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Salrno omuli de l’allas

Le lac Baikal, près de l'ila d'Olkhon.

Elle est séparée, de la rive septentrionale du lac par un canal appelé par les indigènes Pelit-Baikal, et considéré par eux comme la partie la plus sacrée de cette sainte mer. L’île est à environ 8 milles de cette rive, excepté à son extrémité occidentale où elle projette une pointe de plusieurs milles dans le lac et forme une entrée magnifique à cet bassin sacré. Un peu plus loin, à l’ouest, les rochers s’élèvent de plus de 1200 pieds en masses énormes.

« Le peuple a sur cette région une légende à laquelle il ajoute une grande foi. Il prétend que le Christ a visité cette portion de l’Asie et a gravi ce sommet d’où l’on découvre tous les alentours. Après avoir béni le pays vers le nord il se tourna vers le sud du côté du Baikal et, levant les bras, s’écria : Au delà il n’y a rien. C’est ainsi qu’on explique la stérilité de la Daourie, où l’on dit que le blé ne peut pas pousser.

« La côte méridionale de l’île est très-escarpée et l’on ne peut toucher terre qu’en un très-petit nombre d’endroits. Nous l’avons parcourue plusieurs heures sans trouver une place où il fût possible de se reposer. Dans les falaises vis-à-vis je remarquai de nombreuses cavernes et en avant un promontoire de rochers qui élevaient au-dessus du lac leurs parois percées d’antres et de galeries plus ou moins profondes.

« Nous avions remarqué un grain à l’horizon et

les bateliers témoignaient le désir d’entrer dans une de ces cavernes pour y passer la nuit. Je refusai d’abord cette proposition, dans la crainte d’y être retenu plusieurs jours. Notre position était des plus mauvaises, à moins de doubler le promontoire et d’atteindre un abri au delà, mais une raie blanche, qui approchait de nous, doubla bientôt nos appréhensions.

« Sachant quel effet l’exemple a sur les hommes, je quittai mon habit et saisis un aviron, le Cosaque en prit un autre et les bateliers n’en ramèrent que mieux. Avant que nous pussions doubler la pointe, une rafale nous couvrit d’embrun : à ce moment le pilote nous cria de lutter pour sauver notre vie, perdue si nous dérivions contre les rochers. C’était une situation que je n’oublierai jamais; enfin nous dépassâmes le cap qui était à une longueur de bateau de nous, pendant que les vagues se précipitaient dans ses lianes caverneux avec d’épouvantables mugissements.

« Une fois hors de ce danger, nous avisâmes un banc de sable à un quart de mille; nous nous y dirigeâmes à toute force d’aviron. Un violent ressac battait la côte où nous voulions venir échouer; mais le bateau était déjà à moitié rempli d’eau. La position était périlleuse; enfin nous en sortîmes, mais le vent nous garda trois jours prisonniers sur cet îlot.

« Après avoir passé dix-neuf jours à explorer la côte septentrionale, j’arrivai à Golo-oustnaïa où le steamer me prit. Lorsque je remontai à bord, le capitaine m’apprit en anglais que ma longue absence avait excité quelque inquiétude sur ma personne. Je ne fus pas peu étonné d’entendre parler ma langue sur le Baikal, et ma surprise se peignit évidemment sur mon visage ; il m’expliqua qu’il était officier suédois et qu’il avait servi sous l’amiral Codrington.

« Il remplissait ses fonctions depuis huit ans, traversant le lac en tout temps, et lorsqu’il était uni comme une glace et lorsque l’orage faisait bouillonner ses ondes. Il déclara que ces tempêtes étaient pires que celles de l’Océan, surtout lorsque le Garra, ou vent des montagnes, se précipitait de leurs sommets. Je lui demandai s’il avait sondé le lac, mais il n’en avait étudié la profondeur que pour jeter l’ancre.

« Un jour de tempête, il avait trouvé 200 sagcnes (1 400 pieds) à 100 mètres d’un banc de sable, une autre fois 300 sagènes (700 mètres) sans pouvoir atteindre le fond. C’est une preuve de la profondeur du lac, dont les abîmes sont quelquefois hérissés par des rochers qui montent jusqu’à 10 sagènes de la surface *. »

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