

Nous ne tenterons pas l'explication de ces divers faits, qui ne prendront de valeur que si l’expérience des décades ultérieures vient les confirmer.

Encore moins essaierons-nous de pousser la recherche jusqu'aux subdivisions du mois, de chercher le coefficient de masculinité par semaine, par jour et par heure. De semblables enquêtes ont parfois été tentées pour la natalité. Elles nous paraîtraient sans portée pour la masculinité.

Nous nous bornerons à signaler, en lerminant, quelques opinions qui ont été émises sur diverses relations du sexe avec le temps. En premier lieu, il en est une assez répandue, semble-t-il, chez les accoucheuses françaises. C’est que, dans les familles ayant plusieurs enfants, le sexe de chacun de ceux-ci serait lié par une loi astronomique à celui de l'enfant qui le précède : il naïitrait un garçon, quand le précédent enfant serait né pendant que la lune croît, une fille dans le cas contraire. Cette idée, que certains hommes de science aulorisés ne considèrent pas comme sans fondement, se rattache àla vue, suivant laquelle la lunaison influerait sur les phénomènes de la menstruation. Il est certain que pour l'élablir, aussi bien que pour la ruiner, d’une manière définitive, il faudrait qu’on eût relevé, dans un nombre de cas extrèmement considérable, le sexe des enfants : successifs d'une même famille et les dates de leurs nais-

sances. Est-il besoin de dire que de pareils relevés nous font presque complètement défaut ?

En second lieu, on doit citer une théorie, née celle-là chez des hommes d'étude, et qui peut être considérée à certains égards comme une généralisalion de la précédente. C’est qu'ily aurait, pour les organismes des parents, et en particulier pour les organismes maternels, des périodes masculines et des périodes féminines. Les organismes passeraient par des phases alternantes ; pendantles périodes de la première série, ils donneraient des garcons; pendant celles de la seconde, ils produiraient des filles. Cette théorie est assurément assez hasardeuse. On ne peut pourtant pas l'écarler « priori. Pour la juger en connaissance de cause, il faudrait des - documents individuels. Ils ne pourraient nous être fournis que par des monographies démiques de familles, dont nous préciserons bientôt la nature et le contenu.

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