CONCLUSION
Au terme de ce travail, nous voudrions résumer brièvement les conclusions générales qui s'en dégagent.
Deux grands faits se sont imposés à nous tout d’abord, en France, depuis un siècie. D'une part, d’après l’ensemble des registres de l’état-civil, il naît plus de garçons que de filles, et l'excès de mâles est encore plus sensible chez les morts-nés que chez les nés-vivants. D'autre part, et en sens inverse, il existe plus de femmes que d'hommes : tous les recensements mettent en lumière un excédent de population féminine. Comment concilier ces deux données, aussi certaines et aussi constantes l’une que l’autre? L'hypothèse que nous jugeons le plus vraisemblable est celle-ci. Le sexe masculin dériverait d’une nutrition défavorable des parents et par là même de leur rejeton, — défavorable par insuffisance d'aliments ou par intoxication. Moins d'aliments ou de moins sains suffisant à produire des garçons, il en est procréé plus que de filles. Mais par là même ils sont plus fragiles, ce qui explique qu'ils soient plus durement frappés par la mortalité intra-utérine, puis par la mortalité du premier âge, et qu'en fin de compte ils soient
moins nombreux que les filles dans le total de la population. L’excès de mâles serait donc lié à des conditions de procréation désavantageuses. Il ne serait pas, biologiquement parlant, un bien pour ja nation.
Cette facon de voir se trouve confirmée par çe que nous avons ultérieurement constaté. Dans le temps, nous avons vu l’excès de mâles se réduire : ila décru dans une proportion considérable en France, dans le cours du xix° siècle, chez les enfants nés-vivants et aussi chez les morts-nés. Cetle décroissance nous paraît intimement liée aux progrès de la richesse publique, qui, à nos yeux, en sont la cause. Elle est liée aussi à d’autres phéuomènes concomitants, et qui nous paraissent être des effets de la même cause : ce sont notamment la baisse de la natalité, celle de la mortalité, celle de la mortalité infantile en particulier, et dans un certain sens celle de la morti-natalilé. Il y a là tout un ensemble de faits qui évoluent parallèlement. — Dans l'espace, maintenant, nous voyons l'excès de mâles s'affirmer surtout dans les pays les moins avancés. Pour n'envisager que ceux où existe une statistique effective, il est élevé dans l’est et dans le midi de l'Europe, il se réduit dans son centre, il tombe à son minimum en France et en Angleterre. Qui plus est, chez nous, on remarque que cet excès reste plus grand dans les campagnes que dans les villes, plus grand dans les villes ordinaires que dans la capitale. Ainsi sa réduction se montre liée au progrès économique et social.
Poursuivant notre enquête, nous avons cherché à dégager le rôle des facteurs physiques, des facteurs organiques, des facteurs psychiques, des facteurs sociaux dans le phénomène qui nous occupe. Au travers des multiples constatations que nous avons ainsi faites,